N* 53. — RIEN NE PEUT ÉCHAPPER A L'ŒIL DE DIEU
Un jour, pendant l'absence de leurs parents, Auguste dit à sa sœur Sophie: « Il faut nous régaler de quelques friandises ; que pourrions-nous craindre en
ce moment? ne sommes-nous pas les maîtres de la maison ?» — Je le veux bien, répondit Sophie, pourvu que personne ne puisse nous voir. » — Ta réflexion est sage; introduisons-nous dans la laiterie, nous nous y régalerons en toute sûreté. — A quoi pensestu, mon frère? l'homme qui casse du bois dans la rue ne pourrait-il pas nous voir? — Eh bien, courons vite à la cuisine, et... — Tu oublies qu'une femme travaille devant la croisée ; elle pourrait nous voir et nous entendre. — Alors descendons à la cave, nous serons protégés par les ténèbres. — Oh! mon frère, que je plains ton erreur ! Dieu n'est-il pas présent partout? Son œil ne pénètre-t-il pas à travers les murs les plus épais? Il nous découvrirait jusque dans les entrailles de la terre. » Auguste baissa les yeux, puis il embrassa sa soeur en disant : Tu as raison , rien ne peut échapper à Dieu; en vain, pour faire le mal, chercherions-nous les plus épaisses ténèbres, il nous verrait et saurait nous punir un jour. »