N" 389. — UN BLASPHÉMATEUR CONTRE LA SAINTE- VIERGE
Le journal VUnivers, dans son numéro du 21 mars 1855, raconte le fait suivant: A Berchtesgaden, dans le Tyrol, un jeune homme, fier de sa fortune et de sa naissance, se mit à plaisanter et à blasphémer, en plein café, sur l'Immaculée Conception de Marie. La justice de Dieu ne tarda pas de venger l'honneur de la Vierge immaculée. Quand le jeune impie eut assez plaisanté et ricané, il quitta ses compagnons et monta à cheval pour s'en retourner chezlui. Ilavaitàpasserprèsd'une statue de la Vierge, placée au bord du chemin, comme on en voit beaucoup dans ce pays plein de foi et de. piété. Or, au moment même où il arrivait près de l'image de Marie, son cheval fait un écart et le jette avec tant de force contre le piédestal de la statue, qu'il fut trouvé à la même place sans connaissance, la poitrine enfoncée et baignant dans son sang. Il mourut le surlendemain sans avoir pu recouvrir l'usage de ses facultés.
No 390. — BLASPHÉMATEURS, ON VOUS ENTEND 1
Non loin de Notre-Dame de la Salette, dans un pays dont pas un habitant n'oserait nous donner un
démenti, il sepassait, il y a un an, unerévoltante scène dans les ombres delà nuit, Dieu merci. X... rentrait du cabaret dans une exaltation causée par les discours impies qui avaient assaisonné les libations obligatoires X... tapagea, battit les innocents du foyer; mais s'en tenirlà eût été trop insignifiant. Il avisa, appendu près dufoyerconjugal, un crucifix du bon vieux temps. Cette vue l'exaspéra. 11 se mit à expectorer contre l'image sainte tous les blasphèmes que peut dicter l'enfer. Etait-ce assez? Non. — Ah f tu ne me réponds pas?... C'est sans doute que tune vois pas qui te parle... Attends, je vais te faire une illumination... Et l'impie rassembla devant le Christ tout ce qu'il trouve chez lui de flambeaux. — Le Christ resta muet, comme sous les sarcasmes des Juifs. — De plus en plus furieux, X... s'arme alors de la pointe d'un couteau, et joignant l'action aux paroles : — Ah! tes yeux ne te servent donc de rien? Eh bien, je vais t'en débarrasser! » Et, avec un ricanement féroce, il fora les yeux du crucifix... Il eut le courage de dormir là-dessus...
Mais le lendemain, une douleur poignante s'installa dans les yeux du malheureux... On eut recours au docteur... puis à l'Hôtel-Dieu de Lyon... La Mère qui pleure n'avait pu retenir le bras de son Fils. X... revint de Lyon complètement aveugle. Et maintenant il mendie de porte en porte, conduit par son petit enfant, le pain qu'il savait honnêtement gagner, avant qu'il n'eût déclaré la guerre au Christ. — Heureux X..., s'il a compris « que Dieu ne frappe que ceux qu'il aime ». (Bulletin de saint François de Sales.)
N'^SSl. — REMÈDE CONTRE LE BLASPHÈME.
Un officier supérieur étant en Afrique tomba malade. Il fut immédiatement porté dans un hôpital tenu par des religieuses. Gomme son grade lui donnait droit à une infirmerie spéciale, la supérieure chargea donc une jeune religieuse du service de ce malade. Le soir de la première journée, la religieuse tout en larmes demanda à sa supérieure de la remplacer, disant que le colonel n'avait cessé durant toute la journée de proférer d'horribles blasphèmes. La supérieure lui dit : « Désormais, je donnerai moimême les soins au colonel. » Le lendemain, la supérieure ne tarda pas à se convaincre de la vérité du récit de la jeune postulante.
Après un moment de crise violente où le colonel avait lancé une bordée d'affreux blasphèmes, la supérieure qui lui prodiguait les soins les plus minutieux et les plus tendres, lui dit avec des larmes dans les yeux : « Je suis surprise, colonel, qu'un homme bien élevé comme vous profère des blasphèmes comme ceux que je viens d'entendre, » et elle lui raconta comment la jeune novice avait refusé de revenir près de lui. Le colonel s'excuse, demande pardon et déclare qu*il s*en veut à lui-même de cette mauvaise habitude qu'il a contractée étant jeune ; qu'à différentes reprises il a tenté de se corriger, mais qu'il n'y a jamais réussi et que de guerre lasse il y a renoncé.
((Vous n*avez pas pris le bon moyen, mon colonel, sans quoi vous auriez parfaitement réussi, dit la su-
périeure. Si vous voulez me promettre de remplir les conditions que je vais vous imposer, je vous assure que d'ici peu de jours vous serez débarrassé de votre mauvaise habitude. » — « Soit, dit le colonel, et si vous y parvenez, vous aurez fait un petit m^iracle. J'accepte toutes les conditions que vous m'imposerez. » 11 ne se doutait pas de rengagement qu'il prenait. — Laf œur saisit la balle au tond et toutd'un trait elle lui dit : « Yous êtes friche, colonel, vous pouvez disposer de quelque argent et moi je suis très pauvre et j'ai beaucoup d'indigents à secourir. Yous me donnerez cinq francs chaque fois que vous blasphémerez, je compte sur votre parole, sur votre loyauté. » Le colonel proféra un énorme blasphème à cette déclaration: « Yous me devez cinq francs, mon colonel, dit la religieuse. » Sans sourciller, le soir, le co]onel remit cinquante francs à la supérieure et il était lui-même surpris de ne pas lui en devoir davantage. Le lendemain il ne devait plus que trente francs et les jours suivants la somme allait en dimimuant. La bonne religieuse était fière de son succès. Au bout du cinquième jour, le colonel n'avait plus fait entendre aucun blasphème. Il paya la somme due. Comme elle s'élevait à un chiffre respectable : (c Savez-vous, dit-il en blasphémant encore, que c'est cher, maboine sœur. )> — «Oui c'est cher, mais vous venez d'augmenter encore votre dette, lui dit-elle. » — « Ce sera la dernière, dit le colonel, je suis corrigé, je vous remercie. » En effet, ce fut fini, le colonel ne jura plus jamais.