‹ Instructions pratiques sur le drainageChapitre 2 sur 23 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

- Les figures ont été l’objet d’un soin particulier. Elles sont toutes dessinées exactement et à l’échelle d’après les objets eux-mêmes; , elles peuvent parfaitement servir de guide pour le tracé des dessins d’exécution.

BBCffIBS

PAR ORDRE DE M. LE MINISTRE DE L’AGRICULTURE, DU COMMERCE ET DES TRAVAUX PUBLICS.

Tous les cultivateurs connaissent les inconvé- Bui nients des terres imbibées d’eau stagnante, et u comprennent l’intérêt que Ton a, sous tous les rapports, à donner à cette eau surabondante un moyen régulier d’écoulement, sans cependant produire une dessiccation complète, aussi funeste qu’une trop grande humidité. C’est le but que l’on se propose d’atteindre par l’opération connue scus le nom de drainage.

JO

Perfec-

tionnement

des

anciennes

méthodes

d'assai-

nissement

par

l’emploi do tuyaux.

Description

sommaire

du

procédé.

Principaux

Les méthodes d’assainissement au moyen de rigoles souterraines sont connues et mises en œuvre, sur une plus ou moins grande échelle, depuis un temps illimité; mais elles ne sont devenues d’une application facile, économique et générale , que depuis les perfectionnements quelles ont reçus, en Angleterre, par l’emploi des tuiles

et surtout des tuyaux en terre cuite.

Les travaux de drainage consistent presque toujours aujourd’hui à ouvrir, dans la terre à assainir, une série de tranchées très-étroites de i m ,3 o environ de profondeur. On dispose au fond de ces tranchées des tuyaux en poterie, posés bout à bout à la suite les uns des autres, que l’on recouvre ensuite en rejetant dans la tranchée la terre qui en avait été extraite. Le» tuyaux communiquent les un^ avec les autres et débouchent à l’air libre , au point le plus bas de chaque système de rigoles. L’eau en excès qui imprègne le sol arrive, par infiltration, jusqu’aux tuyaux de terre cuite; elle s’y introduit à travers les joints qui existent entre leurs extrémités, s’y réunit en plus ou moins grande quantité, et s’écoule, en suivant la pente , par l’extrémité la plus basse de la ligne des drains.

Cette opération , si simple en elle-même, exerce

sur les phénomènes de la végétation et sur les travaux de la culture l'influence la plus avantageuse et les effets les plus remarquables.

Le rapide écoulement des eaux de pluie à travers le sol et l’abaissement des eaux stagnantes , quelle qu’en soit l’origine, à -une profondeur suffisante pour ne plus nuire au développement des racines, sont les deux résultats directs et immédiats d’un drainage bien fait.

De ces deux premiers effets r^ultent, pour les terres auxquelles le drainage peut s’appliquer avantageusement, une moindre évaporation à la surface dé la terre, un accroissement notable de la chaleur du sol, une modification profonde de la constitution de la couche arable, qui a moins de tendance à se fendre et conserve par suite plus de fraîcheur pendant l’été, une augmentation énorme de la fertilité, par l’introduction dans la terre des gaz et des substances les plus nécessaires au développement de toutes les récoltes, et, enfin, une amélioration considérable dans l’état sanitaire et le régime général des eaux des contrées où les travaux de cette espèce s’exécutent sur une certaine échelle.

Les eaux dephiid, étant rapidement absorbées par les terrains drainés, ne peuvent plus se réunir, dégrader la surface des champs et délaver les fumiers, en entraînant au loin leurs principes les

effets

du drainage.

plus précieux. C’est, pour le cultivateur, une économie de chaque jour, dont on n’apprécie pas assez généralement toute l’importance.

L’application du drainage aux terres humides permet de les labourer presque en toute saison, avantage que tous les agriculteurs sauront ap-

La santé des bestiaux s’améliore rapidement • sur les terrains drainés. La pourriture, en particulier, cesse d’attaquer les moutons; aussi, voit-on toujours les animaux se réunir de préférence sur les parties drainées de la pièce qu’ils pâturent.

L’eau qui imbibe le sol, et qui est entraînée par les tuyaux, est immédiatement remplacée par de l’air atmosphérique, que chasse ensuite une nouvelle pluie. Ce second volume d’eau est à son tour remplacé par de l’air, et ainsi de suite successivement. Ce renouvellement, autou • des racines, des principes les plus nécessaires à l’alimentation des végétaux permet aux plantes de se développer dans les meilleures conditions.

