‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 74 sur 318 · N° 76. — DE QUOI EST COMPOSÉ L*HOMME · texte numérisé non relu

N° 76. — DE QUOI EST COMPOSÉ L*HOMME

L'homme est composé d'un corps et d'une d'âme. Pour le corps, personne n'en doute. Mais l'âme, pour être invisible, n'en existe pas moins. Cette vérité est tellement conforme au bon sens que l'erreur opposée nous révolte immédiatement. — Un jeune libertin, voyageant un jour sur la Seine dans un bateau-diligence, qui se rendait à Paris, se vantait de n'avoir pas plus d'âme que les animaux. Tout le monde haussait les épaules de pitié. Mais il s'en trouva trois qui ne se contentèrent pas de rire ou de frémir. « Si nous n'avons point d'âme, dit l'un d'eux, nous ne sommes que des masses de chair, à peu près comme mon chien qui ronge un os là-bas. — Si nous n'avons point d'âme, dit le batelier, c'est qu'il n'y a que ce que l'on voit. — Certainement, reprit le libertin. — Ah! ce que l'on ne voit pas, n'existe pas ! reprit-il, furieux d'un coup de vent qui venait de faire cha-

virer son bateau. Dis-donc qu'il n'y a pas de vent; eh bien! le vois-tu? Et aussitôt, pour appuyer son raisonnement, il décharge un grand coup de rame sur les épaules du docteur. « Enfin, dit un troisième, par tout ce que nous avons entendu, Monsieur nous a prouvé avec beaucoup d'esprit qu'il n'est qu'une bêtel

Cet orage de colère et de mépris montre que l'existence de l'âme est l'objet d'une croyance universelle, et par là-même incontestable. (Reyre, A^iecdotes chrétiennes.)

W 77. — l'homme déchu est faible.

Seigneur, tenez-moi bien, s'écriait saint Philippe de Néri, je suis un traître; si vous m'abandonnez un seul instant, je vais vous trahir. Lorsqu'il sortait, même pour faire des bonnes œuvres, il disait : « Je sors chrétien, je reviendrai peut-être juif. » Un jour qu'il se croyait seul, il s'écriait: Je suis perdu ! je suis perdu! » Quelqu'un l'ayant entendu l'aborda et lui dit : « Je vous en prie, ne vous laissez pas aller au désespoir. » — Je ne désespère point, au contraire, j'espère beaucoup. Mais je suis perdu, je suis damné, si Dieu me laisse à moi-même. » {Vie de saint Philippe DE Néri.)

Un chrétien éprouvait une crainte continuelle. (( Pourquoi cette frayeur ? lui dit quelqu'un. — Hélas ! répondit-il, je crains de succomber à la tentation. Lucifer et des milliers d'esprits célestes sont tombés dans le ciel, Adam et Eve en paradis, Judas dans la société de Jésus-Christ. Qui comptera le nombre des

damnés? Eh bien! ils le sont tous, parce qu'ils ont succombé à la tentation. » Rien de plus vrai. Mais que faut-il faire pour ne pas succomber à la tentation ? D'abord fuir les occasions; si l'on est tenté, faire le signe de la croix, songer à l'enfer, invoquer les noms de Jésus et de Marie, etc. {Catéchisme de f Empire,)

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