DRAINS NON GARNIS DE TUYAUX
Fig. 71.
Crible pour le remplissage des drains en pierres.
verticalement au fond de la tranchée, sans aller choquer et dégrader sa face latérale. Cette planche doit venir s’appliquer contre le bord de la tranchée opposé à celui où se trouve la brouette. Au-dessous du crible dont on vient de parler, existe un second crible plus fin, débouchant dans la brouette. Il retient les petites pierres qui ont traversé le premier crible , les jette dans la brouette et laisse passer la ferre et lès poussières mêlées aux pierres. Ces impuretés tombent sur le sol.
La longueur des cribles est de o”,8o environ; l’écartement des fils du crible supérieur varie de o m ,o4 à o m ,o5,et celui des Cls du crible inférieur, de o“,oio à o“,oi5.
L’emploi de l’instrument précédent est extrêmement simple: les pierres, prises à la pelle dans les camions dont on a déjà parlé, sont versées (et non jetées) sur la partie supérieure de l’appareil, que l’on garnit de tôle pour éviter sa trop prompte usure par le choc réitéré de la pelle en fer. Les pierres les plus grosses tombent au fond du drain , et les plus petites dans la brouette. Quand les pierres sont arrivées dans la tranchée à la hauteur voulue, on déplace un peu la brouette et on continue le remplissage. On régularise alors, sur une » petite longueur, avec un râteau, la surface de l’empierrement, et on jette dessus les plus petites pierres recueillies dans la brouette. On continue ainsi sur une certaine longueur. On pilonne l’empierrement avec une espèce de dame en bois, pour
le tasser et rendre la surface aussi compacte que possible, et, enfin, on remplit le drain avec la terre qui en avait été extraite.
vient de l’expliquer.
Deux hommes occupés, le premier à décharger les
La figure 72 représente la coupe en travers d’un drain de 1 m , 2 5 de profondeur, exécuté comme on
Fig. 72.
Drain garni de pierres.
DRAINS NON GARNIS DE TUYAUX. 157 exercés et soigneux. Le vide du canal sert d’ailleurs de refuge aux taupes et à d’autres animaux nuisibles. L’ensemble de l’ouvrage ne tarde pas, en général , à se détériorer et à s’obstruer plus ou moins complètement.
Quand le débouché est plus considérable, les figures 65 , 66 et 67 représentent, en coupe,
Fig. 65 . Fig. 66 . Fig. 67 .
Coupes de canaux souterrains en pierres sèches.
quelques-unes des formes les plus ordinairement adoptées pour la construction de ces espèces de pierrées.
'La figure 68 donne la disposition exacte d’une rigole souterraine d’écoulement des eaux provenant du drainage de sources abondantes. Le profil normal de la tranchée au fond de laquelle la rigole est établie est reproduit (fig. 69).
La rareté des circonstances où il convient d’employer les rigoles
Fig. 68.
Coupe d'un canal en pierres sèches.
(.Échelle de 0)09 . )
Fie. 74.
Coupe d’un regard.
(Échelle de o,o5.)
Fig. 75.
Plan d’un regard.
(Echelle de 0,06.)
sur la paroi intérieure du regard, pour que l’eau qu’ils amènent tombe dans ce regard et puisse produire un son qui, du dehors, est l’indice de la marche régulière du drainage.
Quand on veut établir des regards plus importants, on les construit en pierres sèches ou maçonnées. On leur donne o m ,6o environ de largeur dans œuvre. Ordinairement, on les élève jusqu’au niveau du sol et on les ferme avec une planche ou une dalle.
Bannis Pour éviter les obstructions calcaires dans les matiqüës. tuyaux destinés à écouler des eaux incrustantes, je place, à une dizaine de mètres en amont de la bouche de décharge, et à tous les points de rencontre des maître-drains entre eux, des regards analogues aux précédents, mais dans lesquels le tuyau d’écoulement est placé à o m ,02 ou o m ,o3 au-dessus du fuyau d’arrivée. Par cet artifice très-simple, le dégagement d’acide carbonique dissous dans l’eau, et par suite la précipitation de carbonate de chaux, sont assez retardés pour que le dépôt ne se fasse pas dans les tuyaux.
