II
Fio. 85.
Coupe en long d’une machine à fabriquer les tuyaux de drainage.
FABRICATION DES TUYAUX. 187
Fig. 86. *
Vue de face d’une machine à fabriquer les tuyaux de drainage. (Échelle de o,o5.)
filière, appareil que représente à une plus grande échelle la figure 87.
Coupe par l’axe d’un trou.
Vue extérieure.
Fig. 87.
Filière à quatre trous.
(Échelle de o, 10 .)
Lorsque le piston c (fig. 85) est mis en mouvement par l’action des roues dentées, engrenant avec la crémaillère qui forme sa tige, il comprime la terre dans la caisse qui la renferme, et la force à sortir, sous forme de tube continu , à travers les espaces annulaires que présentent les filières.
Les tubes , en sortant des filières , sont reçus par les toiles sans fin que portent les cylindres mobiles ee (fig. 85). Quand les tuyaux occupent la longueur entière de ces toiles sans fin, on les coupe de longueur convenable , à l’aide des fils d’un appareil particulier dont le dessin montre assez bien la disposition.
Pour nettoyer la machine, on emploie une
curette (fig. 88) analogue aux grattoirs des peintres en bâtiment.
Quand un gravier échappé à la préparation de la terre, une feuille, une paille, ou tout autre corps étranger s’engage dans la filière , il produit dans le tuyau une
Fig. 88.
Curette.
( Échelle de o,to.)
FABRICATION DES TUYAUX. 189 fissure longitudinale qui le rend impropre à tout emploi. Lorsque le corps étranger n’est pas trèsgros, on l’arrache, de l’extérieur, à l’aide d’un petit crochet en fer. Si ce moyen ne peut réussir, il faut faire reculer un peu le piston, ouvrir la boîte et la vider pour enlever l’obstacle qui entrave la sortie des tubes.
Les tuyaux, coupés de longueur sur les toiles sans fin, sont enlevés, pour être portés au séchoir, par des enfants, qui les soulèvent en introduisant dans leur intérieur des baguettes de diamètre convenable, réunies en forme de râtelier (fig. 89) au nombre de deux, trois ou quatre sur un même
Élévation.
Plan.
FlO. 89.
Râtelier pour l'enlèvement desftnyaux frais.
(Echelle de 0,10.)
Collier*.
Raccor-
dements.
manche. Mais , avant de passer à cette seconde période de l’opération, il est nécessaire d’expliquer la fabrication des colliers , des tubes de raccordement et des tuiles courbes.
Les colliers se fabriquent d’une manière trèssimple : on prépare des tubes d’un diamètre convenable et à peu près de la longueur ordinaire. Quand ils sont en partie séchés, on les roule sur une planche rectangulaire (fig. 90), garnie de deux ou trois lames d’acier faisant une saillie égale à la moitié environ de l’épaisseur du tuyau et
espacées entre elles de la longueur que l’on veut donner au collier. Le tuyau se trouve ainsi partagé en tronçons qui n’ont plus entre eux qu’une assez faible adhérence. On termine le séchage, et on cuit comme les autres les tuyaux ainsi préparés. Après le détournement, il suffit d’un coup sec donné à faux pour séparer les tronçons du tuyau et obtenir les colliers.
Les ouvertures circulaires latérales que doivent présen-
Plttn.
Co^pe.
Fio. 90.
Planche à couper les colliers.
(Échelle de 0,10.)
FABRICATION DES TUYAUX. 191 ter les tuyaux destinés à former des regards, ou des raccordements d’une ligne de drains avec une ligne d’un ordre plus élevé, sont exécutées à la main , sur les tuyaux à moitié desséchés , par des enfants munis d’un compas grossier ou d’un patron , et d’un petit couteau avec lequel ils coupent la terre argileuse.
Les tuiles de drainage pourraient se fabriquer à' Tuiles la machine, en remplaçant les filières annulaires par des filières présentant une section en forme de fer à cheval. Mais, en général, cette fabrication, si analogue à celle des tuiles faîtières, s’exécute à la main.
