‹ Instructions morales sur la doctrine chrétienne (volume 3)Chapitre 2 sur 45 · MIISEUR RÉFORMÉ DE SAINT-FRANÇOIS · texte numérisé non relu

MIISEUR RÉFORMÉ DE SAINT-FRANÇOIS

De la Province de SaintAotoiac.

F. Ildefonse de Dressanvide naquit à Yicence. Jeune encore et déjà dégoûté des vains plaisirs du monde, il entra (1), âgé d'environ dix-huit ans, dans l'ordre des Mineurs réformes de Saint-François, dont il fut le plus digne disciple. Après avoir terminé avec une grande réputation de talent la carrière des études, il fut appelé à occuper une chaire de philosophie, puis de théologie. Pénétré de l'importance de ces différentes charges, il s'en acquitta avec beaucoup de fidélité et de zèle , n'omettant rien de tout ce qui pouvait former aux sciences les élèves à l'instruction desquels on l'avait préposé. Ses travaux ne furent pas stériles. La gloire que s'acquirent dans la suite quelques-uns d'entre eux qui lui succédèrent dans les chaires mêmes où il avait brillé autrefois, et qui portèrent au loin sa réputation , le dédommagea amplement de ses sollicitudes et de ses peines. Mais le ministère pour lequel il avait reçu de la nature un talent particulier, accompagné des dons encore plus rares et plus merveilleux de la grâce , fut celui de la prédication. Pour s'en acquitter parfaitement, il s'adonna

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sans rclàclic à l'oraison, à l'élude des di\ines Ecritures et des ouvrages des saints Pères. C'est par cette parole de Dieu, objet continuel de ses méditations et qu'il ne cessait d'annoncer aux autres, qu'il produisit des fruits immenses de salut dans les villes tes plus célèbres et les plus populeuses de l'Italie, entre autres Naples, Milan, Turin, Pavie, Corne, Venise, Gorilz, et dont les habitants accouraient et se pressaient dans les temples pour venir l'entendre. Partout il obtint des succès étonnants.

Cependant parmi les cités qui l'appelèrent dans leurs murs, Padoue fut celle qui fut la plus privilégiée, à raison du long séjour qu'il y lit, et du bien qu'il y opéra. Ce fui là qu'il composa ses catéchismes; ce fut là qu'il les prêcha en présence du cardinal Rezzonico, qui en était alors évèque, et qui, dans la suite , fut élevé au pontificat sous le nom de Clément XIII. Celle dignité sublime ne lui fit point oublier le père Bressanvide, à qui il avait donné tant de marques d'affection particulière dans le temps qu'il vivait avec lui dans celte ville. Il ne cessa de l'assurer, dans les lettres qu'il lui adressait, de la continuation de ses sentiments d'estime et d'amitié pour lui , et qui n'auraient pour terme que sa vie. 11 y protestait de plus que le souvenir de ses vertus , dont il avait été le témoin à l'époque où il gouvernait l'Eglise de Padoue , ne s'effacerait jamais de son esprit.

Tel fut le mérite d'Ildefonse de Bressanvide , qu'il s'attira, sans les ambitionner, les éloges des personnages les plus célèbres et les plus éminenls, et qu'il mérita, grâce à la haute opinion que ses confrères avaient conçue de lui , l'honneur d'être élu Provincial de son ordre. Dans celle charge , d'un côté très-honorable, mais de l'autre bien assujétissante cl pénible , qui mit dans un plus grand jour ses lumières , sa prudence et sa fermeté , il laissa de lui un souvenir si cher et si glorieux, que, l'époque fixée pour s'en démellre étant arrivée , on l'en investit de nouveau , malgré ses refus accompagnés d'une grande abondance de larmes. Craignant de résis-

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ter a la voix de Dieu, il l'accepta. Après s'être acquitté pendant quelques années encore , avec un dévouement sans bornes, des fonctions que cette charge lui imposait, il obtint l'autorisation de revenir à Padoue , où , comme il le disait luimême, il voulait se préparer à la mort. Ce fut alors que, n'a vont à s'occuper que de lui-même et de Dieu seul , il s'appliquait à purifier son âme des moindres souillures , et à se mériter les grâces dont il avait besoin. Pour avancer déplus en plus dans les voies de la perfection , il vivait ordinairement retiré , s'adonnait constamment à l'oraison cl à de saintes lectures. Tant d'efforts ne devaient pas rester infructueux pour lui. 11 arriva à un tel degré de sainteté , qu'il fut cité comme étant un modèle admirable de toutes les vertus. Dieu se plut à l'en récompenser, en l'enlevant de ce monde après une courte maladie. II mourut le 25 octobre de l'an 1777, à l'âge de 81 ans, après en avoir passé 63 dans l'état religieux. Il consacra sa vie entière à Dieu et au salut des âmes. Si ses exemples et ses prédications arrachèrent au démon tant de victimes pendant sa vie, espérons que ses ouvrages, mis à la portée du public v produiront encore après sa mort les mêmes heureux résultats.

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