‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 174 sur 318 · N° 225. — MORT DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

N° 225. — MORT DE VOLTAIRE

Voltaire, le coryphée des antichrétiens du siècle dernier, s'était moqué de toutes les vérités de la religion. Le 25 février 1758, il écrivait à d'Alembert : « Dans vingt ans Dieu aura beau jeu. » Or, c*est en effet le 2 février 1778 qu'il fut frappé des vomissements de sang qui le conduisirent au tombeau. La violence du mal lui fit aussitôt démentir sa profession d'incrédulité. 11 fit appeler près de son lit de douleur un de ces prêtres qu'il avait outragés et calomniés dans ses écrits, l'abbé Gauthier, vicaire de Saint-Sulpice ; il déposa entre ses mains la rétractation authentique de ses scandales, se promettant d'achever le grand ouvrage de sa réconciliation avec Dieu. Mais ses amis ne permirent point au prêtre de revoir le malade. Le philosophe a beau crier ; « Un prêtre, vite un prêtre », et le ministre de la miséricorde n'arrive pas. Alors le malheureux blême, et tremblant, entre dans les convulsions du désespoir : « Je suis donc abandonné de Dieu et des hommes, s'écrie-t-il. » Dans sa rage, il se tourne en tout sens ; il se déchire et dévore ses excréments. Son dernier soupir fut celui du désespoir.

Le maréchal de Richelieu, témoin de ce spectacle épouvantable, ne put s'empêcher de dire : « En vérité, cela est trop fort, on ne saurait y tenir. »

R° 226. — Ll- TOUR DE DIEU.

Je me rirai à la mort de ceux qui se seront ri de moi durant leur vie. D'Alembert, l'un des philosophes les plus hostiles à la Religion, avait assisté à la mort de Voltaire, et il avait eu la cruauté de s*opposer à ce qu'un prêtre vînt le confesser. Lorsque lui-même fut frappé d'une cruelle maladie, il sentit si vivement Taiguillon du remords, qu'il envoya chercher en toute hâte le curé de Saint-Germain l'Auxerrois. Condorcet, l'un de ses amis, sortit pour faire semblant d'y aller, puis il revint au bout de quelques inslants, en disant que le curé viendrait bientôt; c'était un mensonge puisqu'il n'avait pas été le chercher. Mais d'Alembert, ne pouvant attendre, renvoya de nouveau cet ami perfide, qui sortit encore, se promena quelque temps puis rentra en répétant que M. le curé ne tarderait pas, mais que pour le moment il se trouvait empêché. C'était encore un mensonge; le misérable se jouait de d'Alembert. Celui-ci, qui était en proie aux plus effrayantes angoisses, envoya un billet par un domestique fidèle ; mais hélas! il n'était pas encore de retour que le mourant avait rendu le dernier soupir, [Catèch. de Guillois.'

N" 227. — MORT DE COLLOT d'HERBOIS.

Il est horrible de tomber entre les mains du Dieu

vivant. Pour s'en convaincre, il suffirait de se rappeler les scènes de désespoir qui ont accompagae la mort de quelques grands criminels.

Collot d'Herbois avait joué le rôle le plus exécrable pendant la Révolution. Devenu représentant du peuple, pendant le règne de la Terreur, il fit massacrer les Lyonnais par centaines. Les complices mêmes de ses crimes le regardèrent comme un homaie si dangereux, qu'ils crurent devoir l'exclure de la société, en le reléguant dans les déserts de la Guyane. Déporté dans cette contrée tropicale, il se regardait comme le plus malheureux de tous les hommes. « Je suis puni, s'écriait-il quelquefois ; l'abandon où je me trouve est un enfer. « Attaqué d'une fièvre inflammatoire, on voulut le transporter à Cayenne. Les nègres chargés de cette commission le jetèrent au milieu de la route, la face tournie vers un soleil brûlant. Ils disaient dans leur langage : Nous ne voulons pas porter ce bourreau de la religion et des hommes, i Qu'avez-vous ? lui dit en arrivant le chirurgien Guisoufs. — J'ai une fièvre et une sueur brûlantes. — Je le crois bien : vous suez le crime. » Il appelait Dieu et la sainte Vierge, lui qui s'en moquait quelques mois auparavant : — Ah ! mon ami, dit-il, ma bouche en imposait alors à mon cœur. Puis il s'écria : « Mon Dieu l Mon Dieu, puis-je encore espérer mon pardon? Envoyez-moi un consolateur, envoyez-moi un prêtre pour détourner mes yeux du brasier qui me consume. Mon Dieu, donnez-moi la paix ! » Le spectacle de ses derniers moments était si affreux, qu'on fut obligé de le mettre à l'écart. Pendant qu'on cherchait un prêtre, il expira, le 7 juin 1796, les yeux entr'ouverts,

les membres contournés, et la bouche pleine de flots de sang et d'écume. Son enterrement se fit avec une telle négligence, que les nègres fossoyeurs ne l'inhumèrent qu'à moitié. Son cadavre devint la pâture des pourceaux et des oiseaux de proie. (Mois de Marie du P. Rebussi.)

N° 228. — MORT d'un impénitent.

Un grand pécheur qui avait passé sa vie dans les plus graves désordres, reçut, dans sa dernière maladie, la visite d'un saint prêtre qui lui était attaché. Le ministre de la miséricorde, animé d'un vrai zèle, l'exhorte vivement à se confesser. Il répond peu de chose. Sur de nouvelles instances, il dit : a Pas aujourd'hui, mais demain. » Le lendemain, le prêtre étant seul avec le malheureux pécheur fait le sigae de la croix et veut commencer une confession; le malade reste quelque temps sans rien dire ; ensuite d'un ton de voix terrible, il prononce ces paroles effrayantes de l'Ecriture : « Peccator videhit et irascetur, le pécheur ouvrira les yeux et sera irrité » ; à l'instant il enfonce sa tête dans son lit, et se couvre le visage sans plus dire mot. Le confesseur le découvrant : « Une s'agit plus de différer, lui dit-il, mais de vous confesser sans délai. — Oui, mon père, je me confesserai », répond le malade ; alors il continue ce texte effrayant ; « Dentibus suis fremet et tabescet, le pécheur grincera des dents, il frémira de rage ».; puis il se cache et s'enfonce de nouveau dans son lit. Le confesseur le découvre une seconde fois et le conjure de penser à Dieu. « Oui, oui, mon père, confessons-nous, confessons-n^us,»

et pour la troisième fois il se couvra le visage en répétant ces paroles : Desiderium peccatorum peribit. Les désirs des pécheurs périront avec lui. » Le confesseur alarmé le découvre et le trouve mort.

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