‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 31 sur 318 · N° 26. — SAINT IGNACE DE LOYOLA · texte numérisé non relu

N° 26. — SAINT IGNACE DE LOYOLA

Lors du siège de la ville de Pampelune en Espagne, un boulet de canon fit à la jambe d'Ignace de Loyola une blessure si grave, que les médecins désespérèrent presque de sa guérison. La veille de la fête de saint Pierre il reçut les derniers sacrements et chacun croyait qu'il ne passerait pas la nuit. S'étant endormi, il fut favorisé d'un songe extraordinaire. Le prince des Apôtres lui apparut et toucha sa blessure ; cet attouchement lui rendit la santé. A son réveil, il

se trouva soulagé et hors de tout danger. Ce changement subit et inespéré ne le fit point renoncer au monde. Cependant la jambe était restée difforme et l'empêchait de porter la botte du soldat. Malgré les représentations et les répugnances des chirurgiens, il se fit couper un os. Obligé alors de garder la chambre, il demanda pour se désennuyer un roman ou quelque autre historiette galante. La Providence voulut qu'il ne s'en trouvât point au château de Loyola. On lui donna en place la Vie de Jésus-Christ et la Fleur des Saints. Quelque ennuyeuses que lui parussent d'abord ces lectures, il finit par y prendre goût. Bientôt la pensée de l'amour incomparable d'un Dieu, les vertus admirables des saints, leurs pénitences étonnantes lui firent verser des larmes. Il vit avec eff'roi la grandeur de ses égarements. Il pleura d'avoir couru avec tant d'empressement après les vanités du siècle et d'avoir négligé le salut de son âme. Ignace s'était mis au lit pécheur, froid et indifférent, il en sortit bientôt pénitent austère, pour devenir un des plus illustres serviteurs de Dieu.

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