‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 159 sur 318 · N" 199. — COMMUNICATIO>' EMRE LES FIDÈLES ET LES SAINTS DC CIEL · texte numérisé non relu

N" 199. — COMMUNICATIO>' EMRE LES FIDÈLES ET LES SAINTS DC CIEL

Saint Fructueux ne cessait de prier pour toute l'Eglise. Condamné à la peine du feu, il ailait souffrir ce cruel martyre, lorsqu'un chrétien, prenant la main du saint, lui dit ; « Je tous supplie de vous souvenir de moi devant Dieu. — Je dois songer à toute TEglise catholique, de l'Orient à l'Occident, lui répondit le saint martyr. »

Saint Polycarpe priait jour et nuit pour l'Eglise catholique, répandue sur toute la terre.

Mais c'est suitout du haut du ciel que les saints font sentir l'effet de leurs prières et de leur intercession en notre faveur. En 1089. une maladie conta gieuse, connue sous le nom de feu sacrée ravageait plusieurs provinces de France. Des pèlerins vinrent à Arles prier devant les reliques de saint Antoine; ils furent guéris, et le bruit de ce miracle attira devant ^es saintes reliques un immense concours. La France entière implora la protection de saint Antoine contre le redoutable fléau, et le nom de feu saint Antoine^ sous lequel on désigna plus tard cette maladie, est un monument populaire du secours accordé à notre patrie par l'intercession de ce grand saint. (F/e t/e Saint- Antoine.)

N° 200. ■— RAPPORTS avec le ciel.

L'an 304, au plus fort de la persécution de Dioctétien, on arrêta une Yierge chrétienne, nommé Dorothée, parce que, disait-on, elle empêchait les chré-

SUR LA DOCTRINE CHRETIENNE i93

tiens d'obéir aux édits des empereurs. Quand elle fut au tribunal de Fabrice, gouverneur de Césarée, en Cappadoce, celui-ci lui demanda pourquoi elle refusait d'adorer les dieiix de l'empire. « Parce que, répondit-elle, on ne doit adorer que le vrai Dieu. — Obéissez, si vous voulez sauver votre vie, lui dit le gouverneur! — Je ne crains ni les tourments ni la mort; mon plus grand désir est de donner ma vie pour Celui qui m'a rachetée au prix de tout son sang. » — La sainte fut invincible, et Fabrice la condamna à avoir la tête tranchée.

Comme on la menait au supplice, un jeune avocat, nommé Théophile, grand ennemi des chrétiens, lui dit avec raillerie : « Je vous prie, épouse de Jésus- Christ, de m'envoyer des fleurs et des pommes du jardin de votre époux, quand vous y serez arrivée. — Je le ferai, répondit la jeune martyre. » Quand Dorothée eut reçu le coup de la mort, un enfant se présenta devant Théophile et lui ofi'rit trois roses fraîches et trois pommes fort belles. « Voilà, dit-il, ce que la Vierge Dorothée a promis de vous envoyer du jardin de son époux. » C'était en une saison où toute la Cappadoce était couverte de glace. Théophile, stupéfait, reçoit dans ses mains les roses et les pommes, les considère un moment et s'écrie : Vraiment le Christ est Dieu ; il est le Dieu qui ne trompe pas. » Peu de temps après il fut conduit au supplice et devint un des glorieux martyrs de la foi dont il s'était moqué.

Page 1