N" 51. — LE SOUVENIR DE LA PRÉSENCE DE DIEU ÉLOIGNE DU MAL
Ecoutez ce trait. Un jour une célèbre courtisane appelée Thaïs sollicitait au crime un pieux solitaire appelé Martinien. Je le veux, répond l'homme de Dieu, mais à condition que nous soyons sans témoins. — Allons dans cette forêt, nous serons à l'abri
oO INSTRUCTIONS SOMMAIRES
de toutregard. — C'était pendant la nuit et ils arrivent au milieu d'un bois touffu. La séductrice s'arrête. Avançons encore dit Martinien, quelqu'un nous entend. — Bientôt Thaïs renouvelle son infâme dessein. — Plus loin encore, dit le saint, quelqu'un nous voit. L'impudique s'arrête une dernière fois. Quelqu'un nous a suivis, s'écrie Martinien. Oui, malheureuse, l'œil redoutable qui aperçut le crime de Gain veille sur nous, il nous contemple, il nous poursuit. C'est Dieu lui-même qui voit, qui entend la pensée la plus secrète de notre cœur et qui découvre jusqu'aux plus sombres replis de notre conscience. L'infâme Thaïs fut comme terrassée de cette idée redoutable, et de prostiluée elle devint pénitente. Voilà la puissance de cette pensée : Dieu me voit 1 Aussi, dit Cassien, la pratique de la présence de Dieu place le couteau sous la gorge du péché et le met en fuite.
N'' 52. — l'oeil DE DIEU.
Une famille distinguée qui se trouvait en voyage, descendit un soir dans un village de l'Allemagne. €omme le lendemain était un jour de dimanche, on ne continua pas la route, mais le chef de la famille, accompagné de ses entants et de ses domestiques, se rendit à l'église pour y assister aux offices. Ceux-ci terminés, on alla examiner l'école et le village, puis on s'en retourna à l'hôtel. Max, l'aîné des garçons, s'arrêtant devant la porte de l'appartement, se mit à dire avec une exclamation de surprise : a Mais voilà déjà le quatrième œil que je trouve peint ici. Au-dessus de l'autel à l'église, il y a un œil qui rayonne dans
le vitrail; au-dessus de l'entrée de l'école, il y en a encore un ; dans la rue, au sommet du pignon d'une maison, j'en ai aperçu également un, et ici, dans cet hôtel, je vois encore un œil peint sur la porte de l'appartement. Ces villageois, il faut l'avouer, ont de singulières idées; j'aimerais bien mieux qu'on eût peint tout une tête ou un corps humain en entier. » Afin de dissiper l'ignorance de son fils, le père appela la petite fille de l'hôtelier et lui demanda : « Ma chère enfant, pourrais-tu bien dire à ce grand garçon ce que signifie cet œil peint? » La petite, un peu gênée, répondit : « Il signifie l'œil de Dieu. On le trouve peint dans l'église, à l'école, sur les maisons, dans les rues €t partout. Quand nous le voyons, cela nous fait penser à Dieu qui voit tout. Monsieur le curé, pour que nous ne l'oubliions pas, nous a appris par cœur ces deux vers :
Il est un œil, c'est l'œil de Dieu, Qui vous voit toujours, en tout lieu.
« Eh bien, Max ! dit le père à son fils, trouvez-vous encore à critiquer quelque chose dans ces yeux, après avoir entendu la belle signification qu'on leur donne ? » Max, tout honteux, se tut, et se garda bien dans la suite de critiquer trop lestement ce qu'il voyait. [Catéchisme pratique par Mather.)