‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 34 sur 318 · N° 29. — UN RATIONALISTE · texte numérisé non relu

N° 29. — UN RATIONALISTE

Un honnête jeune homme du diocèse de Bordeaux, se trouvant transporté à Paris dans une société de libres-penseurs, avait oublié les pratiques de la religion, et ses croyances mêmes s'étaient peu à peu effacées.

Au mois de janvier dernier, il vint passer quelques jours dans sa famille et revit ses amis. L'un d'eux, un prêtre, lui dit : vous ne voulez croire que votre raison. Eh bien ! mon ami, la raison même nous dit que la plus sérieuse de toutes les affaires est de nous assurer si la religion est vraie. Car il nous importe infiniment de savoir s'il y a un Dieu qui juge les hommes. Un Dieu a-t-il parlé aux hommes, et leur a-t-il fait des commandements? Récompense-t-il dans une autre vie ceux qui l'honorent, et punit-il ceux qui lui désobéissent?

Cette question est pour tout le monde d'un intérêt immense, puisqu'il s'agit pour chacun d'un bonheur éternel ou d'un supplice qui ne finira point. Est-il sage de vivre comme si la religion était fausse, sans en être sûr? Aucun incrédule n'a établi son incrédulité sur des raisons certaines. Tout libre-penseur est forcé de se dire : Je puis mourir demain; et demain, si la religion chrétienne est véritable, mon âme tombe dans des feux qui ne s'éteindront jamais. Est-ce prudent, dites-moi, de ne point vouloir s'occuper d'une question si grave?

Le jeune homme était devenu sérieux. Après un moment de silence il dit: Mais, monsieur, que voulez-

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VOUS qu'on fasse? Est-il possible de savoir ce qui nous est réservé après cette vie? Personne n'est revenu de chez les morts nous apprendre ce qui se passe audelà du tombeau/Gomment résoudre une question si obscure?

— Elle est moins obscure que vous ne pensez, répondit le prêtre. Tenez, mon ami, j'ai là précisément un ouvrage solide, où cette grande question est exposée. Voulez-vous le lire?

En même temps, il prenait un volume dans sa bibliothèque et le présentait au jeune homme. C'était les Soirées d'Automne, de l'abbé Maunoury.

Le jeune homme emporta le livre, il le lut attentivement, et fut frappé de la force et de la clarté des preuves de la religion chrétienne. Il examina chaque fait, pesa chaque raison : tout lui parut inattaquable.

Cette lecture, avec la grâce de Dieu^ lui rendit la plénitude de son ancienne foi, et, passant aussitôt de la croyance à la pratique, il se confessa et communia avec un bonheur inexprimable.

Maintenant, retourné à Paris, le jeune homme vit en vrai chrétien et s'efforce de communiquer ses convictions à ceux dont il partageait autrefois les erreurs. [Bulletin de saint François de Sales.)

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