INFAILLIBILITÉ PONTIFICALE
Sommaire doctrinal.
Si le souverain pontife peut errer comme simple particulier et docteur privé, l'Eglise déclare qu'il ne le peut lorsqu'il parle comme docteur universel, définissant ex cathedra, c'est-à-dire en vertu du pouvoir suprême transmis à Pierre d'enseigner l'Eglise. Alors il est absolument infaillible dans les décisions des controverses relatives à la foi et aux mœurs. Celte vérité a été définie comme dogme de foi au concile du Vatican, le 10 juillet 1870. Elle est clairement confirmée par l'Evangile. Quoi de plus clair, en effet, que les paroles suivantes : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elles. » (Math, xvi, 18).
» Simon, Simon, Satan a demandé à vous cribler
comme on crible le froment ; mais j'ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille point. Tourne-toi donc vers tes frères et confirme-les. » (Luc. xxn, 31). « Pais mes agneaux, pais mes brebis. >• Dès lors, dit saint Liguori, que saint Pierre est la pierre et le fondement de l'Eglise, il s'en suit qu'il ne peut faillir, car si le fondement était sujet à faillir, l'Eglise pourrait un jour subir le même sort, et voilà ce qui est impossible, vu la promesse énoncée dans le même texte : « Les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. » Si saint Pierre ne peut pas faillir, les pontifes, ses successeurs, ne le peuvent pas davantage ; car Jésus-Christ ayant une fois promis que l'enfer ne prévaudrait jamais contre l'Eglise, la promesse doit nécessairement être considérée comme faite pour toujours, aussi longtemps que durera l'Eglise. »
N" 195. — FÉXELON.
Fénelon, l'illustre archevêque de Cambrai, nous a donné un bel exemple de soumission aux décisions du Saint Siège. Il avait été accusé, par plusieurs évêques de France, d'avoir inséré dans un ouvrage ascétique intitulé: ExpUcoAion des maximes des Saints^ plusieurs propositions dangereuses en matière de religion. D'abord il défendit son ouvrage, mais n'ayant pu changer l'opinion de ses adversaires, il s'en remit, à la décision du Pape. Le livre, examiné par une commission de cardinaux, donna lieu à de longues discussions ; mais enfin la condamnation fut prononcée par Innocent XII, et Tarchevêque de Cambrai en reçut la nouvelle au moment de monter en chaire. Il annonça
lui-même la condamnation de son propre ouvrage. « J'adhère de toute mon âme au bref de notre Saint Père le Pape, dit-il, je vous exhorte de tout cœur à une soumission semblable et à une docilité sans réserve à l'égard du Saint-Siège. «
n° 196. — zèle de saint aphraate pour défendre l'église.
L'Eglise est notre mère, si nous avons pour elle l'amour de fils bien nés, nous ne souffrirons pas qu'on l'insulte et qu'on l'outrage en notre présence. C'est ainsi qu'ont toujours agi les bons chrétiens et les saints en particulier; en voici une preuve frappante.
Un solitaire, nommé Aphraate, vivait retiré dans sa profonde solitude depuis de longues années, quand il apprend que Valens, empereur de Gonstanlinople, devenu Arien, persécute à outrance les catholiques. Il quitte alors sa retraite et se mêle parmi les fidèles pour les encourager à résister à l'hérésie. L'Empereur l'ayant rencontré lui demanda : « Où allez-vous? — Je vais, répondit le solitaire, offrir le saint sacrifice pour le salut de l'Empire. — Mais, reprit l'empereur, ne feriez-vous pas mieux de l'offrir dans votre cellule, selon la coutume des solitaires ? — Oui, prince, je l'aurais fait si vous ne m'en aviez empêché; mais, maintenant que le troupeau de Jésus-Christ est menacé d'être dévoré parle loup de l'hérésie, j'ai dû tout quitter pour voler à son secours. Vous avez mis vousmême le feu à la maison de Dieu, il est du devoir de tous les catholiques d'y courir pour l'éteindre. » Cette parole énergique étonna l'empereur.