‹ Instructions pratiques sur le drainageChapitre 3 sur 23 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

NIVELLEMENT ET LEVÉ Dü PLAN.

Ces instructions, comme l’indique leur titre, i^i s’adressent à des personnes familiarisées avec la 0 ivpn*mmi pratique des procédés de levé de plans et de nivel- <ln rlan ' lement. Il ne saurait donc entrer dans notre cadre de décrire les instruments qui servent à exécuter ces opérations élémentaires. Mais il convient d’indiquer la méthode qu’une longue expérience a fait reconnaître comme la plus facile, la plus rapide et la plus sûre pour l’étude d’un terrain, au point de vue spécial d’un travail de drainage ou d’irrigation. L’emploi des plans cotés ou des profils en travers , ordinairement employés dans le service des ponts et chaussées , permet assurément de dresser un projet de drainage; mais cette méthode exige que l’on calcule et que l’on rapporte des nivellements, et, tout en demandant infiniment plus de travail préparatoire que celle des plans à courbes

Jalonnage.

de niveau que nous recommandons, elle rend beaucoup plus difficile et beaucoup moins certain le tracé du projet de drainage.

Pour lever par courbes horizontales un terrain à drainer, voici comment il convient de procéder: On fait tracer 5ur le terrain de forme quelconque, AB CD EF (fig. 1 ), avec des jalons et

dans une direction arbitraire, mais qu’il convient de choisir suivant la pente générale du sol, une série de parallèles équidistantes i,i;a,a;3,3;. . . etc. Ces lignes peuvent être espacéès de 5o mètres les unes des autres dans un terrain très-régulier:

NIVELLEMENT ET LEVÉ DU PLAN, on les rapprocherait beaucoup plus dans un terrain très-accidenté.

Le placement de ces jalons est on ne peut plus facile : on trace au hasard l’une des lignes, h, 4, par exemple ; puis , avec une équerre d’arpenteur, on fait placer perpendiculairement à sa direction , et à une distance quelconque, les jalons p, p, p', p', qui déterminent deux lignes sur chacune desquelles on mesure avec la chaîne des longueurs égales entre elles et à l’espacement que l’on veut mettre entre les parallèles. A chacun des points a, b, c, d, . . . , a', b', c', d', . . . , déterminés par ces chaînages, on met un jalon; ces jalons appartiennent, deux à deux, aux lignes cherchées 1 , a, a', î; 9, b , b', 9; 3, c, d , 3;. . . 5, e, é, 5, et ainsi de suite, et permettent de les compléter rapidement, en servant de guide, au besoin, pour le placement de quelques autres jalons.

Ce premier travail est si simple, qu’il suffit d’opérer une fois devant des enfants de seize à dix-huit ans, ou devant les ouvriers les moins intelligents, pour qu’ils s’en acquittent ensuite parfaitement bien.

Lorsque les lignes de jalons sont ainsi dis- Nivellement, posées, le niveleur, muni d’un niveau d’eau, ou mieux d’un niveau à huile et à lunette, se place dans un point tel qu’il puisse embrasser le plus

grand espace possible d’une seule visée ; puis , il fait placer son porte-mire en un point n de la ligne 1 , i , par exemple, rattaché au point fixe pris pour repère de nivellement, et placé dans la partie la plus haute de cette ligne. Le porte-mire, après avoir très-solidement fixé le 'voyant de la mire, place en ce point un jalon facile à distinguer, des autres par la couleur du papier placé à sa tête ou par tout autre signe; il se transporte alors sur la ligne 2, 2, et monte ou descend sur cettd ligne, suivant les indications de l’opérateur, jusqu’à ce que le voyant de la mire se trouve de nouveau dans la ligne de visée du niveau, qui n’a pas dû être déplacé.

Le point n de la ligne 2, d ainsi déterminé est, évidemment, à la même hauteur que le premier point n de la ligne 1 , 1 . Le porte-mire y place un jalon semblable à celui qu’il a mis à ce dernier point; puis, il se transporte sur la ligne 3,3, toujours sans changer le voyant, et détermine sur cette ligne un nouveau point situé au même niveau que les deux premiers; il continue de la même manière pour lès autres lignes. Tous ces points n se trouvent à une même hauteur, que nous supposerons, pour fixer les idées, à i5 mètres, par exemple , au-dessus du plan pris pour terme de comparaison.

Lorsqu’il a été ainsi déterminé un point « sur

NIVELLEMENT ET LEVÉ Dü PLAN. 21 toutes les lignes d’opération, on élève (puisqu’on a supposé que l’on avait commencé par le haut de la pièce) le voyant de la mire de^ l’intervalle que l’on veut mettre entre les plans horizontaux d’opération, soit de o ra ,5o, et l’on détermine, toujours sans changer le niveau de place , une nouvelle série de points n' placés dans un plan inférieur de o m ,5o au plan des points n, c’est-à-dire à i5 m — o m ,5o ou i4 m ,5o au-dessus du plan de comparaison. Puis, on élève de nouveau le voyant de la mire de o m ,5o, et on détermine une nouvelle série de points ni', qui se trouvent à la cote 15“* — o m ,5 — o m ,5 = 1 4“ au-dessus du plan de comparaison , et ainsi de suite.

En joignant par la pensée les points n, n,. .

ni', n" , par des lignes tracées à la surface du sol, il est clair que ces lignes représentent l’intersection du terrain par des plans horizontaux équidistants. Ces lignes sont ce que l’on appelle les horizontales du terrain.

