‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 264 sur 318 · DU SACRILÈGE · texte numérisé non relu

DU SACRILÈGE

^^ommaire doctrinal .

On entend par sacrilège la profanation des choses saintes ou consacrées à Dieu. Le sacrilège peut avoir pour objet les personnes, les lieux ou les choses. Les personnes sacrées sont celles qui, par leur état, sont attachées au culte divin, comme les évoques, les prêtres, les diacres et les sous-diacres, ou les personnes qui sont consacrées à Dieu par les vœux de religion ou même par le vœu simple de chasteté. Les lieux saints sont ceux qui ont été consacrés ou bénits par l'évêque, ou avec sa permission par un simple prêtre, comme les églises, les chapelles, les cimetières. Les choses saintes sont les sacrements, les saintes huiles, les vases et les linges sacrés, les saintes Écritures, les reliques des saints, les croix, les saintes images, les ornements des prêtres et des autels. On profane les choses saintes en les employant à des usages différents de celui pour lequel elles sont destinées ou consacrées. Par leur consécration, elles appartiennent spécialement à Dieu et ont un rapport plus intime avec lui; c'est pourquoi il est juste qu'on ait pour ces choses un respect religieux. On se rend coupable de sacrilège contre les personnes quand on frappe un ecclésiastique, un religieux ou une religieuse, ou quand on commet un péché contre le sixième commandement avec une

personne sacrée ; les personnes sacrées elles-mêmes sont coupables de sacrilège lorsqu'elles tombent dans ce dernier péché. On commet un sacrilège à l'égard des lieux saints quand on en viole la sainteté par des actions contraires au respect qui leur est dû; comme de les brûler, de les piller, de les dévaster, d'y tenir des assemblées profanes et tumultueuses, de les souiller par un homicide, une effusion considérable de sang humain, des actions indécentes, la sépulture d'un infidèle.

On profane les choses saintes par un sacrilège, quand on reçoit ou qu'on administre un sacrement en état de péché mortel et toutes les fois qu'on fait servir les choses saintes à des usages profanes et contraires à celui auquel on les destine.

Le sacrilège est, de sa nature, un péché m.ortel contre la vertu de religion ; cependant il peut n'être que véniel à cause de la légèreté de la matière ou de l'imperfection du consentement. Dieu a toujours exercé de terribles vengeances contre les profanateurs audacieux des choses ou des personnes consacrées à son culte. Quelques traits historiques suffiront pour nous en convaincre.

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