N°35. — LE PLUS BEAU LIVRE DE SAINT ANTOINE
On demandait un jour à saint Antoine, patriarche des Cénobites, comment il pouvait vivre sans livres dans une retraite si absolue, au fond du désert. « Quoi ! répondit le saint Anachorète, fort surpris d'une pareille question, n'ai-je pas sous les yeux le j>lus grand, le plus beau des livres ? Ce livre-là, je n'ai
jamais cessé de le lire, car c'est la création tout entière. J'y lis la magnificence de Dieu. » Là, le Créateur s'est peint lui-même en caractères vivants, et en quelque sorte parlants. Oui, le nom de Dieu se trouve écrit sur toutes les pages du grand livre de la nature, et les ignorants peuvent y lire comme les savants. Aussi celui qui ose nier l'existence du Créateur àla face du ciel et de la terre est un misérable qui excite lapitié.
N° 36. — FÉNELOÎS\
Si je rencontrais, dit Fénelon, un homme qui ne crût pas en Dieu, je ne disputerais pas avec lui ; je le prierais seulement de supposer qu'il se trouve jeté par un naufrage dans une île déserte. Là, il rencontre une maison d'excellente architecture, et dans cette maison il trouve de beaux meubles, des instruments de musique, des statues, des tableaux, des livres rangés en ordre dans une bibliothèque; il n'y découvre néanmoins aucun homme. Pourra-t -il croire que tout cela, maison, meubles, livres sont dus au hasard sans le secours d'aucune industrie humaine?Et l'univers, dont l'ordre et l'harmonie sont mille fois plus admirables, serait l'œuvre du hasard I