N° 153. — CE QUE PEUT LA PENSÉE DU CIEL
La mère des Macchabées a vu six de ses enfants immolés par la fureur d'Antiochus. Il ne lui reste plus que le dernier de tous et le plus chéri. Va-t-elle, pour l'arracher des mains sanglantes de ses bourreaux, lui conseiller d'apo^tasier? Ecoutez cette héroïque mère : « 0 mon fils, je t'ai donné le jour, je t'ai nourri, je t'ai élevé, je t'ai aimé et je t'aime encore ; mais en retour de mes soins et de mes affections je ne te demande qu'une chose : Regarde le ciel : Peto, naie, ut aspicias adcœlum... Détourne les yeux de ce tyran qui pourrait t'intimider, de ces corps sanglants qui pourraient t'émouvoir, de ta propre mère qui pourrait t'attendrir ; regarde plus haut la couronne qui se prépare, le festin où ta place est marquée, le Dieu prêt à te recevoir dans ses bras. — Et la pensée du ciel s'empare de ce jeune enfant, plus tourmenté que ses frères ; il est plus fort. Tandis que l'on déchire ses membres délicats, son œil est fixé vers la patrie ; sa* constance épuise celle de ses bourreaux, son énergie lasse la haine du persécuteur. Voilà ce que peut la pensée du ciel.