CHOTX ET PRÉPARATION DES TERRES
tous les détails d’une très-bonne machine de cette espèce pouvant préparer par jour, avec deux chevaux, la matière nécessaire à la fabrication de ao, ooo petits tuyaux environ. L’espace n’a point permis de figurer la partie supérieure de l’arbre vertical des couteaux. Cet arbre est maintenu par un collier en fer, et se termine par une boîte en fonte cjui reçoit la flèche en bois à laquelle on atèle le cheval. Il est d’ailleurs inutile de s’arrêter à la description de cet appareil très-simple.
Lorsque le malaxage ou le mélange des différentes terres n’est pas assez complet par un seul passage à travers le tonneau, on reprend la matière à la sortie de l’appareil, pour la faire passer une seconde et quelquefois une troisième fois. La terre sort du tonneau d’une manière continue; on * la coupe, avec un (il de laiton, en pains prismatiques, qui peuvent être immédiatement transformés en tuyaux.
A défaut de tonneaii broyeur, on fait marcher les terres par les ouvriers, comme le pratiquent encore beaucoup de tuiliers.
Les terres destinées à la fabrication des tuyaux Épûr»üüù, ne doivent renfermer aucun gravier de plus de o m ,ooi à o ra ,ooa de diamètre. Les moyens employés pour se débarrasser des pierres plus grosses qui peuvent exister dans les matières première»
Broyeur.
varient avec les localités, les ressources dont on dispose et la nature des substances. Les principaux procédés employés sont les suivants, entre lesquels on devra choisir, selon les cas :
Pour les sables et les terres franches assez maigres , un simple passage à travers une claie en fer très-serrée est souvent suffisant. Ce moyen réussit même quelquefois pour certaines argiles qui s’émiettent par la gelée, et que l’on écrase ensuite très-facilement, en les battant sur une aire solide.
Les matières argileuses et les terres franches se débarrassent très-bien des pierres par lévigation. On délaye la masse dans un bassin avec de l’eau, et on laisse écouler par déversement la bouillie argileuse ainsi obtenue. Les pierres restent dans le bassin de délayage, et la matière fine se dépose, par le repos, dans les bassins suivants. Cette méthode exige de l’espace, une assez forte maind’œuvre et un outillage spécial. Elle est très-rarement employée dans les fabriques de tuyaux.
On se débarrasse très-souvent des graviers que renferme la terre en les écrasant, au moyen d’une machine composée de deux cylindres en fonte horizontaux , très-rapprochés et tournant en sens contraire. Ils sont surmontés d’une trémie, dans laquelle on dépose l’argile légèrement humide qui doit passer entre les cylindres.
CHOIX ET PRÉPARATION DES TERRES. 181 Les figures 8 3 et 8 4, qui représentent l’élévation
Fig. 83.
Elévation latérale d’un broyeur à cylindres, (Échelle de 0,073.)
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Fig. 84.
Vue de face d’un broyeur à cylindres.
(Échelle de 0,073.)
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latérale et la vue de face du moulin à argile dont il s’agit, feront facilement comprendre la disposition de cette machine. Les cylindres en fonte
a, a' ont o œ ,90 de longueur environ et o m ,36 de diamètre; leurs axes en fer b , b' tournent dans des coussinets que l’on peut éloigner ou rapprocher au besoin, à l’aide des vis cc'. Le cylindre a porte, à ses extrémités, deux rebords saillants qui s’opposent au déplacement longitudinal de l’autre cylindre. La trémie en bois d, dans laquelle on met l’argile, est maintenue au-dessus des cylindres par les pièces e, fixées au bâti en fonte f par des boulons. Ce bâti est consolidé par un tirant - en fer gg, et repose sur un cadre rectangulaire en charpente. La surface des cylindres est débarrassée de la terre qu’ils entraînent dans leur mouvement par deux forts couteaux en fer, placés à leur partie inférieure.
Les arbres des cylindres portent à l’extrémité opposée à celle représentée par la figure 83 des roues dentées de même diamètre , engrenant l’une avec l’autre ; de sorte que le mouvement imprimé au premier cylindre se transmet au second , et qu ils tournent ainsi, en sens contraire, avec des vitesses égales.
L’axe de l’un des cylindres est ordinairement réuni à l’arbre moteur du manège par un genou à la Cardan; le manège ayant 7 “, 5 de diamètre,
CHOIX ET PRÉPARATION DES TERRES. 183 cet arbre moteur fait environ deux tours quapd le cheval en fait un.
Les cylindres, fondus dans des moules d’argile cuite , n’ont pas besoin d’être tournés.
On place ordinairement les cylindres à i m , 8 o ou 2 mètres au-dessus du sol, pour faciliter le service de l’enlèvement des terres.
Le produit journalier du moulin dépend de l’écartement des cylindres et de la nature de la terre. Dans les circonstances ordinaires, un moulin à un cheval fournit, par jour, l’argile nécessaire à la fabrication de 1 8 à 20 mille petits tuyaux.
Lorsqu’on opère sur un mélange homogène, naturel ou artificiel, la matière sortant de la machine peut servir immédiatement à la fabrication , après avoir été réunie en mottes de grosseur convenable pour être livrées à la machine à tuyaux. Lorsqu’on emploie un mélange de diverses substances, on place quelquefois les cylindres broyeurs au-dessus du tonneau mélangeur. Les matières sont versées dans la trémie des cylindres en pro-' portions convenables, les pierres sont écrasées par les cylindres, et le tout arrive dans le tonneau, d’où le mélange sort parfaitement homogène et propre à l’emploi.
Quelquefois, la séparation des graviers a lieu dans le tonneau mélangeur lui-même, à l’aide d’une grille placée dans son fond. Enfin, dans certaines
machines à tuyaux , un crible , placé en avant de la filière , retient les graviers qui gêneraient la fabrication.
En résumé, quand on peut se procurer des terres sans cailloux, il suffît de les faire passer au tonneau broyeur, ou de les faire marcher par des hommes, pour les rendre propres à la fabrication des tuyaux. Dans le cas contraire, il faut, outre le malaxage au tonneau , se débarrasser des pierres par un criblage ou autrement, ou bien pulvériser ces graviers par un passage au laminoir. On peut, du reste, presque toujours trouver, par une recherche assez attentive, des argiles et des sables fins n’exigeant pas ces dernières opérations , assez dispendieuses.
On sait, du reste, qu’il est bon d’extraire l’argile à l’avance, et de pouvoir la laisser exposée un ou deux hivers à la gelée avant de l’employer.
FABRICATION DES TUYAUX