ÎMG XXII. INSTRUCTION SUR LES VERTUS THÉOLOGALES
qu'il va jusqu'à maltraiter i)ieu, en s'cfforçant, autant qu'il est en lui, de le dépouiller de ses perfections divines, el par conséquent, en essayant la destruction de Dieu même. Ce n'est pas encore assez: le péché, autant qu'il est en lui, donne la mort à Jésus-Christ; et celui qui commet un péché mortel le crucilie de nouveau d'une manière impie et barbare , en faisant, selon la singulière expression de l'Apôtre, de son corps, de son âme, de tout lui-même une croix sur laquelle il l'attache: Rursùm crucifiyentes sibimetipsis Filium Dei (Heb.6. G). Et combien de fois aurons-nous nous-mêmes commis cet horrible" excès contre Jésus-Christ! Ah! notre conscience ne nous fait que trop de reproches à cet égard ! Ou'avons-nousdonc à faire? 15. L'apôtre saint Pierre ayant déclaré aux Hébreux qu'ils avaient fait mourir Jésus-Christ; saisis d'une amère douleur : Frères, dirent-ils , que ferons-nous pour réparer un si grand . Qaid faciemus, vïri fratresl Agite pcemlentiam ; faites pénitence, leur répondit le saint Apôtre (Act. 2. 38). Tel est aussi le remède que nous devons employer, puisque nous sommes coupables du même crime. Faisons pénitence , pleurons nos péchés, traitons notre corps avec sévérité, ne le ménageons pas ; ne nous épargnons pas les veilles, les jeûnes , les disciplines, la cendre, le eiiice. Renonçons à tous les divertissements et aux plaisirs du monde , mourons à toute affection pour les créatures, afin de ne plus vivre dès à présent que pour dieu, et dans son saint amour. Oui, Seigneur, le remède dont nous voulons user ne sera autre que la pénitence. Nous ne nous lasserons jamais delà faire; mais vous, ô mon Dieu, rappelez-vous que vous avez promis le pardon à ceux qui se repentent. Nous espérons donc que vous aurez la bonté de laver nos péchés dans votre sang précieux, et que vous nous accorderez votre grâce en cette vie, cl la gloire éternelle dans l'autre. Ainsi soit-il.