N° 205. — LE BRIGAND DAVID
L'histoire de Thaïs nous rappelle celle d'un chef de brigands, appelé David. Dieu ayant touché le cœur de David, il vint heurter à la porte d'un monastère, demandant à grands cris d'y faire pénitence. On ouvre; on lui donne l'habit, et, après s'être confessé, il se livre aux plus rudes austérités. Le jour, la nuit, il criait sans cesse : Miséricorde! mon Dieu! ayez pitié de moiflX s'accusait de ses péchés passés tout haut, et avec tant de larmes et de repentir qu'on, crut quelquefois qu'il en mourrait. Après avoir passé plusieurs années dans cette rude pénitence, une voix céleste lui dit un jour : David, tous tes péchés te sont remis! (BoLLAND., Acta Sanctor., 26 juin.)
N° 206. — LES PREMIÈRES LARMES d'uN CONDAMNÉ A MORT.
Un prêtre sortait dune grande prison de Paris, lorsqu'un des gardiens lui dit :
— Nous avons ici un homme condamné à mort; plusieurs de vos confrères ont essayé de lui parler de religion, et il les a repoussés... il est furieux, il veut se briser la tête contre les murailles, il a fallu le mettre au cachot ; voulez-vous le voir?
— Oui, bien volontiers, répondit le prêtre.
On le conduisit par un corridor sombre et souterrain; la porte s'ouvrit devant lui, et il vit up malheureux couché sur un lit de fer, enveloppé dans une chemise de fer. A la vue d'une soutane, ses yeux s'enflammèrent, et il jeta cette parole au prêtre :
— Que venez-vous faire ici, malheureux prêtre? n'ai-je pas dit que je ne voulais pas me confesser? sortez, sortez !
— Mais, mon ami, lui répondit le ministre de Dieu, je ne viens pas pour vous confesser malgré vous ; vous êtes seul, vous devez vous ennuyer beaucoup et je viens vous consoler un peu.
— A la bonne heure, lui fut-il répondu, vous m'avez l'air d'un brave homme ; asseyez-vous là.
Et il lui montra une grosse pierre qui était dans le coin du cachot.
Le prêtre ne se le fit pas dire deux fois ; il accepta le siège. Le prisonnier lui raconta son histoire : c'était un jeune homme issu d'une honnête famille mais dont l'éducation religieuse avait été complètement négligée. Depuis l'âge de douze ans, il courait le monde; il avait commis tant de crimes qu'il s'était fait condamner à mort. Quand il eut achevé son histoire, le prêtre essaya de la lui faire raconter de nouveau en forme de confession. 11 s'en aperçut, et voilà une explosion d'horribles blasphèmes qui s'éch ippent de sa poitrine. Il ne fut possible d'obtenir de lui que a promesse qu'il réciterait chaque jour la prière : Souvenez-vous^ à très pieuse Vierge Marie... Bien des fois le prêtre revint, et ses visites étaient toujours stériles; ce malheureux était persuadé que ses crimes
étaient trop grands, qu'il n'y avait plus de miséricorde pour lui, qu'il n'y avait pas de bon Dieu, comme il le disait, capable de lui pardonner. Un jour, pourtant, qu'il racontait de nouveau son histoire, le prêtre qui élait devenu son ami, l'interrogea comme on interroge quelqu'un qui se confesse. Il s'en aperçut et se laissa faire.
Quand il eut tout déclaré, le prêtre lui dit :
— Votre confession est faite maintenant, il ne reste plus qu'à vous repentir.
Alors il le prend, il le met à genoux sur son lit, il appelle les bénédictions de Dieu sur sa tête, il le conjure de détester ses fautes, quand il entend un profond soupir s'échapper de sa poitrine, qui est bientôt suivi de ces paroles :
— Oh 1 oui, je me repens ! que vous êtes bon, que vous m'avez fait de bien ! vous m'avez lire un poids de plus de quatre cents livres de dessus le cœur ! — Puis essuyant avec sa main une larme qui tombait de ses yeux : — Que c'est drôle, dit-il, je pleure ! moi qui n'ai jamais pleuré; j'ai vu mourir ma pauvre mère que j'aimais; j'étais peut-être cause de sa mort, et je n'ai pas pleuré; je me suis entendu condamner à mort et je n'ai pas pleuré ; tous les matins, quand je voyais le soleil paraître à ma lucarne, je me disais : C'est peut-être pour la dernière fois, et je ne pleurais pas, mon père, et je pleure aujourd'hui! Oh! que Dieu est bon et que la religion est belle ! Que j'ai de douleur ne pas les avoir connus plus tôt ! je n'en serais pas là.
Et puis, tombant sur son lit à genoux, il prend le prêtre par la soutane et lui dit :
— Mettez-vous là, à côté de moi, et prions ensemble car si je prie seul, Dieu n'écoutera pas un homme comme moi.
Le prêtre se jeta à genoux, tous les deux pleuraient, et quelques jours après, ce malheureux jeune homme, résigné et repentant, portait sa tête sur l'échafaud. [Bulletin de saint François de Sales.)
ONZIÈME ARTICLE DU SYMBOLE La Résurrection de la chair.
Sommaire doctrinal.
Après la mort, le corps sera confié à la terre ; mais il n'y demeurera pas toujours, car au dernier jour Dieu le réveillera et le réunira à Tâme dont la mort l'avait séparé. Ce dogme de la résurrection générale est fondé sur l'autorité des saintes Écritures : Jésus-Christ l'enseigne clairement par ces paroles : « En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient où les morts entendront la voix du Fils de Dieu : ceux qui sont dans les tombeaux en sortiront, les bons pour ressuciter à la vie et les méchants pour ressusciter à la condamnation. « (Saint Jean v, 25). Ce dogme est exprimé dans le Symbole des Apôtres : « J'attends la résurrection des morts. » Or, les articles du Symbole sont autant de points de foi que tous les chrétiens sont obligés de croire sous peine de damnation. Enfin il est fondé sur la croyance universelle: le saint homme Job, au milieu des peuples idolâtres, se
consolait dans ses peines par la foi à la résurrection future. C'était la croyance des patriarches, ce qui prouve qu'elle remonte à la révélation primitive. La même foi existait chez les Juifs, qui l'avaient apprise du livre de Job et des oracles de leurs prophètes. Enfin la croyance de l'Eglise sur ce point est constamment demeurée inviolable. La résurrection des corps s'opérera par la toute puissance de Dieu.