Pour simplifier l’explication , on a supposé que l’on pouvait d’une seule station du niveau apercevoir et déterminer tous les points n, n.... n', n' .... n!', ni'.... etc.; c’est, en effet, dans la pratique, le cas le 'plus ordinaire. Les terrains en culture sont généralement peu accidentés et complétetement découverts, et l’on peut presque toujours, avec un niveau à bulle et à lunette, niveler,

d’une seule station, une pièce de 5 ou 6 hectares.

Le déplacement du niveau , s’il était nécessaire , ne serait pas , du reste , une difficulté pour les personnes qui se soiît rendu compte des opérations île nivellement. Il est clair que s’il fallait déplacer le niveau , soit pour passer d’un point d’une courbe horizontale à un autre point de la même courbe, soit pour passer d’une série de points de niveau à la série suivante inférieure ou supérieure, il suffirait de faire rester le porte-mire au dernier point déterminé, de déplacer le niveau, de ramener le voyant dans sa nouvelle ligne de visée, de le fixer solidement dans sa nouvelle position , et de continuer à opérer comme on l’aurait fait sans le déplacement de l’instrument et sans celui du voyant.

Quand on a placé, en procédant comme on vient de l’indiquer, les séries de jalons n, n ri, ri..., n", ri'...., il ne reste plus, pour rapporter à la fois le plan et le nivellement sur le papier, qu a chaîner sur la ligne î , î les distances i n, n ri, ii n' 1 , n" ri", ri" ri'", ri'" î ; sur la ligne 2 ,

2 , les distances 2 n ri'" 2 ; sur la ligne 3, 3, les

distances 3 n. . . . n"" 3 , et ainsi de suite. On inscrit toutes ces distances sur une feuille de papier réglée d’avance pour représenter la position, des *

NIVELLEMENT ET LEVE DU PLAN. 23 lignes d’opération, ou même sur une feuille de papier quadrillée, pour que le plan se trouve immédiatement à l’échelle, et l’on a évidemment toutes les données nécessaires pour déterminer à la fois les points principaux du -périmètre de la pièce et le tracé des horizontales du terrain. Il suffit, en effet, de reporter au bureau sur le papier les distances mesurées, et de. joindre les points ainsi obtenus par des lignes.

L’échelle la plus commode et la plus ordinairement employée pour les études de détail d’opérations de drainage est celle de i millimètre pour i mètre (o m ,ooi).

La distance verticale séparatrice des courbes de niveau doit être d’autant plus faible que le terrain est moins incliné. Il convient, dans les terrains réguliers, de déterminer l’écartement de ces courbes de telle sorte que leur distance en plan n’excède pas 20 à 3o mètres. En pratique, on les espace généralement entre elles, dans le sens vertical, de 1 mètre» de o œ ,5o ou de o m ,a5; il est très-rare qu’il soit utile de les rapprocher davantage ; dans les terrains presque horizontaux , on se borne à prendre les cotes de quelques points et de l’origine des fossés d’écoulement.

Les courbes horizontales sont tracées sur le

Echelle.

Ecartement

des

horizontales.

Point»

remarquable»

4 lever.

Facilité

de

l'opération.

plan en lignes très-fines, avec de l’encre de Chine un peu pâle ; chacune d’elles porte , écrite à l’encre , à ses deux extrémités et en un ou deux autres points de sa longueur, un chiffre indiquant sa hauteur au-dessus du plan général de compa- * raison adopté pour le nivellement.

Inutile d’ajouter que, pour compléter l’opé 1 ration dont il vient d’être parlé, il faut encore fixer la position des points remarquables, tels que fossés, haies, arbres, barrières, etc. qui ne seraient pas donnés, par les lignes d’opération, et déterminer les cotes de niveau de quelques points remarquables du périmètre de la pièce qui se trouveraient éloignés des courbes, et, surtout, s’assurer que le point où l’on peut établit l’écoulement se trouve placé de manière à permettre, en effet, sans obstacle cet écoulement.

On remarquera que la double opération du levé du plan et du nivellement, dont on vient d’expliquer la marche, n’exige l’inscription d’aucune cote , ne nécessite aucun calcul de rapport de profil , et qu’elle peut, dès lors, être confiée aux agents les moins expérimentés , pourvu qu’ils soient attentifs et capables de faire un chaînage.

On ne saurait assez vivement recommander de toujours procéder, avant toute opération de drai-

NIVELLEMENT^ ET LEVÉ DU PLAN. 23 nage , à un nivellement du terrain exécuté comme on vient de le dire : il n’y a pas un projet tracé directement sur le sol , comme on le fait souvent , qui ne puisse être amélioré par une étude de cabinet faite avec un pian nivelé. Ce travail, on le répète , est excessivement simple ; il s’exécute avec une grande rapidité aussitôt qu’on en a bien compris la marche.

Un niveleur, avec un porte-mire et deux jalon- neurs capables de chaîner, peut très-facilement lever et niveler par jour de 5 à 6 hectares au moins, dans un terrain ordinaire. Les entrepreneurs de nivellements en font beaucoup plus, et gagnent de très-fortes journées en se chargeant de ce travail à raison de h ou 5 francs par Hectare, le rapport du plan compris. La plus légère amélioration de tracé couvre évidemment, et bien au delà, une aussi faible dépense.

Lorsque le plan du terrain à drainer a été levé , on peut procéder à la rédaction du projet de drainage, en se conformant aux règles générales exposées dans les chapitres suivants.

DéGnitioos,

Principe du tracé.

Terrains

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