N° 309. — DEUX ENFANTS DE PBÉDILECTION
A Marseille, un petit enfant de cinq ans était gravement malade, et ce qui rendait son mal plus difficile à guérir, c'est qu'il repoussait tous les remèdes prescrits par le médecin. Pour triompher de cette répugnance, sa pieuse mère usa d'une charmante indus-
trie, qui lui réussit à merveille. Elle lui dit, en lui présentant de la tisane : «• Si tu la bois, j'habillerai un petit pauvre de ton âge. » A ces mots, l'enfant se décida, il prit la tasse, mais il n'en but que la moitié. — <( Tu veux donc, reprit la mère, que je n'habille qu'à moitié le petit pauvre ? » Le jeune malade reprit tout de suite la tasse et l'acheva jusqu'à la dernière goutte.
Un autre enfant dit un jour à sa mère : a Maman, qu'est-ce qu'un sacrifice ? » La mère répondit :
— Ce serait par exemple, si, au lieu de dépenser en amusements la pièce de cinq francs que ta grand'maman t'a donnée, tu l'employais, pour l'amour de Jésus et de Marie, à soulager un pauvre sans pain ou sans vêtements. »
Le lendemain, cet enfant dit à sa mère : « Aujourd'hui, je veux faire un sacrifice, je veux donner ma pièce de cinq francs au petit pauvre malade chez lequel vous m'avez mené l'autre jour. — C'est très bien. »
Au déjeuner, le même enfant met de côté le gâteau de son dessert. — « Tu n*as plus faim? — Je garde mon gâteau pour le pauvre. — Mange celui-là; nous t'en donnerons un autre pour le pauvre. — Oh ! non, ce ne serait pas la même chose. — Gomment cela ! — Ce ne serait pas un sacrifice. »
Ces deux enfants ont dû être bénis de Dieu, et leurs mères ont dû être largement récompensées des soins qu'elles ont mis à, les bien élever.
N" 310. — LA SOUTANE DI^ l'ABBÉ BERNARD.
L*abbé Bernard tenait à ce que ses vêtements fus-
sent d'une parfaite propreté, mais c'était tout et il en prolongeait la durée au delà des bornes accoutumées, il était vicaire général depuis quelques années lorsqu'un jour, venu de Cambrai à Lille pour voir sa mère, celle-ci s'aperçut que sa soutane n'était pas de la première fraîcheur. « Charles, lui dit-elle, pourquoi portez-vous une soutane usée jusqu'à la corde? — Que voulez-vous ma mère, répondit-il gaiement, je n'ai pas d'argent pour la remplacer. •— Tenez voici cent francs pour en acheter une neuve. » Il prit l'argent, embrassa sa mère et se rendit au chemin de fer pour se rendre à son poste. A la gare, il vit un prêtre de Cambrai, qui attendait comme lui l'heure du départ, et dont il remarqua la tenue presque misérable. Il prit immédiatement deux billets, en donna un au pauvre prêtre, le fît monter près de lui dans un compartiment, et l'apostrophant, com.me sa mère l'avait apostrophé lui-mêuie, il lui dit : — Mais mon cher ami, vous avez là une soutane bien vieille et bien usée. — C'est vrai, monsieur Bernard, répondit humblement Tecclésiastique, mais je n'ai pas d'argent pour en acheter une autre. — Tenez, mon ami, voici cent francs qu'on vient de me donner; achetez-vous bien vite une autre soutane neuve. » Six semaines après, l'abbé Bernard vint revoir sa mère qui lui dit aussitôt (( Eh bien! vous voilà encore avecvotre soutane usée? Qu"avez-vous fait de l'argent que je vous avais donné? Ne craignez-vous pas défaire honte à votre famille? » Il lui raconta sa rencontre, sa compassion et commentla soutane neuve n'avait fait que changer d'ecclésiastique. « Vous n'en ferez jamais d'autres ! s'écria la bonne mère, moitié grondant, moitié pleurant. » Et de lui
répondre en souriant: a C'est votre faute. Pourquoi nous avez-vous élevés de la sorte ?» A une raison pareille, il n'y avait rien à répondre. Madame Bernard serra son fils dans ses bras, et elle alla elle-même lui acheter une soutane. {Bulletin de j^aint François de Sales.)
N° 311. — CHARITÉ ADMIRABLE d'uN ENFANT.
Un petit enfant appartenant à une famille pauvre allait tous les jours à l'école ; sa vertueuse mère, en l'envoyant chez les Frères, lui donnait un morceau de pain sec et un sou pour ajouter une petite douceur à son frugal repas. Le pauvre enfant déjeunait avec le pain et cachait mystérieusement au fond d'un meuble le sou de chaque matin. Un jour sa mère découvre ce trésor; inquiète sur son origine, elle demande à son fils d'où lui vient cet argent. « Maman, lui dit l'enfant, avec un charmant embarras, j'ai mis de côté tous les sous pour les donner aux pauvres, quand je ferai ma première communion. Touchante inspiration ! Ce petit ange voulait que les pauvres eussent part à son bonheur et que ce fut fête sur la terre aussi bien que dans le ciel, le jour où pour la première fois son cœur recevrait le bon Dieu.