N° 182. — Y A-T-IL PLUSIEURS VRAIES ÉGLISES
Il n'y a qu'une seule véritable Église comme il n'y a qu'un seul Dieu, une seule foi et un seul baptême ; cela est si évident, que les personnes qui ont un peu de jugement n'en doutent point.
Ecoutez à ce propos les deux traits suivants :
N<^ 182 (bis). — UN CATOOLIQUE, UN PROTESTANT ET UN JUIF.
Dans un compartiment de chemin de fer, un vénérable prêtre catholique avait pour voisin un petit vieillard, vif, sobre en paroles et de manières distinguées.
En face était un ministre évangélique qui cherchait à capter la confiance du rabbin, mais ce dernier faisait peu de cas de lui.
On attendait le départ du convoi. Le protestant se mit à dire d'un air fanfaron : « Voici un rabbin, un missionnaire apostolique et un ministre de la réforme ; lequel de nous trois est dans le vrai ? » Le prêtre, ennuyé de cette indiscrète demande, faisait minede descendre pour chercher un autre compartiment ; mais le rabbin lui prit courtoisement la main et lui dit en souriant: « Veuillez rester, je vais répondre pour vous » ; et se tournant vers le ministre: « Écoutez-moi bien : si le Christ est venu, monsieur l'abbé a raison ; s'il n'est pas venu, je suis dans le vrai, et dans tous les cas, vous avez complètement tort, n
Le pétulant ministre s'adressa alors à un petit chien qui donnait pelotonné sur les genoux du talmudiste : Serais-tu par hasard, un rabbin, toi aussi?
— Non pas, riposta son maître ; il mange du porc : il n'est donc pas juif ; il fait gras le vendredi : il n'est pas non plus catholique ; il ne peut être que protestant... puisqu'il dort pendant le sermon. »
Le luthérien, à ces mots, fait une mine assez semblable à celle d'un patient qui voit trente-six chandelles. (Traduit de Elancora de Plama, par L. B. H.)
« Je n'aime pas ceux qui changent de religion, disait un prince protestant d'Allemagne à M. le comte de Stolberg nouvellement converti. — Ni moi non plus, répondit le docteur; car si mes ancêtres n'en avaient pas changé je n'aurais pas eu besoin de revenir au catéchisme. » Cela est bien vrai : un protestant qui se fait catholique ne change pas de religion, il ne fait que rentrer dans celle que ses pères avaient eu le tort de quitter.
N° 183. — LES SECTES REfcIGIEUSES n'ONT PAS TOUTES LES MARQUES DE LA VÉRITABLE ÉGLISE.
D'abord les protestants n'ont aucune unité. Depuis leur origine, ils n'ont cessé de varier dans leur doctrine et tous les jours iis se divisent en une multitude de sectes qui se contredisent et se condamnent mutuellement; fidèles à leur principe fondamental du libre examen, ils en sont venus au point de nier la plupart des dogmes que Luther et Calvin ne s'étaient pas cru le droit de contester. Aussi un des plus grands zélateurs de la réforme disait : « Depuis longtemps il y a des protestants, mais il n'y a plus de protestantisme . » Ils sont d'ailleurs sans autorité et sans chef et par conséquent sans aucun centre d'unité. Il en faut dire autant des Grecs. Les uns reconnaissent pour chef le patriarche de Jérusalem, les autres celui de Constantinople; et tous ces patriarches sont entièrement indépendants les uns des autres. Les Moscovites ne reconnaissent d'autre chef que l'empereur de Russie. 11 n'y a donc chez les Grecs aucun centre d'unité.