N° 337. — RECETTE POUR CONFONDRE LES INCRÉDULES
Dans le palais de la princesse deLorena, se réunissait fréquemment une société composée généralement de personnes distinguées par leurs œuvres, leurs vertus ou leur position élevée.
Un jour, on y introduisit le célèbre M. d'Alembert, grand ami et collaborateur de Voltaire, dont il professait les doctrines qu'il désirait propager parmi ce beau monde. M. d'Alembert faisait parade de ses opinions anti-religieuses et il disait publiquement :
— Je suis le seul dans ce palais qui n'adore pas Dieu et ne croie pas en lui.
Justement offensée d'un si impudent dévergondage, la princesse de Lorena répliqua à l'instant :
— Non, monsieur, vous n'êtes pas le seul.
— Et qui donc, madame, et où sont-ils?
— Les chevaux et les chiens qui remplissent les écuries et les chenils de ce palais.
— Pourquoi m'assimilez-vous ainsi aux animaux sans raison?
— En effet, il n'y a pas de parité ; car bien qu'ils aient comme vous la disgrâce de ne pas connaître l'Être suprême, ils n'ont pas toutefois l'impudence de s'en glorifier.