MÉMOIRE SUR LES IIOTCNS DE REPEUPLER, ETC
source d'une inépuisable production. Les travaux de terrassement et de canalisation sont déjà assez avancés pour cjue, le jour de mon arrivée, on ait pu rompre la digue qui tenait encore les eaux captives, afin de me donner le spectacle de leur facile circulation dans les nombreux compartiments de rimmense appareil hydi^uiique qui devient l'instrument d'une nouvelle industrie. Elles s'y distribuent avec autant de régularité que le sang dans un organisme vivant. Les moyens de dérivation y sont si habilement combinés, que chaque partie peut, selon les besoins, rester solidaire ou devenir indépendante de l'ensemble, et que chaque bassin se vide séparément sans porter aucun trouble dans le reste de cet ingénieux mécanisme.
Toutes les sources qui sortent du pied de la colline qui borde, comme un rideau, l'un des côtés du territoire de l'établissement, ont été encaissées dans un canal commun de 'l ,200 mètres de long, destiné à conduire leurs eaux jusqu'à la tète du hangar, que transforme en une sorte de pisci facture l'immense appareil à éclosion qu'il recouvre. Ce hangar, construit sur le modèle de l'élégante gare du chemit de fer de Baden, surmonté de trois pavillons appropriés, ceux des deux extrémités pour le logement du garde et les laboratoires, celui du milieu pour recevoir une collection ; ce hangar, dis-je, admet les eaux du canal par un tunnel de briques, dont l'ouverture extérieure est garnie d'une vanne qui règle le courant.
A peine entrée dans cette fabrique, la colonne de liquide que le tunnel y introduit s'y trouve retenue par une digue transverse, à la paroi de laquelle sont articulées sept ventelles mobiles, correspondant à sept ruisseaux parallèles, ayant chacun \ mètre de large, 40 mètres de long, s'élcndant jusqu'à l'extrémité opposée du hangar, qu'ils franchissent par des arcades distinctes, pour se rendre au dehors dans des bassins particuliers où ils doivent entraîner Jos poissons qui viennent d'éclore. Ces ruisseaux artiliciels, contenus dans des rives qui n'ont pas plus de trois pouces d'épaisseur, sont séparés les uns des autres, dans toute la