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N° 110. — CONFIANCE EN LA TRÈS SAINTE VIERGE

Stanislas deKostka, un des plus fervents serviteurs de Marie, soupirait après l'heureux jour où il pourrait se réunir à celle qu'il appelait avec bonheur sa tendre mère. Ayant entendu, le premier août de la dernière année de sa vie, un sermon du Père Ganisius qui exhortait les novices de la Compagnie à se conduire chaque jour comme si c'était le dernier de leur vie, le jeune Stanislas dit à ses condisciples que ce conseil le regardait spécialement, puisqu'il devait mourir dans le courant de ce mois. S'entretenant un jour des splendeurs de la fête de l'AbSomplion au ciel avec le Père Emmanuel, il lui disait : « Mon Père, j'ai la ferme espérance d'assister à la prochaine fête de l'Assomption dans le ciel. » Le jour de saint Laurent, Stanislas fit la communion et pria le saint martyr de demander pour lui à la Reine des Anges de le rendre témoin de celte fêle dans le paradis même. A la fin de ce même jour, il eut la fièvre, et quoiqu'elle fût très légère, il ne laissa pas de regarder comme certaine la grâce de sa prochaine mort. En allant se mettre au ht, il dit tout transporté de joie : « Je ne

me lèverai plus de ce lit » ; et parlant au Père Aquaviva, il ajouta : « Mon Père, je crois que saint Laurent m'a obtenu, de Marie, la grâce de me trouver au ciel le jour de l'Assomption. » Le Père ne tint aucun compte de ces paroles. Arrivé à la veille de cette lôte, Stanislas sentit son mal augmenter un peu et dit à un frère quil mouri'aii la nuit suivante. Celui-ci, le sourire sur les lèvres, lui répondit : « Ce serait un plus grand miracle de mourir d'un mal si léger que d'en guérir. » 11 tomba bientôt dans une faiblesse mortelle, et une sueur froide se répandit sur son corps. Le supérieur accourut, Stanislas se confessa, et reçut le saint viatique avec une admirable piété, on lui donna le sacrement de l'exlrême-onctiou; et le quinze du mois d'août, à la pointe du jour, il expira les yeux fixés vers le ciel sans faire aucun mouvement. Ce ne fut qu'en lui présentant l'image de la sainte Vierge, et en remarquant son insensibilité, qu'on s'aperçut qu'il avait passé à la vie bienheureuse. — Yoilà ce que la puissante Reine du ciel fait en faveur de ceux de ses enfants qui mettent en elle leur confiance.

Voulez-vous qu'un jour elle vous obtienne la faveur de parvenir mûrement au bonheur éternel, recourez à elle avec toute l'ardeur dont vous êtes capables, et vos désirs seront réalisés. Ainsi soit-il.

N^ lli. — JE LA PRENDS SOUS MA PROTECTION.

Voici ce que raconte un vieux soldat : J'ai habité, près de quatre ans, les camps et les casernes oij je vivais avec des chrétiens de la pire espèce, et où le

bon Dieu lui-même était souvent assez peu favorablement jugé.

Une seule fois, j'ai entendu prononcer une parole contre la Reine des Vierges, et c'était par un imberbe.

Un conscrit, tout bouillant de socialisme, arrivait de Paris avec la conviction qu'il était appelé à renouveler la face... des casernes.

Or, un soir, après l'appel, il pérorait contre Dieu et le Gouvernement...

« — Et la Sainte-Vierge, lui demanda quelqu'un, qu'en penses-tu? »

Le conscrit lâcba un vilain mot.

Un vieux grognard, que je croyais impie et qui, en ce moment, semblait ronfler à trois francs l'heure, bondit au milieu de la chambre, et, saisissant l'orateur à la gorge, il l'étranglait en disant :

« — Pour la sociale et tout le reste, passe; mais pour la Sainte-Vierge, vois-tu, Pierrot, motus !

« Je la prends sous ma protection. »

N° 112. — LA FOI FRANCHE ET LOYALE D'uN SOLDAT.

