‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 129 sur 318 · N^ 159. — SAINT JÉRÔME APPRÉHENDE LE JUGEMENT · texte numérisé non relu

N^ 159. — SAINT JÉRÔME APPRÉHENDE LE JUGEMENT

Saint Jérôme, menant dans sa retraite la vie laplus austère et la plus pénitente, se frappant la poitrine avec une pierre jusqu'à faire jailUr le sang, éprouvait néanmoins une vive crainte des jugements de Dieu. (( Toutes les fois que je songe au jugement dernier, disait-il, je tremble de tous mes membres. Soit que je boive, soit que je mange, soit que je fasse quelque autre chose, toujours semble retentir à mes oreilles, l'éclat de cette trompette effroyable : Levez-vous, 6 moiHs^ venez au jugement.

N° 160. — UN RENDEZ-YOUS AU o'UGEMENT DERNIER.

En 1859 ou 1860, au rapport d'un journal, le fameux

graveur Gaillard rencontra à Pérouse un jeune artiste français qui étudiait comme lui et copiait les œuvres du Pérugin ; ils lièrent connaissance, se retrouvèrent à Rome, et il leur arriva souvent de discuter les questions religieuses. Gaillard était alors plus qu'incrédule, il mettait une certaine âpreté à combattre les idées religieuses ; son jeune compagnon les défendait de son mieux, avec douceur, conviction et non sans un certain savoir, La dernière fois qu'ils se rencontrèrent, ce fut à la Yilla Médicis. Gaillard revenait toujours à la même discussion comme s'il eût voulu convaincre son adversaire ; finalement il le quitta sur ces mots : (( Vous êtes encore bien jeune, je vous donne rendez-vous à Paris dans 10 ans d'ici, et je vous parie ce que vous voudrez que vous aurez changé de manière de voir. Votre foi est admirable, mais elle est absurde ; vous vous en apercevrez et vous en reviendrez. ))

« Non, répondit avec une foi naïve son jeune adversaire, je ne compte pas vous retrouver à Paris, et il est possible que nous ne nous revoyions plus. Je vous donne rendez-vous au jugement dernier et vous verrez si j'avais raison. »

Tout autre que Gaillard eût éclaté de rire ; mais son esprit sérieux fut vivement frappé de cette grande audace d'enfant ; il le regarda un instant stupéfait, et touché jusqu'au fond de son être par cette foi sans borne i « Adieu, donc, dit-il; je me souviendrai de ça. » Les deux adversaires ne se sont jamais revus ; ils se rencontreront au jugement dernier ; Gaillard est revenu de ses premières idées et il est mort en l'habit franciscain. [BuUelin de saint François de Sales.)

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