N° 297. — SAINTE PERPÉTUE
Une jeune femme romaine, riche etd'une naissance
illustre, se convertit au christianisme. Accusée, elle fut enfermée dans un cachot, avec son' petit enfant, qu'elle ne pouvait plus allaiter. Un jour, elle reçut l'ordre de comparaître devant le proconsul. Son vieux père et ses deux frères se mettent sur son passage : «Oh! ma fille, s'écrie le père infortuné, est-cebien loi? Dans quel état je te vois I Oh! je t'en conjure, prends pitié de ma vieillesse, ne me précipite pas dans la tombe, ne déshonore pas mes cheveux ^blancs, ma fille, renonce à Ion Christ, adore les dieux de la patrie. » Et le père, n'enlendant aucune réponse sortir des lèvres de Perpétue, le vieillard se jette à ses genoux, prenant ses mains dans la sienne: « Mafille, ditil, pense à ton enfant qui ne pourra plus vivre sans toi ; à ta mère, qui mourra de chagrin ; à ta famille éplorée î )) Et tout le peuple, témoin de ce déchirant spectable, s'écriait: « Jeune femme, aie donc pitié de ton vieux père! Vois ses cheveux blancs, ses yeux mouillés de larmes; renonce à ton Christ, adore les dieux de la patrie... » Et Perpétue, calme, majestueuse, répondit avec bonté : ■• >Je suis chrétienne. » Elle mourut pour Dieu.