hiens d^ autrui ne convoiteras
Pour les avoir injustement.
Tont ce que la droite raison dicte à Phomme de Ciirc ou de ne pas faire ^ est ronfemic dans le Dëcalogne : car, encore que tous les commandemens que Dieu à faits à Thomme pour lui prescrire ses devoirs^ ne soient pas compris eu termes exprès dans les dix conimandciuensdu Uécalogue, et que tons les hommes ne soient pas même capables de les eu inférer, on les y peut néanmoins tous réduire; car ils s"y rapportent, comme les ruisseaux à leur source, et les rameaux d'un arbre à ses principales bilincbes. C'est j>ouiquoi les théologiens disent que lo Décalogue contient les principes généraux de la loi naturelle, avec les premières et les principales conséquences qu'on en peut tirer.
Les quatre premiers prescrivent les devoirs que rbomme est oblige de rendre à Dieu et à ses parcns : les six autres prescrivent les règles de la justice qui doit être rendue indifféremment à tous les hommes. Cest pourquoi, si Ton médite avec attention le Décnloguc, et si on parvient à feiitendre, on saura tous les (le\oiis qniTegard'^nt Dieu et les hommes 5 et Ton connoitra par— là qneis sont les péchés quon peut commettre contre ces devoirs. C'est ce que nous tx\r scipT^e saint Augustin ( Qaœst. 140 m Eocod.)^
Ce sjiut docteur nous dit encore ( Lih. de pcrfecti Justit. c. 5.) que les div commandemens du Dé— calogue peuvent se réduire aux deux dont Jésjus*Chrisl nous parle ( Alatlh. c. 22 v. 37— 4^- )•
4, Du Décalogxje
El en effet, on ne peut adorer Dieu comme il faut, ni respecter son saint nom, ni sanctifier le jour qui doit èlrc consacré à son service, sans Faîmer^ et ces obligations sont une suite naturelle de l'amour qu'on lui doit. Pareillement, lorsqu^on aime son procuain^ on lui rend ce qui lui est dû, et on ne lui fait aucun tort : celui qui aime son prochain , a accompli la loi^ dit saint Paul (Rom. i3. 8. 9.)* Car ces commandemens de Dieu : vous ne commettrez point d'adultère : vous ne tuerez point : vous ne déroberez point : vous ne rendrez point de faux témoi-gnage : vous ne désirerez point le bien de votre prochain^ tous ces commandemens ^ dis-^je^ et tel (iutre que ce puisse étre^ sont compris dans ces paroles : vous aimerez votre prochain comme vous-même.
, Ou ne peut, sans pécher grièvement, négliger de savoir le Décalogue. Lorsqu'on ne Ta point appris dans sa jeunesse, on est obligé de le faire à quel— qu'âge que ce soit^ la honte ou la difficulté d'apprendre ne pouvant pas ici servir d excuse légitime. Mais il jie suffît pas d en apprendre par cœur les paroles ^ il faut encore les méditer, et en étudier le sens et retendue, afin de connoitre plusieurs préceptes qui se réduisent au Décalogue, qui n y sont pas expressément énoncés, et qui doivent cependant nous servir de xègles dans nos actions. Sans cette étude, nous serions exposés à commettre une infinité de péchés, qui nous xendroient coupables aux yeux de Dieu, lors même que nous ne les connoîtrions pas. Ce fut pour iaire comprendre aux Israélites l'importance de l'obligation d'étudier ces commandemens, que le Seigneur leur ordonna {Deut. c. 6. ^'. 6-9. )de les graver dans leur cœur , d^en instruire leurs enfans , de les mé-^ diCer dans leurs maisons^ en marchant dans le jchemin^ la nuit dans les intervalles du sommeil^ et /e matin à leur réveil^ de les lier ^ comme une mar^ ^ue^ dans leur main^ de les porter sur le front
ïir PARTtCUtlER. S
entre leurs -yewt; de les écrire sur le seuil et sut les poteaux de la porte de leur maison.
Toutes ces choses ont été écrites pour nous ren^^
dre sages , nous tous qui nous trouvons à la fin
des siècles. Il suffît donc de désirer et d^aimer son
salut^ pour chercher à s^instruire de ses devoirs ^ et
des obligations qui regardent tous les Chrétiens ^ et
Ton ne peut avoir d^autres sentimens, sans renoncer
aux promesses que Dieu a faites à ceux qui garderont
ses préceptes^ et qui seront continuellement attentifs
à fuir toutes les voies de Tiniquité. Cest de Fignorance
des préceptes du Décalogue, que saint Bernard parle
dans sa lettre 77, écrite à Hugues de saint Victor,
lorsqn^il dit : Multa scienda nesciuntur ^ aut sciendi
incurid^ aut discendi desidiâ^ aut verecundid in^
ûuirendi; et quidem hujusmodi ignorantia non
nabet excusationem.
Cest une erreur analhématisée par le concile de Trente ( Sess. 6. can. 19. et 30. de Justif. ). de croire que r^bligation d'observer les dix commanuemens du Uécalogue, ne regarde pas les Chrétiens. Cotoman^demens que Jésus— Christ a lui-même expliqués et confirmés , dit le Catéchisme du concile : Prœcepta per Christum> Dominum explicata et conjirmata. Aussi, ce divin Sauveur disoit-il aux Juifs : Ne pensez pas que je sois venu détruire la loi ou les prophètes; je ne suis pas venu les détruire , mais les accomplir.
Nous trouvons dans son Evangile, comment nous devons observer les commandemens qui nous défendent de jurer, de tuer, et de commlîttre radultèrej nous y lisons ce qu^il dit du second commandement, qui nous ordonne d^aimer noire prochain. Enfin, ce divin Sauveur nous déclare, que si nous voulons entrer dans la vie^ nous devons garder les com^ mandêmens de Dieu. Aussi, les Apôtres nous ont^ ils enseigné cette doctrine de leur divm maître. II faut lire ce qu^en a dit saint Paul {Rom. cap* i^. et i. Cor. 7. f . 19. ), et saint Jacques ( Epist. Cath. c. a.}*
Du PREBTrEK