LE SACRÉ COELR DE JÉSUS
Mgr Drouas continue à justilier la dévotion au sacré cœur :
« Jésus-Christ lui-raême,nouscIil-il,nnusaouvertle chemin de son cœur dans le sacrement de l'Eucharistie. Il y a rassemblé toutes les merveilies de son amour. Il s'y est placé entre le ciel et la terre pour désarmer la justice de son Père, pour en prévenir les arrêts^ pour en conjurer les foudres^ et faire de son adorable cœur un asile de miséricorde aux plus grands pécheurs. 11 y vit sans cesse, comme dans le ciel, pour intercéder pour nous. Il s'y est établi notre médiateur et notre avocat pour y plaider continuellement notre cause par les . moyens les plus puissants et les titres à la main, dit Tertullien. Ce sont ses plaies et surtout celle de son cœur qu'il fait parler en notre faveur.
« C'est de ce sanctuaire divin qu'il crie vers vous, nos trèschers frères : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et (( surchargés, et je vous soulagerai. » C'est de là qu'il vous invite à venir puiser tous les secours à votre indigence, toutes les lumières à vos ténèbres, toutes les forces à vos langueurs, tous les remèdes à vos infirmités, toutes les ressources à vos différents besoins.
'( Venez -y, vous tous qui gémissez sous le poids des disgrâces, de l'humiliation, de l'adversité; vous y recevrez des leçons de patience et de soumission en voyant le cœur de Jésus navré d'amertumes, rassasié d'opprobres, que tant d'outrages, tant de sacrilèges attentats, tant de fureurs et de perfidies n'ont pu lasser. En unissant vos légères souffrances à ses incompréhensibles douleurs, vous ne verrez plus dans les vôtres que le gage de sa prédilection, la prérogative de ses tendres amis^ la marque de votre conformité avec lui, par conséquent le sceau de votre prédestination et le plus efticace moyen de salut, puisque le moment si court et si léger des adversités de celte vie doit opérer en vous pour l'éternité un
poids immense de gloire. Dans ce point de vue cesseront les révoltes de la nature; vous bénirez vos afllictions, vous les aimerez, vous les désirerez, vous en serez consolés, et vous sentirez avec l'apûlre saint Paul qu'il n'appartient qu'à Dieu de faire des heureux par la voie des souffrances et des humiliations.
« Venez-y avec confiance, quelque coupables que vous soyez. 11 n'a été ouvert que pour vous sur la croix, ce cœur adorablu. Ne pensez donc à vos crimes que pour vous rapprocher de plus près de cette source de miséricorde. Ah ! le plus grand outrage que vous puissiez faire à son tendre cœur, ce serait de persévérer dans votre péché avec le plus cruel préjugé qu'il ne serait plus temps pour vous d'en obtenir le pardon.
« Venez-y, vous qui êtes justes, pour y apprendre à former vos sentiments sur ceux de Jésus-Christ, pour contempler de près dans les hommages, les sacrifices, les adorations, les vœux, les gémissements, les transports d'amour de ce cœ.ur adorable, comment un Dieu comme le nôtre mérite d'êîre servi; ce qu'il attend de votre fidélité à sa foi, de votre zèle pour sa gloire, de votre dévouement à tout ce qui peut lui plaire; ce qu'il exige de religion dans son culte, de componction en sa présence, de ferveur dans votre prière, de renoncement aux plaisirs du siècle, de détachement des biens de la terre, de sainteté dans votre christianisme, de charité dans toutes vos œuvres, de perfection et de pureté dans tous les mouvements, dans toutes les affections de votre cœur.
«( Venez-y surtout, âmes saintes, à qui il est donné de comprendre plus parfaitement, avec tous les saints, quelle est l'étendue, la sublimité, la profondeur du sacré cœur de Jésus-Christ que nous proposons à vos adorations. Venez-y pour épurer de plus en plus votre amour dans cette fournaise de charité, pour vous confondre dans cet abîme de lumière et de sainteté, pour y vivre désormais, non de votre vie, mais de la vie de Jésus-Christ. Alors, selon le sentiment de saint Bernard, vous aimerez Dieu de l'amour de ce divin cœur, vous l'adorerez par ses adorations, vous le louerez par ses
louange<, vous opérerez par ses opéralionsj vous ne voudrez rien que par ses volontés.
« Allons-y tous, nos très-cbers frères, en qualité de criminels, pour y faire amende lionorable en notre nom, et pour tous les pécheurs, de toutes les irrévérences et profanations, de toutes les peifidies et ingratitudes, de toutes les impiétés et blasphèmes, de toutes les communions indignes et sacrilèges, de tous les outrages et le tous les crimes qui ont blessé si douloureusement ce divin cœur, et renouvelé tant de fois les horreurs de sa passion dans son sanctuaire même et au pied de ses autels.
« Pour expier notre froideur et notre inilifférence, faisons nos plus pures délices d'aller souvent répandre nos cœurs dans le cœur même de Jésus-C!iri.>t. Confions-lui, avec cette sainte liberté dos enfants de Dieu, nos projets, nos attachements, nos désirs, nos craintes, nos peines, nos vues, nos espérances, pour qu'il purilie, qu'd sanctifie, qu'il dirige selon son cœur tous les mouvements du nôtre. Enfin consacronslui ce cœur, tout imparfait, tout souillé qu'il est. Il y a si longtemps qu'il nous invite à lui en laisser la possession : qu'avons-nous gagné jusqu'ici de le livrer à la tyrannie de nos passions? L'inquiétude, l'agitation, le remords. Rendons-le à son Maître légitime ; nous jouirons de bi paix, de l'innocence, de toutes les richesses du cœur de Jésus-Christ, parce qu'il sera le Dieu de notre cœur et notre partage pour l'éiernilé. »
Pl!f.
T.T.tS. — IMPRISEAIR DE GIRARD KT jnsSKR*Nn,
riai; Saint-Dominiquo, 13.