‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 75 sur 318 · DE L'AME · texte numérisé non relu

DE L'AME

Sommaire doctrinal.

L'âme est un esprit ou une intelligence créée à l'image de Dieu, pour être unie à un corps, et qui ne mourra jamais. — Elle est créée à l'image de Dieu en ce qu'elle est capable de connaître, d'aimer et d'agir librement.

L'impie, le libertin voudraient se persuader que tout finit pour eux à la mort; mais ils ont beau faire, ils n'aboutiront pas à détruire en eux le sentiment de l'indestructibilité d'une partie de leur être. Bon gré, mal gré, ils sentent qu'ils sont faits pour l'immortalité, qu'il y a en eux quelque chose qui ne trouve pas la satisfaction dans les jouissances terrestres ; quelque chose qui a le pressentiment d'un avenir heureux ou malheureux. « S'il est certain que tous les biens de la terre^loin de combler nos souhaits, ne font que creuser l'âme et en augmenter le vide, il faut en conclure qu'il y a quelque chose au delà du temps. » [Chateaubriand.)

Que serait l'humanité déshéritée de l'immortalité future? Ah! la nature morale tout entière l'invoque, et par cela môme proclame d'une voix unanime ce

dernier rapport de l'homme avec son auteur. — L'immortalité de l'âme, dogme capital dont personne, dit Celse, ne doit se départir, fut toujours la croyance universelle du genre humain. {De Lamennais.)

No 78. — UNE BONNE RÉPONSE.

— Un prétendu esprit fort avait entassé beaucoup d'absurdités pour prouver que nous n'avons pas une âme. Les personnes présentes à ce discours étaient à se regarder, sans lui répondre. 11 s'adressa à une dame et lui demanda d'un air de triomphe ce qu'elle pensait de sa philosophie. « Monsieur, lui répondit cette dame, il me semble que vous venez de nous prouver, avec beaucoup d'esprit, que vous n'êtes qu'une bête. »

N*' 78 bis. — COMMENT CROIRE A L'AME PUISQU'ON NE LA VOIT PAS?

Un jeune débauché ayant, en peu de temps, dévoré tout l'héritage de son père, ne crut avoir rien de mieux à faire que de tenir l'école. Dans le modeste village où il remplissait ses fonctions, on ne tarda pas à s'apercevoir qu'il était impie. Vers la fin d'un repas auquel il avait été invité, excité par de copieuses libations : (( Allons, dit-il, en remplissant son verre, buvons, mangeons, nous n'avons qu'un temps à vivre, et quand ce temps est écoulé, adieu plaisirs, adieu festins, tout est fini, bien fini. » — Eh ! mon Dieu, oui, reprit le maître de la maison, tout est fini pour le corps ; mais votre âme où sera-t-elle? » — Mon âme, qu'est-ce que cela ? Je ne m'en suis jamais aperçu.

En avez-vous vu quelquefois des âmes ? » Grand fut le scandale pour cette société peu habituée à de pareils propos. Le maître de la maison, simple, mais chrétien et fort éclairé dans sa foi, lui dit : « Je n'ai, monsieur, ni vos talents, ni vos lumières, mais il n'est pas toujours nécessaire de voir un objet pour s'assurer qu'il existe. Et pour vous montrer qu'il est des choses que personne au monde n'a jamais vues, et que pourtant vous croyez, voyez cette bouteille blanche et bien fermée, dites-moi ce qu'elle renferme. » — Le m.agister regarde attentivement, puis il répond : elle renferme quelques gouttes de cassis. — Est-ce tout ce qu'il y a dedans ? — 11 n'y a pas aui.re chose. — Dites que vous n'y voyez pas autre chose, à la bonne heure mais ne dites pas : C'est tout ce qu'il y a, car je vais vous prouver qu'elle est pleine d'une chose que vous ne voyez pas. En même temps il plonge la bouteille débouchée dans un vase plein d'eau et montrant à l'incrédule les grosses bulles qui venaient éclater à la surface : « Qu'est-ce que ceci ? lui demanda-t-il, qu'est-ce qui occasionne ce bouillonnement? — Eh ! c'est tout simplement l'air qui s'échappe, n — Ah ! c'est l'air. 11 y en avait donc dans la bouteille ; j'avais donc raison de vous dire qu'elle était pleine de quelque chose que personnen'avait jamais vu, et de l'existence de laquelle pourtant vous ne doutez pas. De même quand on ouvre un cadavre, et qu'on ne voit rien dedans, on aurait tort de dire : Je n'aperçois pas d'âme, donc l'âme n'existepas. Le pédantincrédule restamuet et confondu. {Le catéchisme en exemples.)

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