S III. INSTRUCTION. I. ARTICLE
Jésus-Christ, mais ils sont esclaves de leur sensualité, et par de* paroles qui semblent douces et flatteuses, mais qui sont pleines d'un poison mortel, ils séduisent facilement les âmes simples : Jlujusmodi entra Christo Domino nostro non serviunt, sed suo vcntri; et par dulces sennones, etbenedictiones seducunt corda innoccntium (Ib. v. 18. ). Toute proposition qui sent la nouveauté, regardez la comme suspecte, et persuadés que tout ce qui est opposé à la doctrine de l'Eglise est erreur et illusion, maintenezvous fermes et inébranlables dans la foi : Stabiles estote , et immobile* (1. Cor. 15, 58.).
7. Mais pour qu'elle ne soit jamais affaiblie, jamais ébranlée, outre cette vigilance, outre tous ces soins, toutes ces précautions dont je viens de vous parler, il faut encore qu'elle soit appuyée, fondée sur la base de l'humilité. Elle doit être ferme, comme vous venez de le voir, c'est-à-dire, exclure toute espèce de doute : mais pour qu'elle puisse se conserver telle, il faut qu'elle soit humble, c'est-à-dire , qu'elle éloigne tout esprit de curiosité. Vouloir comprendre les mystères de la religion, vouloir les examiner avec les lumières delà raison humaine, ce sont là tout autant d'effets de notre orgueil, qui ne veut pas reconnaître les bornes étroites de notre faible intelligence , qui refuse, qui a honte d'avouer qu'il est des vérités au dessus de sa portée. Dieu veut que nous reconnaissions notre infériorité, notre dépendance de lui. Afin de réprimer notre orgueil, il nous défend toute recherche curieuse sur les mystères qu'il nous a révélés ; et pour que nous soyons obligés de croire ces choses sublimes et cachées, il veut que sa parole nous suffise, et nous tienne lieu de tout raisonnement. Cherchez, nous dit l'Esprit-Saint, cherchez Dieu dans la simplicité de votre cœur ; car il se laisse trouver par ceux qui ne le tentent pas, et il se manifeste à ceux qui croient en lui (Sap. cap. 1 , v. 1 ). Dans l'Ecclésiastique ( C. 3, v. 22. ), il ajoute : ne cherchez pas des choses qui sont au dessus de vous, et que votre curiosité ne se porte pas sur ce que votre intelligence ne peut atteindre, parce qu'il n'est pas nécessaire que vos yeux voient ce qui est caché. Ne vous élevez point plus haut que vous ne le devez, dit saint Paul (Rom. 12, 3. ) ; mais pour ce qui est de la science, tenez-vous dans les bornes de la modération.
8. Qu'y a-t-il en effet de plus raisonnable et de plus juste pour l'homme, lorsque Dieu parle, que de l'écouter humblement et de se taire. Que peut-on trouver de plus téméraire qu'un homme qui aurait la hardiesse de demander à Dieu compte de ce qu'il a dit ©u de ce qu'il a fait? Que dirait-on d'un pauvre ignorant qui, aya-H l'honneur de parlera un personnage noble, distingué, très