C'était à Metz, en 1826.

Un pauvre petit enfant était appuyé contre une borne à l'entrée d'une rue isolée ; triste et les bras pendants, il pleurait.

Un brave militaire à la mine franche et ouverte s'approche de cet enfant, et lui dit avec intérêt :

~ Tu pleures, mon petit, qu'as-lu ?

— Oh ! répond l'enfant avec un sanglot, je suis bien malheureux!

— Déjà malheureux, mon garçon, c'est bientôt souûrir... et quel âge as-tu?

— Huit ans à la Saint-Jean prochaine.

— Et qu'as-tu tant à pleurer?

— 11 y a deux jours j'ai perdu mon père et ma mère!

— Allons, tu mens, petit.

— Oh! que non, je suis bien malheureux!

— Ah ça, dis-tu bien vrai?

— Oh ! oui. Ecrivez à M. le curé de notre endroit, il vous le dira.

Le brave militaire sentit son cœur se serrer.

— Viens, mon petit garçon, lui dit-il avec un soupir. Et, prenant l'enfant par la main, il le conduit dans une auberge honnête, paie d'avance et dit à la maîtresse du logis :

— Gardez-moi cet enfant, ayez-en soin comme s'il était à vous.

En attendant il s'empresse d'écrire au curé, qui lui répond deux ou trois jours après :

« Hélas! monsieur, l'enfant ne vous a dit que trop )) vrai : veuillez nous l'envoyer ; peut-être trouve- » rons-nous quelque âme charitable pour se charger )) de ce petit orphelin... »

— Pauvre cher enfant! s'écria le militaire. Et une grosse larme roula de ses yeux. — Allons, un sacrifice qui me portera bonheur. Puis il répondit au bon curé :

« Merci, monsieur le curé, de votre offre obli- )) géante ; mais soyez sans souci pour l'enfant, je lui » servirai de père, je lui servirai de mère. »

Son congé venait d'arriver depuis trois ou quatre

jours. Dès le lendemain, il courut s'engager de nouveau : puis, prenant l'enfant par la main, il le conduisit dans une pension religieuse.

— Monsieur, dit-il au supérieur, je vous amène cet enfant, gardez-le moi, élevez-le bien; c'est mon fils adoptif. Voilà cent écus ; pendant six ans la même somme vous sera comptée, car je veux en faire un homme et un solide chrétien : ayez soin de son âme, vous ; de mon côté, j'aurai soin de son corps.

L'enfant reçu et installé au milieu d'une centaine de petits camarades, le militaire se relire et va se prosterner au pied de l'autel de Marie, dans une modeste chapelle où il venait prier quelquefois, comme nos soldats savent prier, c'est-à-dire rondement et sans apprêt.

— Sainte bonne Vierge, lui dit-il avec émotion, veillez sur cet enfant, je vous le consacre et vous le donne ; moitié à vous, moitié à moi.

Au bout d'un an, il vint voir son fils d'adoption. D'aussi loin que le supérieur le vit :

— Mais, mon brave, lui dit-il avec chagrin, ce n'est pas un élève, c'est un petit diable que vous m'avez donné... reprenez-le, il ne fait rien et gâte tous les autres.

— Vraiment? répond le bon militaire visiblement contrarié. Puis, réfléchissant, il ajouta d'une voix émue :

— Monsieur, gardez-le encore six mois, le moutard est jeune, il répondra peut-être à nos vues.. . Oui, j'ai l'espoir qu'il changera, et reviendra à de meilleurs sentiments... mais de grâce ne le renvoyez pas. Si je le flanquais parmi les enfants de troupe, il de-

viendrait cent fois plus méchant : gardez-le encore, je vous en supplie, essayez, quelque chose me dit que le bon Dieu aura pitié de lui et de moi... D'ailleurs je m'en vais aller trouver la Sainte-Yierge ; ça s'arrangera.

