‹ Instructions morales sur la doctrine chrétienne (volume 3)Chapitre 24 sur 45 · III. INSTRUCTION. I. ARTICLE · texte numérisé non relu

III. INSTRUCTION. I. ARTICLE

fermer ses paupières, s'il veut ne pas do venir entièrement aveugle. Etc'est avec raison, dit ailleurs ce môme saint docleur,queladi\ ine providence a voulu nous obliger à croire ces mystères, lors même que nous ne les comprenons pas ; car si la vision claire de ce que nous croyons doit être la récompense de notre foi : Merces fidei est videre quod credlmus (inpsal. 119.), quelle récompense pourrions-nous attendre de cette foi, si ce que nous croyons ici-bas ne nous était pas caché? Quœ essct fidei menés nisi Intérêt quod credimus ?

10. Il faut donc que, persuadés de la profondeur impénétrable des secrets divins et de la faiblesse extrême de notre raison, nous portions toujours gravée dans notre esprit et dans notre cœur cette maxime de saint Paul . que Dieu ne nous a pas admis dans son Eglise pour disputer sur la foi, mais pour obéir à la foi : Ad obcdiendum fidei (Rom. 1, v. 5.). Cette humble obéissance est le grand sacrifice qu'il exige de nous, comme une marque de respect que nous devons avoir pour la vérité, pour l'infaillibilité de sa parole. Sacrifice par lequel nous devons soumettre à Dieu notre intelligence et notre volonté, en croyant et en respectant des mystères impénétrables et enveloppés de nuages, en retenant dans les justes bornes la raison et les sens, afin qu'ils ne sortent pas de la limite qui leur a été fixée. Quelque obscurs et eachés que soient ces mystères, nous devons les vénérer, quelles que soient les difficultés et les contradictions apparentes qui se présentent, nous devons, non point laisser agir notre curiosité, ni chercher à les comprendre, mais nourrir en nous des sentiments dune profonde humilité, qui nous fassent reconnaître notre faiblesse et notre néant. Nous sommes assurés que Dieu parle à son Eglise; outre le témoignage divin, nous en avons tant d'autres preuves, que la raison humaine elle-même ne peut en douter, pour peu qu'elle veuille y réfléchir. Gardous-nous donc bien de contredire ses jugements, et soumettons-nous avec humilité à ses décisions.

11. Lorsque Dieu voulut donner sa loi aux Hébreux, il ne leur parla pas immédiatement lui-même, il manifesta seulement ses intentions à Moïse qui en était le chef, en lui disant d'intimer ses ordres à tout le peuple en son nom ; pour cela il le fit venir devant lui, le conduisit sur le sommet du mont Sinaî, désigna des limites au peuple, lui défendant expressément, non seulement de monter sur la montagne, mais même de s'en approcher : Carde ne asKiulatis in mon tan, née langatiê fine* Uliut ( Exod. 19, 12.). Le peuple s'était donc réuni dans l'endroit qui lui avait été fixé, atlendaut les ordres du Seigneur, lorsque toUt-à-CVUD ou

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