Bouches. Les bouches des drains, c’est-à-dire les points où ils arrivent aux canaux de, décharge, doivent être construits en briques ou en pierres dans les drainages bien faits, et préservés par une grille en fonte ou en fer.
Selon que le drain débouche dans le talus où
DRAINS NON GARNIS DE TUYAUX. 163 tomberaux, le second à manœuvrer le crible, à égaliser l'empierrement et à le damer, emploient, par heure de travail, de 2,5 o à 3 mètres cubes de pierre. Ce résultat, déduit d’une expérience faite très en grand, n’a pu être obtenu qu’avec d’excellents ouvriers; il permet cependant d’apprécier approximativement la dépense de cette partie de l’opération.
On conseille quelquefois de mettre des gazons fortement tassés au-dessus de l’empierrement disposé comme on vient de le dire. Cette méthode paraît vicieuse, puisque le gazon, en se décomposant, produit un détritus très-fin qui s’introduit facilement entre les pierres, et produit ainsi l’effet auquel on voulait s’opposer. 11 vaut mieux, par conséquent (cette remarque s’applique d’ailleurs aux drains à tuiles courbes, page i5û), recouvrir, si on le peut, l’empierrement de gravier ou de sable, et pilonner avec soin cette couche, ainsi que la première couche de terre jetée sur elle.
Considérés en eux-mêmes, les drains empierrés sont, sous beaucoup de rapports, inférieurs aux drains à tuyaux. Us sont, en général, plus coûteux que ces derniers, exigent plus de maind’œuvre et des précautions plus minutieuses d’exéx cution. Us doivent être moins durables, et enfin ils causent à la terre beaucoup plus de dommages, pendant leur exécution, en raison des
164 DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE V. transports considérables qu’ils exigent et de la plus grande section des tranchées.
Les drains en empierrement ne paraissent donc devoir être adoptés maintenant que dans un terrain qu’il faut épierrer. On évite des frais de transport quelquefois considérables et des pertes de terrain , en jetant dans les drains les produits de l’épierrement. Ces avantages peuvent compenser ce que la méthode en elle-même offre de peu satisfaisant.
Les drains à pierres perdues sont quelquefois employés, comme moyens de défense, pour préserver un drain garni de tuyaux de l’envahissement des racines des arbres à bois blanc. La figure 7 3
donne la section d’un draid destiné à cet usage qui a été placé entre une rangée de peupliers et un drain à tuyaux ordinaires. On a supposé que les racines développeront leur chevelu dans l’empierrement humide , et qu’elles n’iront pas , de longtemps , gagner les tuyaux de terre.
On ne décrira aucune autre espèce de drain sans tuyau. Les différents procédés, soit déjà anciens, soit d’invention récente, que l’on pourrait citer, ou ne méritent pas d’être mentionnés, ou
Fig. 73.
Drain de défense -avant son remplissage.
DRAINS NON GARNIS DE TUYAUX. 165 bien nécessiteraient des développements qui ne sauraient trouver place ici.
On en dira autant des machines à ouvrir les tranchées de drainage. Jusqu’à présent ces appareils ne sont point entrés dans le domaine de la pratique.
170 DEUXIÈME PARTIE. — CIÎAPITRE VL par les figures 78 et 79. La construction de ces
Fie. 78.
Elévation d’une bouche à l’origine d’un lossé. (Echelle de o,o5. )
Fig. 79.
Coupe d’une bouche à l’origine d’uu fossé.
(Échelle de o,o5.)
Digiti
bouches n’exige que quelques briques. Cette légère dépense est largement couverte par la sécurité qui résulte de l’établissement de ces petits ouvrages pour la conservation des débouchés et le maintien du profil des fossés de décharge.
Le tuyau de drainage doit être enveloppé, sur une certaine longueur en arrivant à la bouche, dans un petit massif en maçonnerie hydraulique, ou dans un bon corroi glaiseux, pour éviter toute infiltration. Quand on ne craint pas une petite augmentation de dépense, on remplace i mètre environ de tuyau en terre, près de la bouche, par un tuyau de fonte ou de tôle bitumée.
La grille en fonte ou en fer qui ferme la bouche des drains doit être assez serrée pour s’opposer à l’introduction des plus petits animaux, et des corps étrangers que la malveillance pourrait tenter d’introduire dans le tuyau.