Nous avons indiqué précédemment les motifs qui donnent aux tuyaux une véritable supériorité sur les conduits établis avec des soles et des tuiles. Cependant, l’emploi des tuiles de drainage est encore très-répandu dans certaines parties de l’Angleterre, où les travaux ainsi exécutés fonctionnent d’une manière satisfaisante. D’ailleurs, beaucoup de personnes qui ne voudraient pas faire ia dépense d’une machine à tuyaux avant de connaître les effets du drainage sur leurs terres n’hésiteront pas à faire quelques essais avec des tuiles, que l’on peut commander dans toutes les briqueteries, et qui , faites à la main , n’exigent qu’une dépense insignifiante d’outillage. Nous croyons
donc utile de décrire cette fabrication, d’ailleurs très-simple en elle-même, et que nous avons eu l’occasion d’étudier en détail.
La terre , convenablement préparée , est coupée et façonnée en galettes rectangulaires de grandeur proportionnée à celle des tuiles. Les enfants qui préparent ces galettes les déposent sur un petit banc placé auprès de la table de moulage.
Le premier outil nécessaire à la fabrication des tuiles creuses est un cadre en bois ou en fer (fig. 91), dont la surface est égale à celle de la
tuile développée, et dont les bords ont l’épaisseur de cette même tuile. Le mouleur applique ce cadre sur une pièce de bois, ou mieux sur une pierre bien dressée, posée à l’un des bouts de sa table. Il saupoudre de sable sec l’intérieur de ce cadre et la pierre qui lui sert de fond , puis il y applique , en la pressant avec les mains, une des galettes de térre dont on a parlé. Après avoir, autant que possible , régularisé la surface de la terre , il passe dessus un rouleau mouillé, appuyé par ses extrémités sur les bords du cadre, et qui unit parfai-
Fig. 91 .
Cadre à mouler les tuiles.
(Echelle de 0,10.)
’Oogle
FABRICATION DES TUYAUX. 193 tement la surface de l’argile , et retranche les parties en saillie.
L’ouvrier enlève alors le cadre sans altérer les arrêtes de la plaque d’argile molle, puis il la soulève adroitement et l’applique, pour lui donner la forme voulue , sur le moule en bois (fig. 9 2), préalaldement s'aupoudré de sable.
Coupc. Elévation.
Fig. 92.
Mandrin à mouler les tuiles.
(Échelle de 0,10. )
Un enfant reprend alors le mandrin sur lequel est la tuile et la porte au séchoir. Le mandrin en bois, comme l’indique la coupe, se compose de deux parties ; la semelle a et le mandrin courbe b b', qui se pose sur la seconde entaille de la semelle tandis que la tuile molle descend jusqu’à la première retraite de cette même semelle. Il résulte de cette disposition qu’en soulevant la tuile sur son mandrin b b, par le manche c, pour la porter sur les planches du séchoir, il reste un jeu suffisant pour enlever sans peine ce mandrin. Chaque mou-
Séchage.
leur n’a besoin que d’une semelle a, mais il lui faut un certain nombre de mandrins, afin d’en avoir toujours un à sa disposition, pour façonner une nouvelle tuile pendant que son aide porte les ' précédentes au séchoir.
Les tuiles ont généralement o ra , 3 o de longueur. On les désigne par la grandeur de leurs ouvertures mesurée de b en b' (fîg. 92).
Un bon ouvrier mouleur, activement servi, peut fabriquer par jour :
1,000 tuiles de o m ,0 76 d’ouverture.
900 tuiles de o m , 101 800 tuiles de o m ,i 52 3 00 tuiles de o m ,2o3
La fabrication des soles plates, que l’on pose sous les tuiles courbes, ne diffère en rien de celles des tuiles plates ordinaires , et ne demande aucune explication spéciale.
Revenons au séchage des tuyaux.
On a proposé d’employer comme séchoirs de véritables étuves, où l’on élèverait la température jusqu’à 70 degrés. Mais, en général, les séchoirs sont de simples hangars semblables à ceux de nos tuileries, et dans lesquels on dispose les tuyaux à plat sur des étagères horizontales.
Les figures 93 et 9 h indiquent la disposition la plus simple qu’il soit possible de donner à une
FABRICATION DES TUYAUX. 195 construction de cette espèce. Les fermes sont en planches de champ. Elles sont réunies par des voliges recouvertes d’un papier goudronné. Un
FABRICATION DES TÜYAÜX. 197 pareil hangar ne revient pas à plus de h à 5 francs le mètre carré, et dure une douzaine d’années.
