‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 15 sur 318 · N° 10. — M. ODILLON BARROT ET LE CATÉCHISME · texte numérisé non relu

N° 10. — M. ODILLON BARROT ET LE CATÉCHISME

Le bruit qui se fait autour des Manuels d instruction civique, nous rappelle un trait qui remonte à quelques années eh arrière et qui emprunte aux débats du moment un grand caractère d'actualité.

Sur la fin de sa carrière, dans les nombreuses promenades qu'il avait l'habitude de faire à Villefort, M. Odilion Barrot ne manquait guère de s'informer des heures du catéchisme et d'y assister.

Les ecclésiastiques qui desservaient alors la paroisse ont vu bien souvent pendant qu'ils faisaient réciter la lettre du catéchisme, ou qu'ils l'expliquaient, à quelques pas des enfants, leur grave auditeur, sérieux et recueilli, écoutant avec une attention imperturbable.

Votre présence à notre catéchisme est très flatteuse pour nous, disait un jour à l'illustre homme d'État un jeune vicaire, mais je dois vous avouer...

— Qu'elle vous surprend, répondit vivement l'ancien ministre de Louis-Philippe? Eh bien, monsieur l'abbé, je vous confesse que ces entretiens ont pour moi un charme inexprimable ; votre enseignement est plein d'idées justes et saisissantes ; chaque fois que j'entends réciter ce petit livre, j'apprends toujours quelque chose que je ne connaissais qu'à moitié, ou que je ne connaissais pas du tout, ou que f avais peut-être oublié...

Que d'hommes, en notre siècle, seraient étonnés d'être si rapprochés de l'Église, s'ils prenaient la peine de relire leur catéchisme sans préjugés, jusqu'au bout !

N" 11. — CHANTEBEL LE VENDÉEN,

C'était dans l'héroïque Vendée, à l'époque sanglante delà Révolution. Un jour, les jacobins arrivent au village du Chêne, près de Martigné, chez un brave fermier appelé Chantebel. On découvre dans sa chaumière un catéchisme. Chantebel est arrêté sur l'heure ; mais, d'un mouvement rapide, il a saisi son petit livre, et, de ses mains robustes, rien ne peut l'arracher. Alors on décide de l'emmener à Martigné, où le Comité révolutionnaire le condamne à brûler son catéchisme en place publique. « Mon catéchisme est bon, dit Chantebel, il faudra me brûler moi-même, avant qu'on le détruise. » On l'entraîne alors dans les rues de Martigné, au milieu des huées féroces, mais rien ne trouble son visage ni son cœur. Sa femme, digne compagne du vaillant chrétien, marchait à ses côtés en lui disant : « Tiens ferme, mon ami,

c'est pour le bon Dieu. » Chantebel tint si ferme que la horde impie fut obligée de céder, et il revint au village comme en triomphe, avec son catéchisme. {Bulletin de Saint- François de Sales.)

Page 1