‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 32 sur 318 · N" 27. — LA HARPE · texte numérisé non relu

N" 27. — LA HARPE

La Harpe, l'un des littérateurs les plus distingués du dernier siècle, mais aussi l'un des philosophes les plus impies, fut, à l'époque de la Révolution, arrêté et jeté en prison. Là, seul dans une étroite cellule, il se prit à réfléchir sérieusement, ce qui ne lui était pas arrivé depuis fort longtemps. Il lut aussi quelques bons livres qui lui firent du bien, mais qui ne le convertirent pas entièrement. Un jour, plus ennuyé que

d'habitude, il saisit un livre qui était sur sa cheminée. C'était rimilation de Jésus-Christ. 11 l'ouvre au hasard et ses yeux tombent sur ces mots : « Me voici, mon fils, je viens à vous parce que vous m'avez appelé, d 11 n'eut pas besoin d'en lire davantage; il fut tellement impressionné, tellement frappé par ces quelques mots, qu'il tomba h genoux la face contre terre, les yeux inondés de larmes. Il avait continuellement dans l'esprit ces deux mots : Me voici, mon fils. La Harpe était converti; et comme Dieu ne permit pas qu'il portât sa tête sur l'échafaud, il voua le reste de sa vie à faire de bons livres, afin d'atténuer, autant que possible, l'effet des mauvais qu'il avait eu autrefois le malheur de coniposer.

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