Les étagères sont disposées sous ce hangar de manière à laisser entre elles un passage suffisant pour le transport des tuyaux. Au milieu se trouve ménagée une large travée dans laquelle on fabrique les tuyaux. On fait avancer la machine au fur et à mesure du remplissage des étagères, pour que le transport des tuyaux fraîchement moulés soit le moindre possible.
La figure g 5 indique le détail du mode de construction le plus convenable des étagères de séchoirs. Les pièces verticales qui supportent les traverses horizontales sont enfoncées dans le sol de manière à donner au système une stabilité suffisante. On les place à une distance de i m ,5o à 3 mètres les unes des autres.
Dans une fabrique, il faut avoir un certain nombre de séchoirs portatifs (fig. 96 ); ils servent à placer les tuyaux à l’air quand le temps le permet, à les transporter, au besoin, d’une place à l’autre et même, quelquefois, à constituer sans hangar fixe un séchoir très-convenable pour une fabrication passagère.
Dans ce dernier cas , on met les séchoirs portatifs en longues piles les uns sur les autres , et on les recouvre simplement avec des nattes en paille ou des voliges, formant une sorte de toit mobile. .
Vue de face d'une portion d’ étagère. Élévation latérale d'une étagère.
Fie. 95.
Etagères de séclioirs.
(Échelle de o,o5. )
Les séclioirs doivent être protégés du côté du vent par des nattes de paille, des toiles ou des
Table mobile pour rouler les tuyaux.
(Échelle de o,o5.)
FABRICATION DES TÜYAÜI. 199
panneaux de voliges, que l’on déplace suivant le besoin et l’état d’avancement de la dessiccation.
Yne de bout.
Vue de face.
Fig.'96.
Séchoirs portalifs.
(Échelle de o,o5.)
Pendant le séchage, on doit retourner de temps en temps les tuyaux, en les changeant de place.
Lorsque la dessication est assez fortement Roulage, avancée, on fait rouler les tuyaux un à un, sur > une pierre unie portée sur une brouette (fig. 97),
-offf
que l’on transporte successivement le long des séchoirs. Cette opération a pour but de régulariser les tuyaux et de faire disparaître les déformations qui se produisent quelquefois pendant le séchage, surtout quand l’argile était un peu trop molle. Ce roulement des tuyaux, avant le dernier séchage et la mise au feu , est absolument indispensable pour obtenir des tuyaux de forme très-régulière.
Le§ petits tuyaux peuvent se rouler simplement entre la pierre dont on vient de parler et une planche rectangulaire, à peu près de même dimension, garnie de deux poignées sur sa face * supérieure.
Pour les tuyaux d’un plus gros calibre , il convient de procéder autrement. On y fait entrer librement un cylindre en bois (fig. 98), et on les
Fig. 98.
Cylindre pour le roulage des gros tuyaux.
(Échelle de 0,10.)
roule sur la pierre plate, en saisissant avec les deux mains les extrémités du cylindre en bois qui dépassent le tuyau de terre.
Lorsque les tuyaux sont presque complètement
FABRICATION DES TUYAUX. 201
secs et qu’ils ne peuvent plus se déformer sans se briser, il est très-utile, si le roulement de la fabrication ne s’y oppose pas, de les empiler pendant quelques semaines les uns au-dessus des autres, en tas réguliers de 2 ou 3 mètres de hauteur, à l’abri des intempéries et dans un endroit sec.
La pression longtemps soutenue à laquelle ils sont ainsi soumis pendant l’achèvement de leur dessiccation s’oppose à toute flexion dans 1? sens longitudinal , et rectifierait même celle qui aurait pu se produire.
D’un autre côté , l’humidité que la cuisson seule peut chasser se répartit, sans doute, plus uniformément dans le tuyau, et, en résumé, l’expérience prouve que la cuisson s’opère mieux, avec moins de déchet et moins de déformations que lorsqu’on néglige cette précaution, qui offre, en outre, l’avantage de réduire notablement le développement des étagères nécessaire à une fabrication donnée.