‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 265 sur 318 · N° 340. -— LE SOLDAT MUTILÉ · texte numérisé non relu

N° 340. -— LE SOLDAT MUTILÉ

Heureux celui sur qui la vengeance divine s'exerce par des châtiments temporels et qui en profite sagement pour éviter les peines de l'éternité ! Au sortir de notre Révolution, un respectable ecclésiastique

travaillait au salut des âmes dans un hôpital et prodiguait les secours et les consolations de la religion aux nîalades et aux blessés qui s'y trouvaient en grand nombre. On lui parla d'un soldat dont la vie paraissait un prodige, dans l'état de mutilation où il était. 11 eut la curiosité de le voir. 11 s'approche, il aperçoit un homme dont la figure portait l'empreinte d'un grand calme. « Mon ami, lui dit-il, on m'a dit que vos blessures sont très graves. » Le malade sourit : « Monsieur, levez un peu la couverture. » Il la lève et recule d'horreur en voyant que cet infortuné n'a plus de bras, a Quoi ! lui dit alors le blessé, vous reculez pour si peu de chose! levez la couverture aux pieds. )) Il la lève et il voit qu'il n'a plus de jambes. « Ah î mon enfant, s'écrie le charitable ministre, combien je vous plains! )) — « Non, répond le malade, ne me plaignez pas, mon père ; je n'ai que ce que je mérite, c'est ainsi que j'ai traité un crucifix. »

Je me rendais à l'armée avec mes camarades, nous rencontrâmes sur la route une croix qui avait échappé à la fureur des patriotes ; aussitôt, on se mit en devoir de l'abattre, je fus un des plus empressés; je montai et, avec mon sabre, je brisai les bras et les jambes du crucifix et il tomba. A mon arrivée au camp, on livra bataille et dès la première décharge, je fus réduit à l'état où vous me voyez. Mais Dieu soit béni, qui punit mon sacrilège en ce monde pour m'épargner en l'autre, comme je l'espère de sa grande miséricorde. [Examens deVermot.)

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