QUATRIÈME VOLUME
Instructions sur le Péché, sur la Pénitence et la Prière.
CINQUÉilE VOLUME.
Instruction! sur les Sacrements.
ir. E, La justice exige que j'informe le public qne M. l'abbé Boavici euré de Tresserve., près d'Aix (en Savoie) , a travaillé de concert avec œ( à la traductioB de cet ouvrage.
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Injure que le péché fait à Dieu,
ÎI est un mal unique dans le monde, mes Frères, mal qui afflige etdéshunore Dieu, qui excite sa haine, allume sa colère, provoque ses vengeances en ce monde et en l'autre. Ce mal, cet unique mal , c'est le péché , et surtout le péché mortel ; péché si commun parmi les hommes , et dont ils connaissent si peu l'énormité ; péché qu'ils commettent si facilement, et dont les conséquences sont si lerrihles ; péché dont le plaisii* n'est que d'un moment, et dont la puiiiiion est éternelle. I.cs Prophètes ont déployé IcuUe la force deleur éloquence divine, pourle faire disparaître de dessus la terre. Les Apôtres , animés du feu de l'Esprit-Saint, l'ont comhattu.jusf[u"à la mort. Tous les saints Pères, tous les Docteurs del'Kglise n'ont cessé de lui faire la gu«jrre. Le Fds de Dieu est descendu du ciel , il a mené pendant trente-trois ans la vie la plus dure et la plus pénihle; il a répandu tout son sang adorable ; \\ est mort sur une croix pour détruire le péché; et cependant cet ennemi de Dieu, ce bourreau des âmes, celte source empoisonnée de tons les maux , subsiste encore pour faire la guerre à Dieu , pour renouveler la mort de Jésus-Christ, pour faire périr les âmes, pour les dépouiller de la grâce, pour les priver du ciel et hs entraîner dans l'enfer. C'est de te monstre aiïreux que je désire vous faire connaître toute la malice, afin de détromper ceux qui l'aiment , de les porter à le fuir , à le détester, à le chasser de leur cœur. Jusqu'à ce que nous ayons obtenu ce résultat, nous n'aurons rien faii, et nos instructions resteront sans heureux résultat. Détruire le péché , voilà notre but , le fini! (|uc nous nttendnns de noslraviiux, comme le dirait déjà
2 I. LNSTr.UCTiON
le prophète Isaïe (27. d):Isie omnis fruclus ut avfcraliir pec-^ caiiuii. Afin de réussir dans celle entreprise, nous considère^' ronslc péché d'abord en lui-même, et ensuite dans ses elïels pernicieux. Nous verrons dans autant d'instructions différentes combien est grande la malice du péché mortel : 1° parce qu'il fait à Dieu l'outrage le plus sensible; 2" parce qu'il tend à détruire Dieu, et qu'il renouvelle la mort de lésus-Christ ; 3"* parce que le péché est la seule chose que Dieu déleste et qu'il ait en horreur; 4" parce qu'd attire au pécheur des supplices éternels; 5° parce qu'il dépouille l'âme du mérite de toutes les bonnes œuvres, et qu'il lui donne la mort; 6" parce qu'il aveugle l'esprit du pécheur; 7** parce qu'il endurcit le cœur de celui qui le commet; S** enfin, parce qu'd jette le trouble, ritiquiétude, le désordre dans l'âme qu'il habile. Aujourd'hui nous nous bornerons à considérer combien est grande l'injure que le péché fait à Dieu, puisqu'en le commetlanl, le pécheur s'clni^nedu s'Hiverai:) bien qui est Dieu, pour s'attacher à la créature. 11 offense Dieu, il le déshonore en s'éloignantde lui. Eu s'allachant à la cré;(lure, il la préfère à sou Dieu. Deux raisons qiù commt'nceront à vous faire connaître l'extrême malice du péché.
I. Dieu nous ayant crées pour le servir, l'aimer elle glorifier en (Clic vie, et pour nous rendre étcrnclloment heureux dans le ciel, il n'y a que le péché qui puisse nous empéiher de tendre et de parvenir à celle fin si noble et si glorieuse; et par consécpîiMit, dit saint \uguslin,le péché est le vrai mal, le mal unique, le mal souverain, le mal infini : Pcccaiatn est absolaiè ludkiin,- (iiiinc uiatum, sitiiinntm ma/»»». Mais la pauvreté, les afïlictioiis, les douleurs, les infirmités, la mort, ne sonl-ce pas là lout autant de maux bien grands et bien terri'olcs? .\on, ils r.e le sont pas proprement, ])arce qu'ils ne nous éloignent pas de notre lin dernière qui est Dieu : nous pouvons au contraire îcs faire servir à sa gloire et à notre salut. C'est pour cela que Dieu les permet et les approuve, bien loin de les empêcher et de les délester. Il n'y a que le péché qu'il réprouve et qu'il ait en horreur. Il menace ceux qui le commettent d'un supplice qui surpasse tout ce que nous pouvons imaginer, dune peine çlernclle, d'un ver rondeur qui ne meurt point, d'un feu qui ne s'éteindra jamais, d'un lieu de tourments où il n'y aura, durant toute l'éternité, que des pleurs etdesgrincemenîs de dents. Et c'est ce péché que l'on commet si facilement, et dont la teri'e est inondée !