N° 143. — LE SIGNE DE LA CROIX ET LES FRANCS-MAÇONS
Voici un trait qui a été raconté à des témoins très dignes de foi, par l'illustre général des Dominicains, le père Jandel. iVows possédons, alfirme la Semaine re-
ligieuse de Grenoble, toutes les preuves de ce fait, les dépositions so7it entre nos mains.
Le père Jandel avait prêché à Lyon sur la vertu du signe de la «roix. Au sortir de la cathédrale, il fut rejoint par un homme qui lui dit : « Monsieur, croyezvous ce que vous venez d'enseigner. — La vertu du signe de notre salut est reconnue par l'Eglise ; elle est certaine, indubitable. — Vraiment? reprend son interlocuteur étonné. Eh bien ! moi, je suis franc-maçon et je ne crois pas ; mais parce que je suis profondément surpris de ce que vous avez prêché, je vous pfopose de mettre à l'épreuve le signe de la croix. Tous les soirs nous nous réunissons dans telle rue, à tel numéro : Le démon vient lui-même présider la séance. Venez ce soir avec moi, nous nous tiendrons à la porte de la salle ; vous ferez le signe de la croix sur l'assemblée, et je verrai bien si ce que vous nous avez dit est vrai.
— Je crois à la vertu du signe de la croix, répondit le Père Jandel ; mais il ne m'est pas permis de tenter Dieu ou de mettre ma foi à des épreuves téméraires. Donnez -moi trois jours pour réfléchir. — Quand vous voudrez éprouver votre foi, je suis à vos ordres, reprend encore le franc-maçon, et il donna son adresse au dominicain.
Le Père Jandel se rend aussitôt auprès de Monseigneur de Bonald et lui demande s'il peut refuser ce défi, si l'honneur de la religion n'y est pas intéressé. L'archevêque réunit quelques théologiens et discute longuement avec eux le pour et le contre de cette démarche. Enfin, tous finissent par être d'avis que le Père Jandel doit accepter. « Allez, mon fils, lui dit
alors l'archevêque, en le bénissant, et que Dieu soit avec vous! »
Quarante-huit heures restaient au Père Jandel; il les passa à prier, à se mortifier, à se recommander aux prières de ses amis ; et, vers le soir du jour désigné, il vint frapper à la porte du franc-maçon. Celuici l'attendait. Rien ne pouvait distinguer le religieux : Il était vêtu d'un habit laïque, seulement il avait caché sous son habit une grande croix. Ils partent, et arrivent bientôt dans une grande salle, meublée avec beaucoup de luxe et si brillamment éclairée que les yeux étaient éblouis. Ils s'arrêtèrent à la porte. Peu à peu la salle se remplit, et tous les sièges allaient être occupés lorsque le démon se montra.
« Le voilà I dit l'introducteur au Père Jandel. Aussitôt, tirant de sa poitrine le crucifix qu'il y tient caché, le religieux l'élève de ses deux mains et forme sur Tassistance le signe de la croix. Un coup de foudre n'aurait pas eu un résultat plus inattendu, plus subit, plus éclatant. Les bougies s'éteignent, les sièges tombent renversés les uns sur les autres, tous les assistants s'enfuient...
Le franc-maçon entraîne le Père Jandel; et quand ils sont bien loin, sans pouvoir se rendre compte de la manière dont ils ont échappé aux ténèbres et à la confusion, l'adepte de Satan se précipite aux genoux du prêtre: ((Je crois, lui dit-il, je crois 1 priez pour moi, convertissez-moi, instruisez-moi. »
Le père Jandel n'a pas nommé ce franc-maçon, mais il a déclaré que, sincèrement converti, il a depuis mené la conduite la plus édifiante. {Semaine religieuse de Grenoble.
N' 144. — LE CRUCIFIX Olî TRIGUl^RES
ïriguères est un bourg du diocèse d'Orléans, sur la route de Montargis à Joigny.
Son église, à l'époque de la Terreur, ne fut fermée que quelques mois. Dans ce pays paisible et religieux, on comptait à peine quelques étrangers révolutionnaires.
Parmi ces derniers, un homme vola dans l'église un Christ d'argent donné par les religieuses Bénédictines de Montargis, et qui est encore maintenant dans l'église de Triyuères. Or, voici tout ce que le pays sait et raconte avec effroi : Les malheureux auteurs du vol donnèrent le jou?' à un enfant qui reproduisit l'image^ les traits, l'attitude même du Christ dérobé ; sa figure allongée et agonisante, son corps torturé par la douleur, ses doigts crispés, ses pieds superposés et collés l'un sur l'autre. Les parents en furent effrayés et rendirent à l'égli^e le Christ d'argent. Mais Dieu laissa, sur la terre fjendant guarani e-troi'i ans, ce crucifix vivant, qui n'avait ni la raison, ni la parole, ni le mouvement. Il ne faisait que pousser des ois a/freux. Le pays entier en a été témoin. (Extrait d'un ouvrage en 2 vol. intitule : Recherches historiques sur l'Orléanais, depuis l'époque celtique jusqu'à, nos jours, par l'abbé Patron, Chanoine d'Orléans.) {Bulletin de Saint-François de Sales.)
Encore un fait : Une jeune fille allait mourir,
c'était une belle victime des plaisirs du monde ; elle avait contracté sa maladie qui devait l'emporter, au retour d'une soirée de plaisirs... Elle s'éteignait peu à peu, elle s'en allait tout doucement. Tout le mondele savait, même sa mère; elle seule ne le croyait pas encore. Et cependant elle vit un jour descendre sur elle comme les ombres de la mort. Aussitôt elle fait appeler un prêtre qui la réconcilie avec le ciel. Après sa communion et la réception des derniers sacrements, elle jette un regard sur sa vie passée, elle parait triste et agitée... Le prêtre était là avec sa mère et une sœur de charité. Tout à coup la jeune fille élève les mains avec effroi, et les laisse retomber sur sa poitrine, où elle les considère quelque temps avec terreur, et en silence... Puis elle dit : Voyez donc mes mains, voyez; elles sont vides! vides!... Le prêtre inspiré î... Tenez, mon enfant, dit-il. En disant cela il mettait dans ses mains vides, tremblantes, glacées déjà, il mettait un crucifix... une croix... Unissez, chère enfant, vos souffrances et vos douleurs à celles de Jésus, et bientôt vos mains seront pleines. A la vue de la croix, \d pauvre fille reprit de l'espérance, ses mains n'étaient plus vides. Elle approcha la croix de ses lèvres et la baisa trois fois; elle la pressa sur son cœur avec transport. Quelques heures après elle mourait avec douceur, en regardant la croix qu'elle n'avait plus voulu quitter. 0 bona cruxl Tenez, ô vous qui souffrez, qui pleurez, qui mourez, tenez la croix du calvaire, elle vous fera passer au ciel. {M.)