‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 99 sur 318 · N° 117. — LE CHAPELET DE LA VENDÉENNE · texte numérisé non relu

N° 117. — LE CHAPELET DE LA VENDÉENNE

Jacquine Mourat était bonne d'enfants dans une famille de l'Anjou. Née aux Ponts-de-Cé, elle avait appris à aimer et à servir Dieu pendant qu'on fermait et qu'on blasphémait son saint Nom.

Jacquine communiquait sa science aux enfants confiés à ses soins ; il ne se passait pas de jour qu'elle ne leur parlât de Jésus et de Marie, obtenant l'obéissance par l'exemple du Fils, apprenant à demander la grâce par l'intercession de la Mère. Jacquine avait des histoires, dont le récit captivait l'attention des enfants et fortifiait leur foi naissante.

a Ah ! la Sainte-Vierge, disait la jeune paysanne, elle est si puissante ! Quand j'étais petite fille, des hommes impies vinrent en Vendée, mon pays, pour tuer tous ceux qui servaient le bon Dieu. Les prêtres se cachaient pour dire la messe. Mes parents, qui étaient de vrais chrétiens, ne manquèrent jamais de l'entendre avec leurs enfants. Le secret fut gardé, même par moi. Mon père était sabotier ; l'ouvrage manquait dans ces jours malheureux. Ma mère se désespérait ; mon père, au contraire, plein d'énergie, se bornait à dire : « Prions la Sainte-Vierge. » Nous tombions tous à genoux. A peine la prière était-elle achevée que quelqu'un frappait à la porte, demandant une paire de sabots, a Voici, disait mon père, un pain que la bonne Vierge nous envoie. »

« Ma mère versait des larmes de reconnaissance ; sa foi en Marie devint si grande qu'elle la confessa au péril de sa vie.

« Un jour des hommes furieux entrèrent chez nous le sabre à la main ; l'un d'eux dit à ma mère en jurant :

« Donne-moi ton chapelet, bigote.

« Tiens, répondit ma mère en montrant ses dix doigts, le voici mon chapelet: je m'en sers tous les jours ; prends-le si tu veux. »

« La foi si courageuse de ma mère atterra ces impies, ils se retirèrent stupéfaits. » {Bulletin de Saint- François de Sales.)

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