‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 298 sur 318 · N° 383. — HORREUR DES BONS CHRÉTIENS POUR LE BLASPHÈME · texte numérisé non relu

N° 383. — HORREUR DES BONS CHRÉTIENS POUR LE BLASPHÈME

L'auteur de VEssai sur le blasphème rapporte que monseigneur Jauffret, évêque de Metz, mort en 1821, avant d'être élevé à l'épiscopat, exerçait vers la fin de la révolution le saint ministère dans un gros bourg du département du Var. Entendant un jour avec douleur retentir à ses oreilles des blasphèmes contre Dieu, il demanda £n gémissant à deux vieillards, si dans leur jeune âge on vomissait de pareilles horreurs. Ces bons octogénairesrépondirent,qu'avantrannéel745,il était inouï qu'on eût blasphémé le nom de Dieu dans tout le pays. Ils se rappelèrent alors l'un à l'autre une scène dont ils avaient été les témoins et la racontèrent à l'abbé Jauffret.

C'était la coutume dans ce bourg de se rassembler sur une grande place pour jouer, les dimanches et les jours de fête, après vêpres. Un certain jour, il se trouvait parmi les joueurs un homme sans aveu et qui, pour sa mauvaise conduite, était connu sous l'infâme surnom de Pierre-le-damné. Le jeu ne lui réussissait pas à son gré, et il jura le nom de Dieu. Comme autrefois, du temps de Moïse, tous les assistants frémirent d'horreur. ({ Il a juré le nom de Dieu, s'écria-t-on. Il va attirer sur nous les malédictions du ciel. » Après avoir délibéré sur le châtiment qu'on doit lui infliger^ on le saisit, on le plongea dans le bassin de la fontaine, et on le mena à travers la foule indignée devant le portail de l'église, puis devant toutes les croix qui se trouvent dans les environs; et à chaque station, on le fit mettre à genoux et faire amende honorable à Dieu de l'offense qu'il avait commise contre son infinie majesté. Quand il eut terminé cette course d'expiation, en butte aux avanies de la multitude justement irritée, il fut conduit hors du bourg. Là, après l'avoir encore châtié une dernière fois, on lui conseilla de quitter pour jamais le pays, où il ne reparaîtrait pas impunément. Il s'éloigna, en effet, des lieux qu'il avait si atrocement scandalisés, et on ne l'y a plus jamais revu.

No 384. — l'enfant blasphémateur.

Dans le département de llsère, un père de famille bien connu par ses blasphèmes, avait un fils de trois ans qu'il aimait beaucoup, mais d'un amour qui n'était nullement chrétien. Cet enfant très ouvert et bien

portant a été enlevé par une mort tout à fait tragique. Voici le fait : Dans une réunion où tout le monde parlait avantageusement de ses qualités physiques, le père se mit à dire : « Ah ! celui-là ne se laissera pas faire tort. — Allons, mon fils, fais voir à cette assistance que tu es un homme ; dis comme moi. » Aussitôt ce misérable se met à dérouler une longue série de blasphèmes tous plus affreux les uns que les autres. L'enfant les redit. « Encore une fois et crie plus fort. » L'enfant recommence et après quelques blasphèmes il pousse un cri et expire. C'est ainsi que Dieu punit, non l'enfant mais son indigne père.

Page 1