‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 300 sur 318 · N° 387. — UN BLASPHÉMATEUR DU CRUCIFIX · texte numérisé non relu

N° 387. — UN BLASPHÉMATEUR DU CRUCIFIX

Le dimanche de la Sexagésime, on bénissait à Grimaud, diocèse de Fréjus, avec beaucoup de solennité, un crucifix que l'on dit fort beau.

Un malheureux jeune homme se trouvait dans réglise, au moment de la cérémonie ; il s'y était rendu et mêlé à la foule par curiosité ou plutôt par impiété. Use répandit en flots d'injures sacrilèges et d'épouvantables plaisanteries à la vue de l'image du Sauveur, exposée à la vénération des fidèles. « Que fait donc, là-bas, cet homme nu ? » blasphéma-t-il à haute et intelligible voix. Une femme pieuseentendit ce propos impie et lui en manifesta son douloureux étonnement. Avant la fin de la cérémonie, l'insulteur sortait de réglise. Mais le dimanche suivant. Dieu appesantissait d'une manière terrible son bras vengeur sur lui. Le samedi soir, cet impitoyable ennemi du Sauveur tombait dans une cuve d'eau bouillante. On avait cru qu'il était mort instantanément. La justice divine ne l'a point permis ; car elle entendait se manifester d'une manière saisissante.

Il fallait que l'insulteur portât sur son corps la preuve vengeresse de son crime ; témoignage évident

pour tous de la puissance de ce Christ dont il avait conspué rimage. Son corps fut dépouillé de ses \êtements, et resta ainsi, à son tour, nu dans son lit, c omme le Christ était sur la Croix. Les chairs étaient brûlées, la peau se détachait en lambeaux. Cet homme nu, qui se débattait dans les convulsions de l'agonie, était bien celui qui avait insulté naguère la sainte nudité du corps du Christ.

Le malheureux est mort sans sacrements; il n'a plus revu en ce monde l'image de Dieu crucifié. Cette mort tragique a produit à Griraaud une profonde émotion. {Ici)

N"* 388. — noRRiBLE blasphème.

Les républicains les plus avancés de Paris ont jeté à Dieu un défi encore plus ignoble qu'insolent, en faisant, cette année, avec encore plus de cynisme que les années précédentes, des banquets publics de charcuterie le jour du Vendredi-Saint.

Au banquet du 11^ arrondissement, on a jugé digne de la présidence un citoyen à qui il ne reste plus d'autre pudeur que celle de se couvrir d'un ridicule pseudonyme. Il s'est donc levé au dessert, et, pour faire admirer son esprit, il a dit :

» Nous venons de commettre un péché mortel, léger pour nos consciences, facile à pardonner pour l'Église elle-même, puisque Monsieur Dieu fils est mart aujourd'hui pour racheter nos péchés. Si nous n'en faisions pas, cette rédemption serait sans but.

« Je bois donc au péché mortel. »

Ayant été à même d'étudier longuement une pos-

session diabolique, nous reconnaissons parfaitement dans cet horrible blasphème le langage de la Bête qui regimbe avec fureur contre sa damnation inexorable, et fait les plus affreuses grimaces pour tourner en stupides ricanements son éternel désespoir. (Id).

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