‹ Instructions morales sur la doctrine chrétienne (volume 3)Chapitre 20 sur 45 · III. INSTRUCTION. II. ARTICLE · texte numérisé non relu

III. INSTRUCTION. II. ARTICLE

et en suspens, il ne craint pas, il ne vacille pas, il ne doute pas; et s'il conçoit des craintes et des doutes, i! ne croit plus. Aussi Dieu a-t-il toujours condamné ces doutes, et leur a-t-il infligé dr sévères châtiments. Les Israélites furent exclus de la terre promise, pour avoir douté seulement que Dieu put les y introduire : saint Pierre fut repris par son divin maitre dece qu'en marchant sur les eaux, il commençait à hésiter. Jésus-Christ reprocha à ses disciples leur incrédulité et leur opiniâtreté, parce que, après sa mort, ils commençaient à chanceler dans leur foi, ne sachant comment concilier l'ignominie de sa passion avec la certitude d*> ses promesses- Afin que notre foi soit véritable et sincère, il faut donc qu'elle exclue non seulement toute erreur positive, mais encore jusqu'au moindre doute relativement aux vérités qui sont proposées à notre croyance.

5. Je ne voudrais pas que ce que je dis excitât des scrupules dans les âmes justes et timorées, leur causât des troubles et des agitations, et leur fit penser que leur foi n'est pas ferme, par la raison qu'il leur arrive de temps en temps des pensées contraires aux vérités catholiques. Mais je ne voudrais pas non plus que l'on ne regardât comme contraires à la foi que les doutes positifs contraires aux vérités que l'Eglise nous propose à croire. Je sais nue bs Saints eux-mêmes n'ont pas été exempts de ces sortes de tentations. Lorsqu'on n'adhère pas aux pensées qui viennent en cette matière troubler notre paix; lorsqu'on ne les nourrit pas; lorsqu'on les chasse promptement; lorsqu'on leur résiste par des actes contraires; elles ne sont que des épreuves, qui bien loin d'affaiblir ou de détruire notre foi, ne font au contraire que la fortifier davantage. Je dis ceci pour la consolation des âmes scrupuleuses. Mais pour ce qui est de certains chrétiens d'une conscience relâchée, et qui présument trop d'eux-mêmes; je dis que si le consentement donné aux doutes et aux pensées contraires à la foi, suffit pour l'éteindre, s'exposer volontairement au danger d'avoir ces doutes et ces pensées, et en chercher l'occasion, si ce n'est pas la faire mourir actuellement, c'est au moins lui donner un coup mortel , et la rendre si faible, que l'on ne peut s'attendre à autre ebose, sinon à la voir dans peu s'éteindre entièrement. Et comment pourraient-ils conserver la foi ceux qui écoutent avec indifférence les discours contagieux de certains impies, qui ne craignent pas dans les sociétés de profaner la religion et tout ce qu'elle a de plus sacré par leurs sarcasmes et leurs plaisanteries; qui se donnant pour des hommes sages, avancent des propositions et des doctrines pleines de venin ; qui mettent en discrédit, et tournent en dérision certaines maximes, comme

Page 1