La meilleure manière de fixer cette grille consiste à la maintenir, comme l’indiquent les fi g. 77 e 1 79» P ar deux boulons traversant la maçonnerie et maintenus par des clavettes, dont les têtes se trouvent sous les gazons ou le perré du talus, de manière qu’il soit facile de les enlever, si la grille a besoin de nettoyage.
Il est souvent nécessaire de transformer un tuyau de drainage en un véritable tuyau de conduite, en le rendant étanche.
Drains
ctandies.
Borne*
repères.
Accidents
des
drainages.
Il y a plusieurs moyens d’atteindre ce but; le plus simple consiste à remplir le fond, de la tranchée, convenablement élargie et approfondie à cet effet, d’une couche de o ra ,io d’épaisseur d’un corroi de glaise et de sable gras arrosé d’un lait de chaux. On dépose sur ce corroi un conduit formé par l’introduction à joints croisés d’un petit tuyau dans un gros, et on le recouvre du même corroi fortement pilonné. Pour rendre l’étanchéité plus parfaite encore, on enduit, avant de poser la conduite, les joints et le petit espace annulaire qui existe entre les tuyaux du même corroi, mais un peu plus mou.
Enfin, il convient d’indiquer la position et la direction des principaux drains par une petite borne en pierre (fig. 8 o et 81), placée à leur origine , et sur la face supérieure de laquelle on grave une flèche indiquant la direction du drain. Cette précaution rend facile, pour l’avenir, la recherche des drains, si quelques réparations deviennent nécessaires. •
Lorsqu’un drainage a été exécuté en observant soigneusement
Élévation.
Fus. 80 et 81.
Borne repère.
(Échelle de o,o5. )
toutes les précautions détaillées dans les chapitres précédents, il est extrêmement rare qu’il ne fonctionne pas régulièrement et qu’il arrive quelque accident à une des parties du système de tuyaux. Cependant, il n’est pas inutile d’indiquer ici les moyens de constater et de remédier aux accidents les plus ordinaires des travaux de cette espèce.
L’obstruction d’un drain principal ou secondaire est le résultat final de tout accident survenu aux ouvrages. Cette obstruction se manifeste clairement, après les pluies, par la diminution ou la suppression totale de l’écoulement. Les bouches et les regards fournissent à cet égard des indications très-positives, et qui ne tardent pas à devenir plus précises encore par l’aspect du sol. Immédiatement en aqaont d’une obstruction de tuyau, la terre est plus humide que <lans le reste du champ ; sa couleur est plus foncée, et quelquefois même l’eau devient stagnante à la surface.
Quand ces caractères se manifestent, il faut se hâter de découvrir les drains en aval du point où l’eau surabondante manifeste sa présence , et continuer ce travail, en remontant, jusqu’à ce qu’on rencontre les tuyaux dérangés ou obstrués; on les débouche, puis on les repose avec soin pour rétablir les choses dans leur état primitif.
Les obstructions accidentelles résultent, dans le plus grand nombre des cas, de la négligence
apportée à la pose des tuyaux et au remplissage des tranchées. Quand les extrémités des tuyaux ne sont pas bien en contact, que les joints ne sont pas soigneusement recouverts, que les premières couches de terre ne sont pas bien tassées, etc., il se forme dans la terre des canaux assez larges pour que l’eau qui s’introduit dans le drain entraîne des matières solides en suspension. Ces substances terreuses se déposent naturellement dans les tuyaux aux points où la vitesse de l’eau diminue, par une cause ou par une autre, et finissent par les obstruer après un temps plus ou moins long. Toutes les fois qu’un drainage fournit de l’eau trouble, on peut affirmer qu’il présente des malfaçons, et l’on doit craindre de voir, tôt ou tard , les tuyaux s’obstruer plus ou moins complètement.
Quant aux obstructions résultant de causes permanentes, telles que les racines d’arbres, les eaux calcaires incrustantes, l’introduction des animaux dans les tuyaux, etc., on a indiqué, dans les chapitres précédents, les moyens d’y remédier, et il serait inutile de revenir ici sur ce sujet, qui ne saurait être convenablement discuté que dans un traité complet.