III. INSTRUCTION. I. ARTICLE
libles, pour plus certaines que celles que vous voyez de vos propres yeux, que celles que vous comprenez par le moyen de votre raison. Il faut vous appuyer sur l'autorité de la parole divine, sans prétendre pouvoir comprendre des mystères impénétrables à notre faible intelligence. Eu un mot en disant : je crois, il faut avoir une foi ferme, une foi pleine d'humilité; une foi ferme, c'est-à-dire, qui exclue toute espèce de doute; une foi humble qui exclue toute curiosité.
2. Voilà quelle doit être la foi , dont nous faisons une profession publique dans la première parole du symbole. En premier lieu, elle doit être ferme. Telle fut celle des anciens patriarche.? que l'apôtre saint Paul nous propose pour modèle (Heb. XI. ). Ils crurent constamment aux promesses que Dieu leur avait faites , quelque extraordinaires et quelque impossibles qu'elles parussent à la raison humaine. Combien de choses se réunirent pour éprouver la foi d'Abraham! Mais ce fut en vain , parce qu'elle était trop ferme, trop solide. Dieu lui avait promis qu'il serait le père d'un peuple nombreux; il crut toujours à celte promesse , lors même que toutes les circonstances dans lesquelles il se trouvait, semblaient lui enlever toute espérance de la voir jamais se réaliser : Contra spem inspem credidii (Rom. iv. 18.). Qui aurait pensé qu'il dût avoir un fils, étant parvenu à l'âge de près de cent ans , et son épouse à celui de quatre-vingt-dix? Sachant néanmoins que rien n'est difficile à Dieu, il ne douta pas un instant que Sara ne fût celle qui devait le mettre au monde, parce que le Seigneur le lui avait promis. Lorsque Dieu lui ordonna d'immoler ce fils unique, ne semblait-il pas que par sa mort devait s'évanouir toute espérance de succession ? La foi d'Abraham n'en est point ébranlée. Le Seigneur lui a dit que par le moyen de ce fils il deviendra le père d'une nation nombreuse, c'est assez; il se met en devoir de le sacrifier, persuadé que Dieu par sa puissance le rappellera à la vie, plutôt que de manquer à sa promesse. Quels exemples d'une foi ferme, constante et inébranlable ne nous présentent pas un Moïse, un Jacob, un Joseph, un Gédéon, un David et tous les prophètes? Ces grands modèles nous sont présentés par l'apôtre saint Paul, non pour exciter en nous des sentiments d'une admiration stérile, mais pour réveiller dans nos cœurs le désir de les imiter, et pour nous apprendre que, comme la leur, notre foi doit être ferme et constante.
3. Nous devons croire fermement nous-mêmes tout ce que Dieu a révélé, comme nous l'avons dit en parlant de la foi en général. Le Dieu qui nous parle aujourd'hui , est le même qu'il était dans ces siècles si reculés. Sa parole est aussi infaillible maintenant,
EXPLICATION DU SYMBOLE. 2'i
qu'elle l'était alors. Ecoutons-la donc avec le même respect; croyons à cette divine parole avec la même fermeté que Les patriarches et les prophètes, malgré la répugnance apparente de nos sens, malgré les contradictions que semble apercevoir la raison humaine. Dès que Dieu a parlé, il n'est plus permis d'hésiter, ni de mettre en doute ce qu'il a dit. Que le démon cherche à nous séduire, en nous suggérant des pensées contraires aux vérités révélées, nous devons constamment lui résister, selon renseignement de l'apôtre saint Pierre, en nous maintenant toujours fortement dans notre foi ( l Petr. 5. 9. ). Que les Gentils regardent 'e mystère delà croix comme une folie, dit saint Pau] (2 Cor. 1. 23. ), qu'il soit un sujet de scandale pour les Juifs; pour nous, nous devons croire que Jésus-Christ crucifié est la puissance et la sagesse de Dieu, notre justice, notre sanctification etnotre rédemption. Que les hérétiques et les impies disent qu'un ne peut concilier en Dieu la Trinité des personnes avec l'unité (111 la substance; nous devons regarder leurs vains raisonnements comme des sophisme, et leurs propositions comme des blasphèmes. Appuyés sur la parole de Dieu qui a daigné nous ré\éler de si grands mystères, aucune contradiction apparente ne doit ébranler notre foi, aucune difficulté ne doit l'affaiblir. Dieu a parlé; cela doit nous suffire pour nous faire croire et ce que nous comprenons, et ce qui est au-dessus de notre faible raison. Nous savons que rien n'est impossible à Dieu, et qu'il peut faire infiniment plus que nous ne pouvons parvenir à comprendre; nous savons qu'il ne peut ni se tromper ni nous tromper; loin de nous donc toute espèce de doute, toute crainte, toute hésitalion, toute défiance.
4. Douter seulement des vérités que Dieu nous a révélées, rester à leur égard dans un état, de perplexité, est si contraire à la foi, que cela seul suffi» pour la détruire. Et l'on doit regarder comme infidèles non seulement ceux qui nient ouvertement quelque article, mais encore ceux qui en matière de foi demeurent dans un état de doute et d'hésitation. Car rester dans cet état, ne savoir passe résoudre à donner un plein assentiment à certains mystères étonnants, quoiqu'on ne les nie pas d'une manière expresse, n'est ce pas la même chose que de ne pas se lier à Dieu, n'est-ce pas craindre qu'il ne soit pas véndique, D'est ce pas. eu un mot, ne pas croire à la parole divine? Et qui ne voit pas que c'est se rendre coupable d'une grande injure envers Dieu, que de concevoir le moindre soupçon qu'il puisse y avoir en lui L'ombre même de l'erreur, ou de craindre que cet être suprême ne puisse tromper? celui qui ceoit véritablement, ne reste pasirrésol»'