‹ Instructions morales sur la doctrine chrétienne (volume 3)Chapitre 23 sur 45 · EXPLICATION DU SYMBOLE- 2'J · texte numérisé non relu

EXPLICATION DU SYMBOLE- 2'J

instruit, d'une rare prudeuce, exigerait de lui qu'il donnât des preuves de tout ce qu'il dirait, de tout ce qu'il avancerait ? on le traiterait d'orgueilleux, d'insensé, d'autant plus qu'Userait incapable de comprendre les preuves mêmes qui lui seraient données. Or, ne serait-ce pas une folie, une témérité bien plus grande de la part d'une misérable créature, d'un atome en comparaison d • Dieu, de vouloir lui demander raison des mystères que cet Etre souverain, tout puissant et infiniment sage, a daigné nous révéler? « Celui qui cherche la foi, disait Tertullien (Lib. de prœscr. cap. 7.), ne cherche pas la raison. Quel rapport y a-t-il entre Atbèncs et Jérusalem, entre l'Académie et l'Eglise ? Noire doctrine descend du portique de Salomon, où l'on enseigne que l'on doit chercher le Seigneur avec simplicité de cœur. Nous n'avons pas besoin de chercher à satisfaire notre curiosité, après que nous avons reçu le témoignage de Jésus Christ; nous n'avons pas besoin de nous fatiguer à faire des recherches inutiles, après la publication de l'Evangile. » Notre propre avantage exige encore de nous ces sentiments d'humilité dont nous devons être pénétrés à si juste titre envers la véracité de Dieu. Car en voulant examiner les lumières de notre raison, les secrets de la divinité, d'un côté nous nous livrons à des peines inutiles, puisque jamais nous lie parviendrons à les comprendre, et d'un autre côté nons nous exposons à un danger évident d'affaiblir, ou même d'éteindre DOtre foi.

9. Saint Augustin divise en trois classes les choses que nous pouvons croire en celle vie : celles que l'on croit toujours, lors même qu'on ne les voit pas, et qu'on ne les comprendra jamais, telles sont toutes les histoires; celles que l'on croit, et que l'on comprend en même temps , tels sont tous les raisonne mens humains ; celles enfin que l'on croit d'abord, et que l'on comprendra plus tard, tels sont les mystères que la foi propose à votre croyance : Credibilium tria sunl gênera : alia sunt quœ semper creduntur, et numquam infclliguntur, siculcst omnis historla... aliamox credunlur, et intellirjunlur, sicut smit onines rationes humanœ : alia qiui' primo credunlur, postca inlcWguntur, qualiasunt ea, rpiœ de dhinis rébus non possuni inteiligi, niai ab his qui mundo vint corde (L. 83, q. 483.) Ces mystères ne peuvent être compris que par ceux quiont lecœurpur.Or, commeen celte vie nous n'aurons jamais celte pureté de cœur qui nous rende dignes de comprendre et de voir les choses divines, de même nous avons les yeux de l'esprit trop faibles pour pouvoir soutenir une telle lumière, et si quelqu'un veut fixer cette lumière éclatante, il reste ébloui de telle manière, qu'il est contraint d'abaisser et de

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