N*" 372. — LE NOMBRE TREIZE
Le président du parlement de Rouen ne pouvant se résoudre à se mettre à table parce qu'il se trouvait le nombre treize, il fallut faire venir une autre personne afin de porter à quatorze le nombre des convives. Alors il soupa tranquillement, mais à peine fut-il sorti de table qu'il fut saisi d'une apoplexie, dont il mourut sur-le-champ. Dieu ne punit pas toujours les superstitieux d'une manière aussi sensible ; mais on ne peut douter qu'il ne les ait en horreur. « Seigneur, ditle psalmiste, vous haïssez ceux qui observent des pratiques vaines et inutiles. » (le P. Lebrun.)
SECOND COMMANDEMENT DE DIEU Dieu en vain tu ne jureras ni autre chose pareillement.
Sommaire doctrinal.
Si îe premier commandement nous oblige à honoler Dieu extérieurement et intérieurement, le second nous défend de rien faire contre son honneur. Il nous prescrit au contraire de respecter son Nom parce que le nom du Seigneur est saint et terrible. Il est digne de notre vénération et de tous nos hommages. « A ce Nom, dit le grand Apôlre, tout genou doit fléchir dans le Ciel, sur la terre et dans les enfers. » Prononçons le donc avec respect.
On honore le nom de Dieu par le jurement ou le serment. Le jurement ou serment est une invocation expresse ou tacite du nom de Dieu en témoignage de la vérité. 11 est donc un acte de religion par lequel on rend hommage à la puissance, à la sainteté et à l'infaillible véracité de Dieu. Par le serment on confesse que Dieu connaît parfaitement ce qu'il y a de plus caché dans le cœur de l'homme, et l'on a recours à son témoignage comme à celui du souverain Maître de tout.
Le serment est affirmatif quand on prend Dieu à témoin d'une affirmation qui a pour objet une chose présente ou passée. Il est projiiïssoire quand on prend Dieu à témoin de la sincérité d'une promesse; il est comminatoire, quand, à la promesse, on joint une menace ; enfin il est imprécatoire lorsqu'on prenant
Dieu comme témoin, on l'appelle en même temps comme juge : Si cela n'est pas que Dieu me damne... Que je meure sur le coup...
Le serment peut se faire par paroles, ou par signe ou par écrit. On jure par exemple, en levant la main, en la portant sur l'Evangile.
Le serment est donc un acte de religion et par conséquent licite ; toutefois, pour qu'il soit religieux et licite, il doit avoir trois condilions : la vérité, le jugement et la Justice. Jurer sans l'une ou l'autre de ces conditions c'est jurer en vain et par conséquent aller contre la défense du second commandement qui nous dit : « Dieu en vain tu ne jureras ni autre chose pareillement. »
i" On jure contre la vérité quand on affirme par serment ce qu'on sait être faux, ou ce qu'on juge témérairemxBnt être vrai, ou ce dont on n'est pas certain. C'est encore jurer contre la vérité que de promettre avec serment ce qu'on n'a pas la volonté d'exécuter, ou ce qu'on prévoit ne pouvoir accomplir. Le serment contraire à la vérité est proprement le parjure. II est toujours péché mortel quand il est fait avec un plein consentement ; car c'est faire une grave injure à Dieu que de l'invoquer comme témoin d'un mensonge.
2° Le jurement est sàus jugement, lorsqu'il est fait sans discernement ou sans un grave motif d'utilité ou de nécessité ou pour assurer des choses de peu d'importance. Il se nomme alors jurement indiscret.
II y a obligation de jurer, quand un supérieur ou un juge, usant légitimement de son autorité, commande de prêter serment.
388 i>;sTRUCTioNS sommaires
3° Le serment est contre la justice, quand la chose que l'on affirme ou que l'on promet est mauvaise, illicite ou injuste, par exemple de se venger, de ne pas aller à la messe, à confesse, de voler, de tromper, etc.