NÉCESSITÉ DE L'INSTRUCTION RELIGIEUSE
Le Seianeur est le Dieu de la Science Deus scientiarum Doininus est.
Reg. Il, 3.
La science est, sans doute, quelque chose de bon, d'excellent, puisque le Seigneur s'en proclame le principe et la fin, mais c'est à condition qu'elle parte de Dieu et qu'elle aille à Dieu. Toute science qui se fait sans Dieu, qui vit sans Dieu, qui ne cherche pas Dieu est une science de mauvais aloi, une science condamnée. Elle peut bien servir à nourrir l'orgueil de l'esprit, à satisfaire les appétits des sens, mais elle est sans fruits pour l'âme; elle peut avoir un résultat utile dans le temps, elle n'en aura aucun pour l'éternité; les hommes peuvent la couronner, Dieu la réprouve.
La science peut avoir des objets divers; elle peut se rapporter aux choses de l'ordre naturel, telles que les nombres, les astres, les phénomènes, les corps, les énergies physiques, etc., ou s'occuper des choses de l'ordre surnaturel, telles que les rapports de Thomme avec Dieu, les lois divines, les devoirs et les destinées de l'homme. Cette dernière science s'appelle science religieuse. Si les autres sont bonnes, celle-ci est absolument indispensable atout homme qui veut atteindre sa fin. On peut \1vre chrétiennement, se sanctifier, se sauver sans être astronome, mathématicien, physicien, mais on ne peut se sauver si on ne connaît pas sa religion. Il ne faut donc pas s'étonner des éloges que l'Esprit-Saint prodigue à la science religieuse et du blâme qu'il jette sur ceux qui la méprisent. « Le cœur droit recherchera la science ; Co)- autem rectum exquiret scientiam, — Le trésor de la sagesse c'est l'intelligence, celui de la science c*est la religion : In thesauris sapientiœ intellectus^ et scientiœ religiositas. — Soyez ferme dans les voies du Seigneur et dans la science : Esto firmus in via Dondni, et scientia.
«Les richesses du salut sontla sagesse et la science: Divitiœ salutis sapientia et scientia. J'ai préféré la science, dit le Seigneur par son prophète Osée, à tous les holocaustes : Volui scientiam Dei plus quam holocausta. »
« Là où n'est pas la science de l'âme, il n'y a aucun bien: Ubi non est scientia animœ non est bonum.y^ — L'impie peut être très savant, mais il ne possède pas la vraie science : Impius ignorât scientiam. Rien de plus vain que les hommes dépourvus de la science de Dieu : Vani sunt homines in quibus non subest scientia
Dei. Les peuples qui négligent la science de Dieu ne tarderont pas à en être punis. « Mon peuple, dit le Seigneur, a été conduit en captivité parce qu'il n'avait pas la vraie science. C'est pourquoi l'enfer a dilaté ses abîmes et là sont tombés les forts d'Israël, et ceux qui étaient les plus élevés et les plus célèbres. Propterea capiivus ducius est populus meus quia non habult scientiam.., propterea dilatavit infernus animam suam, et operuit os siium ahsque teymino , et descendent fortes ejus, et sublimes gloriosiqueejus ad eum. »
Ces textes sont formels ; ils montrent non seulement la supériorité de la science religieuse sur toutes les sciences profanes, mais sa rigoureuse nécessité pour celui qui veut éviter les abîmes éternels.
Mais cette science, comme toutes les autres, ne peut être acquise d'une manière complète que par des intelligences d'élite; le plus grand nombre ne peut en acquérir que les éléments, et ce sont ces éléments que nous enseigne le catéchisme. C'est donc par là qu'il faut commencer.