Il va en effet de ce pas se prosterner à l'autel de Marie, et, dans sa brusque mais admirable foi, il lui dit comme il aurait dit à sa mère :

— Mais enfin, sainte Vierge, où en sommes-nous ? Je vous l'avais abandonné, mon enfant... ce pauvre enfant, il était aussi bien à vous qu'à moi...

... Mais, sainte Vierge, ne vous avais-je pas dit d'en avoir soin, de veiller sur lui? sainte Vierge, mais vous n'y pensez donc pas?...

... Je me suis vendu pour lui, moi, et vous ne voudriez rien faire ?

Et tout en parlant ainsi avec cette animation, et un accent de reproche accompagné de gestes qui eussent fait sourire s'ils n'avaient trahi une foi admimirable et sublime, le soldat se tenait là, les yeux grands ouverts sur la statue de Marie, et les bras croisés sur la poitrine...

Après un moment de réflexion sérieuse, il reprit :

— Ecoutez, sainte Vierge, si vous abandonnez mon enfant, je vous avertis que je vous abandonne moi-même, ou, du moins, je ne vous demande plus rien... je ne vous dis que ça.

Il n'avait pas achevé ces paroles, que son cœur se serra.

— Malheureux que je suis ! s'écria-t-il en se frappant le front, mauvais sujet, canaille, est-ce que je mérite qu'on m'écoute?... Pardonnez-moi, Marie, je suis si

bouleversé! mais voyez-vous, j'avais conçu de si douces espérances!

... Allons, bonne mère, vous allez cette fois protéger mon enfant n'est-ce pas? Je vous aimerai toujours, je vous prierai toujours...

Quelle foi, mes amis, quelle tendresse, quel tîllial abandon !

Deux ans après, l'enfant, devenu le modèle de tout l'établissement, faisait sa première communion; et son père adoptif qui venait d'obtenir huit jours de congé pour cette circonstance solennelle, avait le bonheur de l'accompagner à la sainte table.

Plus tard, cet enfant se fit prêtre et voulut chanter sa première messe à l'autel de Marie, dans la même chapelle où son père adoptif venait autrefois si carrément prier. Bl-RIRAND.)

N'' 113. — COMMENT LA SAINTE VIERGE NE TROMPE JAMAIS LA CONFIANCE DE SES SERVITEURS.

Un Evêque écossais parcourant à pied les montagnes de son diocèse fut, un soir, surpris par la nuit dans une vaste forêt où il s'était égaré. Après avoir longtemps erré, il aperçut une modeste chaumière habitée par une pauvre famille. Ces braves gens reçurent avec bonté l'illustre visiteur qu'ils ne connaissaient point. L'Evoque, de son côté, ignorait quels étaient ses hôtes. Etaient-ils catholiques? Etaient-ils protestants? Rien jusque-là ne pouvait résoudre le problème.

Cependant, après quelques moments d'une mutuelle réserve, la physionomie de cette humble famille

commença à se dessiner, et l'Evêque put avoir des soupçons favorables. Avec un empressement mêlé de respect, la mère qui paraissait être veuve, mit à contribution ses nombreux et vigoureux enfants, pour offrir à l'étranger une hospitalité convenable. En quelques instants une modeste table fut dressée, et rÉvêque fut invité à prendre un repas très simple, mais copieux et propre. Pendant le repas, l'Évêquene tarda pas à s'apercevoir qu'une profonde tristesse accablait ces pauvres gens, et que quelques chagrins les affligeait. « Vous êtes tous bien bons, leur dit alors le prélat, mais vous me paraissez fort tristes ; qu'avez-vous donc?

— Hélas I répondit la mère, en versant des larmes ; nous avons à côté de nous, étendu sur un pauvre lit de douleur, notre vieux père qui se meurt, et il ne pense point à la mort; car, dit-il sans cesse : « Je ne meurs pas encore. »

— Pourrai-je le voir? dit l'Évêque ému et surpris. — Volontiers, rep'^it la femme; et, de suite elle introduisit son hôte dans la petite chambre du malade.

