N 243. — UNE AUMÔNE KT UNE MESSE
Le père Lacordaire raconte, dans une des lettres qu'il a écrites à une noble dame du monde, qu'un paysan de Pologne vint à mourir, étqu'il fut placé par la justice divine dans les flammes de l'expiation. Sa pieuse épouse ne cessait de prier pour l'âme de son cher défunt ; mais ne croyant pas ses prières assez efficaces, elle désira faire célébrer le saint Sacrifice de la Messe pour la délivrance de celui qu'elle pleurait. Mais hélas ! elle était pauvre, elle ne possédait pas le modeste honoraire qu'il est d'usage d'olTrir pour la célébration du saint Sacrifice. Elle se présente devant un riche personnage qui était philosophe, incrédule, et lui expose l'objet de sa demande; celui-ci lui fait l'aumône. La veuve aussitôt fait célébrer le saint Sacrifice de la Messe pour l'âme de son époux. Qu'arrivat-il? Quelques jours après, le paysan défunt apparut au riche bienfaisant : Je vous remercie, « lui dit-il, de Taumône que vous avez faite à mon épouse, et qui a servi à faire célébrer le saint Sacrifice de la Messe ; cette oblation a délivré mon âme du purgatoire où elle était détenue ; et maintenant, en reconnaissance de
■votre charité, je viens de la part de Dieu vous annoncer que votre mort est prochaine, et que vous devez vous réconcilier avec lui. » Et ce riche incrédule se convertit et mourut en effet dans les sentiments les plus chrétiens.