L’époque de la maturité des récoltes est nota-' blement avancée par l’accroissement de chaleur qui résulte pour le sol d’un drainage bien exécuté. Cet effet est maintenant parfaitement constaté.

Quant à l’influence du drainage sur la salubrité publique, elle est manifeste. Dans beaucoup de localités, on a vu les fièvres intermit-

tentes épidémiques disparaître après l’exécution de grandes opérations de cette espèce. Souvent les brouillards cessent de se manifester sur les terres assainies.

Le résumé rapide que l’on vient de lire, des inconvénients que le drainage fait disparaître et des avantages qu’il procure, suffit pour faire reconnaître les terres auxquelles il convient d’appliquer ce procédé d’amélioration.

On comprend, en effet, que le drainage doit surtout s’appliquer avantageusement aux terres froides et fortes, aux sols argileux, et, en général, aux terrains imperméables ou reposant sur un terrain imperméable. • Sans parler des terrains bourbeux ou marécageux proprement dits, au sujet desquels il ne peut y avoir de doute, on peut dire que les terrains qui ont le plus besoin de drainer présentent les caractères suivants, plus ou moins développés, seuls ou réunis, mais toujours assez faciles à reconnaître.

Ils sont couverts de flaques d’eau plusieurs jours après la pluie; les trous que l’on y creuse, même après une longue sécheresse, présentent des suintements d’eau; au printemps surtout, on y remarque des parties d’une teinte plus foncée qtie l’ensemble de la pièce ; le matin , on y observe souvent des vapeurs abondantes.

‘ Sol»

auxquels contient surtout le (lrainaje.

La végétation, dans les terrains dont il s’agit, est languissante, peu hâtive, les tiges des plantes jaunissent, en partant du pied, longtemps avant la maturité; après quelques mois de jachère, la surface du sol se recouvre plus ou moins complètement d’une espèce de petite mousse; enfin, les joncs, les carex, les prêles, les renoncules, la laiche, les colchiques d’automne, etc. s’y rencontrent abondamment.

Ces caractères, lorsqu’ils sont très-prononcés, frappent l’œil le moins exercé; mais beaucoup de terrains auxquels le drainage est applicable avec avantage ne sont pas aussi faciles à reconnaître. Cependant, on n’insistera point davantage sur ce sujet; aucune description , -quelque longue et minutieuse qu’elle soit, ne pouvant, à cet égard, remplacer des observations attentives et un peu d’expérience.

D’ailleurs, en visitant une terre, on ne saurait assez tenir compte des remarques de celui qui la cultive. Le plus simple ouvrier rural est souvent le meilleur guide à consulter, et l’on est étonné de l’exactitude de ses descriptions des effets de l’humidité, et de la précision avec laquelle il trace le périmètre des portions les plus nécessaires à drainer.

La détermination des terres qu’il est utile de drainer ne peut donc, en pratique, présenter au-

cune difficulté, même aux personnes qui débutent dans les travaux de ce genre; les indications des cultivateurs suffisent toujours pour signaler les points où se manifestent les inconvénients que le drainage fait disparaître. On n’insistera donc point davantage sur ce sujet.

D’après ce qui a été dit ci-dessus, les travaux de drainage consistent, en principe, à ouvrir des tranchées au fond desquelles on dépose des tuyaux, que l’on recouvre ensuite avec la terre extraite d’abord de la tranchée. Ces tuyaux doivent être disposés de manière à donner à l’eau surabondante, dont ils doivent débarrasser le sol, un écoulement facile. La première question qui se présente est donc de déterminer les directions, les pentes, la profondeur et les autres éléments d’établissement de ces lignes de drains.

' Lorsque ces conditions générales d’établissement sont déterminées, il suffit, pour assurer le succès de l’opération, de procéder à l’exécution du travail, en suivant attentivement les méthodes que la pratique a sanctionnées.

Enfin , comme il n’existe pas encore de fabriques de tuyaux dans tous nos départements, il est souvent nécessaire que les personnes qui veulent diriger des drainages s’occupent aussi d’organiser la fabrication des tuyaux , qui forme , cependant, une

Divisions

du

travail.

industrie spéciale annexe de celle .du briquetiertuilier.

Ces instructions ont donc été partagées en trois parties :

La première est consacrée à l’exposition des principes généraux des tracés de drainage.

La seconde est un résumé des procédés d’exécution des travaux.

La troisième, enfin, indique le mode de fabrication des tuyaux.

Page 1