N° 407. LE DIMANCHE CHEZ LES CHRÉTIENS DE CHINE
Nos missionnaires parlant des nouveaux chrétiens de la Chine, du Japon, du Thibet, de l'Amérique... affirment que ces nouveaux fidèles sanctifient le dimanche de la manière la plus édifiante. Pour entendre la sainte messe, ils ont très souvent à faire un voyage de huit à dix lieues, à travers des chemins presque impraticables. Cependant les difficultés ne les arrêtent point, lis partent dès le lever du jour et arrivent à l'endroit où se trouvent les missionnaires, pour prendre part au divin sacrilice. Après la messe, ils se confessent, assistent au catéchisme, à vêpres, à la bénédiction du saint-Sacrement ; et ce n'est qu'après avoir ainsi parfaitement sanctifié le dimanche qu'ils reprennent le chemin de leurs cabanes. Que de chrétiens ces exemples devraient couvrir de confusion ! ! !
N" 408. — UNK RUDE LEÇON.
L'histoire rapporte que le duc de Brunswick, qui vivait vers la fin du dernier siècle, attachait un très grand prix à la stricte observance des dimanches et fêles.
Un jour, il apprend que certains paysans avaient l'habitude de se réunir, à l'heure de la messe, dans un cabaret, et de passer à boire tout le temps qu'ils avaient dû employer à assister au divin sacrifice et à entendre la parole divine ; les remontrances mêmes des magistrats n'avaient pu arracher ces intrépides buveurs à leur funeste habitude. Le duc, revêtu d'une redingote grossière boutonnée jusqu'au menton, se rend un dimanche dans l'auberge qui lui avait été désignée. Au moment où la cloche appelait les fidèles au pied des autels, arrive la troupe des impies, précédée d'un large et lourd personnage qu'à son nez rubicon et à sa figure enluminée on pouvait facilement prendre pour le chef de la bande joyeuse. Il prend place au haut de la table et fait asseoir l'étranger à côté de lui.
Aussitôt l'aubergiste apporte devant le président une énorme cruche d'eau-de-vie. Celui-ci la prend entre les mains, en avale une bonne dose, puis la remet entre les mains de l'étranger, en lui disant : Passe cela à ton voisin. La cruche fait ainsi le tour de la table, puis revient au chef qui, après en avoir largement bu, la remet de nouveau en circulation. Chaque convive la saisit successivement avec la même avidité et la quitte en disant : Passe cela à ton voisin.
A la troisième tournée de l'inépuisable cruche, le duc se relève en fureur, déboutonne sa redingote, et laissant voir à tous les regards son uniforme bien connu et les insignes du Souverain, donne de toutes ses forces un soufflet au chef de la bande, en lui disant : Passe cela à ton voisinl... Comme celui-ci hésitait, le duc saisit son épée et s'écria ; « Que celui d'entre vous qui frappera trop doucement prenne garde à lui, car j'en ferai bonne et prompte justice. A ces mots, tous les bras se lèvent, les soufflets, pieuvent d'un bout de la table à l'autre, cinq à six fois de suite, jusqu'à ce que enfin le duc, satisfait du châtiment qu'il vient d'infliger à celte incorrigible bande de buveurs, les laissa en repos.
Et l'on dit que le dimanche suivant nul d'entre eux ne fut tenté de retourner au cabaret.