N'' 298. — DEUX BEAUX EXEMPLES
Quand Heuri TllI, dégoûté d'une épouse vertueuse, voulut lui substituer uneétrangère, il n'y eut que deux hommes qui osèrent lui représenter les suites d'un mépris aussi scandaleux des lois divines et humaines. Elstolw, l'un des deux, répondit au monarque, qui voulait le faire jeter dans la Tamise : u Prince, réservez de semblables menaces pour les flatteurs, les riches
et les voluptueux, qui mettenl leur espoir en ce monde. Pour nous que Dieu en soit loué î Nous savons que le ciel nous est ouvert, et peu importe que nous y arrivions par terre ou par mer. »
N° 299. — Moucni. — sainte julite et son fils.
Le maréchal de France Mouchi, n'avait pas rougi de pratiquer publiquement, à la cour, tous les devoirs de la religion ; il ne cessa jamais de se montrer catholique. Condamné à mort par le tribunal révolutionnaire, il marcha au supplice avec ce courage -que la foi seule peut donner. Sur le point d'être exécuté, il s'écria du haut de l'échafaud : J'ai eu deux beaux jours dans ma vie : à quinze ans je montais à l'assaut pour mon roi, à quatre-vingts ans je montesur l'échafaud pour mon Dieu.
Sainte Julite, si connue par sa charité et ses autres vertus éminentes, devint veuve à l'âge de vingt-deux ans. Elle n'avait qu'un seul fils nommé Cyr. Cette mère admirable fut arrêtée comme chrétienne sous les persécutions de Dioctétien et de Maximien. Le juge nommé Alexandre, informé de sa haute naissance, la traita d'abord avec beaucoup de politesse et de bonté. « Quel est votre nom? lui dit-il. —Je suis chrétienne. — Quel est votre pays? — Je suis chrétienne. — A toutes les questions qu'il lui posa, elle ne répondit que par ces mots: « Je suis chrétienne ». Ce lanojage lui fît changer de ton et de manières. Outré de colère et de fureur, le gouverneur ordonna de lui enlever son enfant, de l'étendre sur un chevalet et de la frapper à coups de nerfs de bœuf. On eut beaucoup de peine à
arracher le jeune Cyr de ses bras. « Je veux, disait-il, rester et souffrir avec ma mère. » Le juge charmé de sa beauté le mit sur ses genoux pour le caresser, mais l'innocent enfant s'élançant fortement vers sa mère ensanglantée, égratignaitle visage dutyran etlui donnait des coups de pied dans la poitrine. Lorsque Julite au sein des tortures, s'écriait : « Je suis chrétienne », l'enfant répétait aussi : « Je suis chrétien. » Le gouverneur irrité de ses cris et des efforts qu'il faisait pour aller à sa mère, le saisit par les pieds, et l'élevant dans les airs le jeta violemment contre terre en disant : « Puisque tu es chrétie-n, meurs comme ta mère. » La tête de l'innocente victime se brisa et sa cervelle se répandit sur le parquet.
A ce spectacle déchirant, la courageuse Julite s'écrie : « Je vous remercie, ô mon Dieu d'avoir bien voulu recevoir mon fils dans le ciel. » Et comme au sein des tortures inouïes qu'on lui faisait endurer, un bourreau lui criait : Sacrifiez, Julite, sacrifiez. — « Non, je suis chrétienne et je veux mourir en chrétienne pour me réunir à mon fils. » Après cette réponse on lui trancha la tête et le ciel s'ouvrit pour recevoir cette belle âme et celle de son fils. (Vie des saints.)