Effectivement, le vieillard que l'Évêque y trouva était réduit à l'extrémité ; la mort semblait n'avoir plus qu'un pas à faire pour l'atteindre, et le malade ne voulait pas mourir encore.

A la première allusion que fit l'Évêque à ce sujet, il sembla retrouver toute sa vigueur et répondit avec force : « Non, je ne mourrai pas encore! »

— Mais, mon ami, songez-y donc, nous devons tous mourir, et votre maladie, jointe à votre âge... — Je vous dis que je ne mourrai pas encore, — Pourquoi cela? Gomment le savez-vous? — Monsieur, êtes-

VOUS catholique ? reprit le malade. — Oui, je le suis, répondit l'évêque. — En ce cas je vous dirai pourquoi je ne mourrai pas encore. — Je suis catholique aussi ; depuis ma première communion jusqu'aujourd'hui, je n'ai jamais manqué de demander chaque jour à la sainte Vierge la grâce de ne pas mourir sans avoir un prêtre à mon lit de mort, et vous croyez que ma J/ère pourrait ne pas m'exaucer? C'est impossible! c'est impossible! je ne mourrai pas encore.

— Mon enfant, s'écria alors TÉvèque touché jusqu'au fond de l'àme, mon enfant, vous êtes exaucé. Celui qui vous parle est plus qu'un prêtre, c'est votre Évêque. La sainte Vierge elle-même m'a amené à travers les forêts, pour recueillir votre dernier soupir ». Et ouvrant son manteau il fit briller aux yeux du vieillard sa croix pectorale. A cette vue, le malade transporté de joie s'écria: « 0 Marie! 0 ma bonne mère I Je vous remercie. »

Puis se tournant vers l'évêque : « Confessez-moi, dit-il; maintenant je crois que je vais mourir. Quelques instants après, purifié et fortifié par les derniers sacrements, il mourait en prédestiné. Qu'il est vrai qu'on n'a jamais invoqué la sainte Vierge sans être exaucé!!! [BuUetoi de Saint- François de Sales.)

NM14. —.MAMAN, LA SAINTE-VIERGE m'a SAUVÉE !

Le trait suivant est d'une parfaite authenticité. La personne (c sauvée » et qui est plus qu'octogénaire, est la mère d'un missionnaire. Que la Sainte Vierge daigne la protéger jusqu'au bout !

La petite Agathe n'avait encore que quatre ans et

liO INSTRUCTIONS SOMMAIRES

déjà elle était fort pieuse. Sur les genoux de sa mère elle avait appris à répéter fréquemment cette belle et touchante prière : « Jésus, Marie^ Joseph^ je vous donne mon cœur et mon ame, etc. »

Un jour, jouant avec son petit frère, un peu plus âgé qu'elle, sur une immense meule de foin (c'était en été, à l'époque des récoltes), la pauvre petite, poussée subitement par le jeune étourdi, tombe de cette hauteur, et, dans sa chute, va se jeter la lête la première sur les dents aiguës d'une lourde herse qui se trouvait dressée contre un mur, au pied de la meule. Témoins de cette chute effroyable, les parents d'Agathe et les ouvriers frissonnent; ils croient la pauvre infortunée transpercée de part en part par les pointes eflilées sur lesquelles elle est venue se précipiter avec une violence extrême... Mais la pieuse enfant avait en tombant, poussé un cri qui devait être entendu du Ciel; elle avait répété son invocation habituelle : « JésuSy Marie, Joseph! » et, ô miracle! les dents acérées delà herse qui auraient dû lui être si meurtrières, ne lui firent pas la moindre égratignure. D'elle-même elle se dégage de ce terrible faisceau de baïonnettes, et, courant embrasser sa mère, elle lui crie toute joyeuse :

« Maman, la Sainte-Vierge m'a sauvée! » La petite Agathe est aujourd'hui une grande chrétienne et habite une des plus belles et des plus religieuses paroisses de l'Alsace.

SUR LA DOCTRINE CHRETIENNE lil

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