HOSPICE BEAUJON
M. Martin Solon , médecin de cet établissement , a fait une longue étude des urines diabétiques avec l'instrument de polarisation qu'il y a fait établir. Il a suivi chez beaucoup de malades les phases de la sécrétion du sucre comparativement au régime hygiénique et à la nature des aliments. Mais une circonstance indépendante de ma volonté ne m'a pas permis d'obtenir un extrait de ce travail étendu autant que varié , pour l'insérer ici , comme je l'aurais désiré.
J'ai eu moi-même l'occasion de suivre , pendant plus d'une année, les phases de la sécrétion diabétique dans un jeune homme qui a malheureusement succombé ù cette cruelle maladie. Je me suis assuré que la quantité de sucre, sécrétée dans un même mode d'alimentation, était fort sensiblement différente aux diverses époques d'une même journée , avant et après le travail de la digestion, comme aussi avant et après le sommeil. Le caractère optique permettait de saisir toutes ces nuances avec la plus grande évidence.
Avant que l'on possédât ce diagnostic , on ne pouvait reconnaître le diabétisme que lorsqu'il s'était aggravé au point de produire un désordre considérable dans l'état des individus , et l'on ne le combattait par le traitement médical que lorsqu'il avait déjà opéré dans les organes une altération profonde. Aujourd'hui qu'on en peut reconnaître les moindres traces , il serait à désirer que les médecins s'étudiassent à le saisir par ses indices extérieurs, et qu'ils appliquassent l'épreuve optique aux urines dès les premiers instants où ils peuvent soupçonner que le mal existe. Car il ne serait peut-être pas impossible de guérir un diabétisme naissant; et c'est du moins dans ce premier état de son apparition que l'on peut avoir l'espérance de le combattre avec succès.
J'ai eu aussi l'occasion d'étudier des urines dites albu mineuses. Non-seuleinent elles ne contenaient point de sucre, mais le caractère optique faisait voir que ce n'était pas de l'albumine animale proprement dite qui les dénaturait ; car elle exerce «le pouvoir rotatoire vers la gauche, et les urines ainsi désignées n'exercent aucune action sur les plans de polarisation des rayons lumineux .
Une sécrétion exagérée d'urine limpide n'est pas non plus un indice certain de diabétisme sucré. J'ai observé des cas pareils où il n'y avait aucune trace de sucre sécrété. En général , le caractère optique est le plus simple et le plus évident qu'on puisse employer pour discerner le diabète sucré véritable des autres affections qui s'en rapprochent par les apparences.
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