‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 42 sur 318 · N^S?.— FÉNELON ET SON ÉLÈVE · texte numérisé non relu

N^S?.— FÉNELON ET SON ÉLÈVE

Fénelon, l'aimable archevêque de Cambrai, se promenait un soir avec un enfant confié à ses soins paternels. Le ciel était superbe et tout étincelant de lumières. La nature respirait le calme, la grandeur, la majesté... L'enfant demacda à son maître quelle heure

il était. Celui-ci tira sa montre : elle indiquait huit heures. Oh! la belle montre, Monseigneur, dit le jeune homme, voulez-vous me permettre delà regarder ? — Le bon archevêque la lui remit et comme l'élève Texaminait dans tous les sens : u Chose bien singulière ! mon cher Louis, dit froidement Fénelon, cette montre s'est faite toute seule. — C'est impossible, dit le jeune Louis ; Monseigneur se moque de moi. — Non, mon enfant, je ne me moque pas de vous. Que voyez-vous d'impossible à ce que j'ai dit? — Mais, Monseigneur, jamais une montre ne peut se faire toute seule 1 — Et pourquoi donc? Parce qu'il faut tant de précision dans l'arrangement de ces mille petites roues qui composent le mouvement et font marcher également les aiguilles, que non seulement il faut de Tintelligence pour organiser tout cela, mais qu'il y a peu d'hommes qui y réussissent, malgré leurs soins. Que cela se fasse tout seul, c'est absolument impossible : jamais je ne croirai cela. On vous a trompé, Monseigneur. »

Fénelon embrassa l'enfant; et, lui môntrantle beau ciel qui brillait au-dessus de leurs têtes: « Que dire donc, mon cher Louis, de ceux qui prétendent que toutes ces merveilles se sont faites toutes seules, et qu'il n'y a pas de Dieu ? — Est-cequ'il y a des hommes assez insensés et assez mauvais pour dire cela? demanda Louis. — Oui, cher enfant, il y en a qui le disent ; en petit nombre, Dieu merci, mais y en a-t-il qui le croient? C'est ce que je ne saurais affirmer, tant il faut avoir fait violence à sa raison, à son cœur, à ses instincts, à son bon sens pour tenir un pareil langage. S'il est évident qu'une montre ne peut se

faire toute seule, combien cela n'est-il pas plus évident pour l'homme lui-même, qui fait les montres. Il y a eu un premier homme ; car il y a eu un commencement à tout, et l'histoire du genre humain atteste universellement ce commencement. 11 faut bien que quelqu'un ait fait le premier homme. Ce quelqu'un, c'est un être qui a fait tous les êtres et qui n'a luimême été fait par personne; nous l'appelons Dieu. » (Vie de Fénelon.)

N° 38. — l'existence de dieu est prouvée parla

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